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sentence diffinitive. Et toutes les sentences et ordonnances faictes par lesdiz contendans ou préjudice de l'union de saincte Eglise contre les seigneurs, roys, princes, patriarches, arcevesques et évesques et autres prélas de l'Eglise et personnes singulières, estre de nulle valeur et de nul effect. Et ledit saint senne a ordonné à procéder en oultre au bien de l'Eglise universelle lundi prouchain venant, qui sera le x° jour de juing. » « Ces choses dessusdictes ont esté faictes ou saint concile général, à Pise, l'an mil quatre cens et neuf, le cinquiesme jour de juing. »

Comment union fut mise en saincte Église par le saint concile de Pise où fut esleu un seul pape nommé Alixandre ".

Le xxvi°jour de juing, l'an mil quatre cens et neuf, Pierre de Candie, cordelier, natif de Grèce, docteur en théologie, appellé communément cardinal de Milan, en la cité de Pise fut esleu à pape, en bonne concorde, par les cardinaulx, du consentement et approbacion du concile général, et le appellèrent Alixandre cinquiesme*. Duquel s'ensuit la teneur des bulles.

« Alixandre, évesque, le serviteur des serviteurs de Dieu, à l'évesque de Paris, salut et bénédiction apostolique. Loenge et gloire soit à Dieu ou ciel, qui donne aux hommes de bonne voulonté paix en terre, et qui par sa bénigne miséricorde a mis vraie union en son peuple chrestien, jusques à ce troublé par périlleuse division. Qui sera l'omme qui ne doive avoir grant joye au cuer quant il considère les grans dangers et périlz des âmes qui tousjours se ensuivoient par le détestable et périlleux scisme, divisions et cavillacions de ceulx qui par hardiesse et sacrilège vouloient nourrir et maintenir par leur malice leurdicte tribulacion et division. Et maintenant pevent considérer ceste réconciliacion du peuple chrestien confermée par si grant concorde et une mesme voulenté. Nostre benoist Dieu aiant pitié de son peuple, qui si longtemps par ceste division avoit esté en si grant angoisse, a ouvert et enluminé les courages et voulentez de ceulx du saint concile général, qui justement, selon les sains canons, ont condemné les contendans à la papalité comme ennemis de Dieu et de saincte Eglise par leurs énormes et notoires péchez. Et après ce que nos vénérables frères les cardinaulx de saincte Eglise Rommaine, du nombre desquelz adonc nous estions, désirans pourveoir de pasteur ydoine à saincte Eglise, après les journées et solennitez à ce requises et acoustumées, du consentement et approbacion du concile général entrèrent en conclave. Et en la fin, après longs et divers tiltres, regardèrent de commun accord nostre liumble personne, pour lors estant prestre-cardinal de l'église des Douze Apostres, et nous esleurent évesque Rommain. Et jà soit ce que nous feussions indigne à si grant charge, considérant nostre fragilité, toutesfoiz, nous confians de l'aide de Dieu, avons reçeu ladicte charge. Vénérable frère, icelle chose nous te notifions comme amant et désirant la paix de saincte Eglise, si comme nous avons bien apperçeu, toy exortant que tu vueilles à Dieu tout-puissant rendre graces et louenges pour si grant don par lui envoyé ça jus en terre. De rechef, nous qui avons grant affection à ta personne, te mandons que nous sommes prestz et appareillez à toy et aux tiens faire plaisir, selon le povoir que Dieu nous a donné. Par ces présentes lectres avons commis et baillé pour à toy envoier à nostre amé si notable homme, Paulin d'Arrac, le maistre de la sale , escuier de honneur et nosire familler. Donné à Pise le viiio jour de juillet, ou premier an de nostre papalité". »

1. Ce chapitre comme le précédent (p. 25) fait encore partie, dans l'édition de 1572, de ce cinquante-troisième chapitre mal coté Lx.

2. Répétition de ce qui a été dit plus haut, p. 10.

S'ensuivent aucunes constitucions faictes par l'approbacion du saint concile de Pise, l'an mil quatre cens et neuf.

« Il plaise à nostre très excellent seigneur Alixandre, par la divine Providence pape cinquiesme, que toutes les promocions, translacions, confirmacions, collacions et quelzconques provisions faictes à quelzconques personnes consentans à ce présent concile, de prélacions, dignitez, bénéfices, offices d'église, cures ou non cures, les consécracions des évesques et ordinacions des clercs, par iceulx contendans à la papalité, ou par leur auctorité, en temps et ès lieux à eulx obéissans, soient et demeurent bien faictes, mais que ce ait esté fait devant la sentence diffinitive, et que les choses aient esté faictes selon les reigles du droit canon.

Item. ll plaist audit concile que nostre dit seigneur ordonne sur le fait de l'arcevesque de Gennes.

Item. Et par l'approbacion du saint concile les bé

1. Pise, 8 juillet 1409. C'est le lendemain de son couronnement.

néfices de saincte Eglise donnez par les juges ordinaires demourront paisiblement à ceulx à qui ilz sont donnez. Item. Par l'approbacion du saint concile nous ordonnons et décernons à procéder contre les obéissans obstinéement ou baillans faveur à Pierre de La Lune et à l'Ange Corrarion, naguères contendans à la papalité et de ce saint concile condemnez par sentence diffinitive de scisme et de l'hérésie notoire. Par la manière que les sains canons ont ordonné, contre iceulx est à procéder. Item. Nous ordonnons que se le cardinal de Flisc" veut venir dedens deux mois à nous en propre personne et obéir, qu'il soit receu bénignement et joyra des bénéfices et honneurs entièrement qu'il obtenoit le xv°jour de juing mil quatre cens et huit. Item.Toutes les dispensacions faictes par les évesques des diocèses ès parties non obéissans ausdiz contendans, sur le défault d'aage pour la cause de obtenir bénéfices et prélacions; item, toutes absolucions et habilitacions en fait de pénitences faictes, tant par lesdiz contendans comme par lesdiz ordinaires pendant le scisme sur les [cas] réservez au siège apostolique, de nostre certaine science, par l'approbacion du saint concile, nous les ratifions et approuvons. »

1. Peut-être le candinal Fieschi.

CHAPITRE LIV ".

Comment l'évesque de Paris trespassa. - Des mariages, du duc de Brabant à la nièpce du roy de Bohesme, de l'ainsné filz Montagu à la

fille du seigneur d'Albret, et du roy de Chipre à Charlotte, fille du duc de Bourbon.

Sachez qu'en ces jours, messire Pierre d'Orgemont", évesque de Paris, trespassa en la maison épiscopale, à la fin du mois de juing*. A laquelle éveschié succéda messire Simon de Montagu, évesque de Poictiers et chancelier du duc de Berry, frère du Grant-maistre d'ostel du Roy et de l'arcevesque de Sens. Et fut reçeu honnorablement en l'église Nostre-Dame de Paris, le xxI° jour de septembre ensuivant. Et estoient présens, Charles, roy de France, les ducs de Berry, de Bourgongne et de Bourbon, le roy de Navarre et plusieurs autres princes, prélas et autres gens sans nombre. Et fist la feste à l'aide de sondit frère Grant-maistre d'ostel du Roy, si habundamment et tant pompeusement, qu'il n'estoit mémoire que paravant les festes et mengers faiz au temps passé feussent paraulx à cestui, tant en vaisselle d'or et d'argent, en diversitez et quantitez de mez, de vivres et de boires, que chascun en estoit esmerveillé. Pour lequel estat, grant partie des princes là estans, notèrent grandement ledit maistre d'ostel,

1. Ce chapitre est encore mal coté (LxIIII) dans l'édition de 1572, qui ne reprend le numérotage régulier qu'à partir du chapitre Lv.

2. Le ms. Suppl. fr. 93 et les imprimés l'appellent, à tort, Jean d'Orgemont.

3. Le 16 juillet, d'après son épitaphe.

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