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rendus fugitifz de nostredicte ville de Paris, feignans qu'il s'en vouloit' aler en Bourgongne, jà soit ce qu'il n'y alast point mais s'en ala en Flandres et en ses pays ailleurs et en ses terres et seigneuries, où il recueilli et récepta lesditz criminelz et violeurs de paix et aussi faulx traistres homicides, lesquelz de son commandement et ordonnance occirent et tuèrent nostredit frère de bonne mémoire, comme dit est. Et jà soit ce que depuis le département dudit de Bourgongne nous eussions envoyé devers lui noz messagers solemnelz, par lesquelz entre les autres choses nous lui feismes requérir et commander de par nous, que lesdiz malfaicteurs, lesquelz il retenoit devers lui, desquelz les plusieurs ont esté convaincus de crime de lèze-majesté devers nous et pour ceste cause banny perpétuellement de nostre royaume, et les autres sont appelez au droit de nous, qu'il les nous voulsist envoyer pour faire justice selon leurs démérites, et aussi qu'il nous voulsist rendre ou faire rendre et restituer plusieurs de noz chasteaulx, lesquelz il détenoit et faisoit détenir

pour lui et à son prouffit contre nostre gré et voulenté, c'estassavoir les chasteaulx de Crotoy, de Caen et Cherbourg', néantmoins de toutes ces choses a esté inobedient. Et qui pis est, soubz umbre d'aucunes faulses et décevables couleurs

par

lui exquises, fist le plus grant mandement qu'il peut de gens d'armes et de traict, tant de ses pays de Bourgongne, de Savoie, comme de Flandres, d'Artois et d'ailleurs, afin de venir et approucher vers nostre dicte ville de

1. Notre texte porte : Qu'ilz s'en vouloient. Ce qui n'a pas de sens. Cette faute ne se trouve pas dans le Suppl. fr. 93.

2. Ici le ms. Suppl. fr. 93 met à tort : Chinon.

Paris. Et

pour
avoir

passage, port et faveur, escripvi et envoya lectres closes à plusieurs de nos bonnes villes, en requérant à elles confort, soubz couleur de ce qu'il disoit qu'il vouloir venir à Paris par le mandement de nostredit premier filz, pour nous mettre hors de servage et de prison, en quoy il disoit que nous estions détenus. Laquelle chose estoit une faulse et notoire mençonge. Car nous ne fumes onques en plus grande liberté et franchise que nous sommes ores à présent et que nous avons esté depuis son département de nous. Et ainsi' il n'est point vray que sur ce il ait eu mandement de nous, mais est vray que par noz lectres patentes, nous et nostredit filz lui avons mandé et défendu surtout quanqu'il se povoit meffaire envers nous, qu'il ne feust si osé de venir devers nous à tout compaignies ne assemblées de d'armes, dont il ne lui a chalu ne n'a tenu cure. Mais qui pis est, détint et détient ung des huissiers de notre dicte court de Parlement, lequel nous avions envoié devers lui garny de nos lectres patentes à lui faire les défenses, lesquelles il lui a faictes bien et solemnellement. Et en persévérant de mal en pis et continuant en son mauvais et dampnable propos, et en vilipendant et contemptant lesdiz mandemens et défenses de nous qui sommes son souverain seigneur, et en soy rendant rebelle et inobedient à

nous,

de fait icellui de Bourgongne se mist en chemin contre nosdiz mandemens et défenses, en approchant nostredicte ville de Paris à tout le plus grant effort et puissance de gens d'armes et de traict qu'il a peu procurer, par

gens

1. Et aussi (Suppl. fr. 93).

manière de guerre et hostilité, en troublant et rompant de fait en tant qu'en lui est, ladicte paix tant

solemnellement jurée comme dit est, en lui consti: tuant et rendant ingrat et indigne des biens et graces

par nous à lui faictes ou temps passé. Et tient et amaine en sa compaignie les faulx traistres, homicides, violeurs de paix , criminelz et convaincus de crime de lèze-majesté et bannis de nostre royaume, pour se esforcer de esmouvoir nostre peuple à faire grande sédicion en nostre bonne ville de Paris et ailleurs. Et de fait s'est bouté en nostre ville de Compiengne contre certaines noz lectres de défense par nous faicte aux habitants de ladicte ville qu'ilz ne le souffreissent point entrer à puissance ne à compaignie de gens d'armes, et desquelles lectres il estoit adverti et certifié, dont il n'a tenu compte. Mais qui pis est, icelle nostre ville a fait tenir et ocuper pour soy aider contre nos défenses. Et pareillement a fait prendre et ocuper nostre ville de Soissons par aucuns de ses gens, non obstant que les habitants de ladicte ville eussent de par nous lectres de défenses comme dit est, et dont les gens dudit duc de Bourgongne ont esté adcertenez et advertis. Et tellement s'est approuché ledit duc de Bourgongne, qu'il s'est bouté en nostre ville de Saint-Denis en France, et icelle détient et ocupe contre nostre gré, plaisir et voulenté, en faisant d'icelle bastille et frontière contre nostre ville de Paris. Et en démoustrant par effect sa mauvaise et dampnable voulenté, vint à tout sa puissance de gens d'armes par manière d'hostilité, à tout sadicte puissance, à estendart desploié, devant nostredicte ville de Paris, et là se tint en bataille ordonnée par

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longtemps, et envoya des coureurs jusques aux portes d'icelle ville, cuidant faire en icelle sédicion et esmouvoir le peuple, en cuidant en icelle entrer par

force et violence contre nostre voulenté, en faisant fait d'ennemi et en commetant crime de lèzemajesté envers nous, dont plusieurs complaintes nous sont venues et viennent de jour en jour incessamment. Savoir faisons que nous, les choses dessusdictes considérées, et autres plusieurs à ce nous mouvans, et mesmes eu consideracion aux manières qu'il a tousjours tenues devers nous depuis la mort de nostredit frère jusques à présent, lequel en tous ses fais a tousjours procédé par voye de fait et par puissance et force d'armes, et qui par plusieurs foiz n'a point obéy à nous en pareil cas, c'estassavoir aux commandemens lesquelz lui ont esté fais de non venir devers nous en nostre ville de Paris à tout puissance d'armes, et ne voult oncques obéir à nous ne à noz commandements si non en ce qui lui a pleu, pour quoy il est et doit estre tenu pour ingrat et privé de tous les biens et graces que nous lui avons autre foiz faictes. Et eue sur ce très grande et meure délibéracion de conseil avec plusieurs de nostre sang et lignage et autres noz subgetz et preudommes tant de nostre grant conseil comme de la court de nostre Parlement et de nostre fille l'Université, des bons bourgois et marchans de nostre bonne ville de Paris en très grand nombre, icellui de Bourgongne et tous autres qui contre nosdictes défenses et ordonnances se tendront

avecques lui et qui lui donront conseil, confort et aide, après la présentacion de ces présentes, tenons et réputons, tendrons et réputerons

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pour rebelles et inobédiens à nous, pour violeurs et infracteurs de paix, et par conséquent pour ennemis et adversaires de tout le bien publique de ce royaume. Et pour

ces causes avons ordonné et délibéré de mander et convoquer devers nous par forme de arrièreban et autrement, le plus tost que faire se pourra, tous noz hommes et vassaulx tenans de nous en fiefs ou arrière-fiefs, et aussi des gens des bonnes villes de nostre royaume qui ont acoustumé d'estre en armes et suivre les guerres, pour nous servir, aider et conforter, et résister à la puissance et perverse voulenté et entreprinse du duc de Bourgongne et de ses complices, et pour les mectre et réduire en nostre subjection et obéissance comme ilz doivent estre, et pour les punir, corriger et chastier de leurs méfais et entreprinses, tellement

que

l'onneur nous en demeure. Si donnons en mandement que ces présentes à noz amez et féaulx conseillers gens tenans nostre Parlement, au prévost de Paris, au bailli d'Amiens et à tous noz autres justiciers et officiers et à leurs lieuxtenants, et à chascun d'eulx si comme à lui appartiendra, que ces présentes lectres publient ou facent publier en leurs sièges et auditoires et hors, en lieux publiques, par toutes villes et lieux à faire proclamacions acoustumées, afin que aucuns n'y puissent prétendre ignorance. En faisant commandement de par nous à tous noz subgetz et autres qui ont acoustume de user d'armes, que incontinent et le plus tost que faire se pourra, viengnent devers nous à tout la plus grant puissance de gens d'armes qu'ilz pourront, faire en

1. Le ms. Suppl. fr. 93 ajoute ici les mots : Pour nous servir.

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