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BULLETIN

DU

Bouquiniste

Paraissant le 1" et le 15 de chaque mois.

PARIS PRovINCE

Un an . . . 3 fr. Un an . . . 4 fr. ÉTRANGER ÉTRANGER

Un an . . . ' 5 fr. Un an . 5 fr,

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FRANCE. Lyon, Aug. Brun, Richarme. Marseille, Boy. Nantes, Petitpas Rouen , Lebrument. Angoulême, Chabot. Bordeaux, sauvat. Dijon, Lamarche et Drouello Reims, Brissart-Binet. Chartres, Garnier. Troyes, Dufey-Robert. Mesz, Lorette. Lille, Beghin, Leleu. ÉTRANGER. Bruxelles, Heussner. Berlin, Asher, Behr- Leipzig. Brockhaus. Francfort-sur-Mein, Baer. Tubingue, Fues, Londres, Barthès et

Lowtell. Genève. Cherbuliez.

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Tous les Livres annoncés au Bulletin sont garantis complets et en bon état, à moins d'indication contraire.

L'Editeur du Bulletin ne possédant souvent qu'un seul exemplaire des ouvrages qu'il annonce, MM. les amateurs et libraires sont priés de faire leurs demandes le plus tôt possible, en indiquant exactement le numéro d'ordre, le premier mot du titre et le mode d'envoi.

Si quelques-uns des articles demandés se trouvaient déjà vendus, cette circonstance ne pourrait de la part du demandeur motiver le refus de l'envoi.

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AVIS.—Il sera fait dans le BULLETIN un compte rendu des ouvrages spéciaux sur la bibliographie, l'histoire ou les réimporessions d'ouvrages rares ou curieux dont on fera parvenir deux exemplaires à la Librairie A. Aubry, rue Dauphine, 16.

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LA SOCIÉTÉ SMITHSONIENNE

ET SES PUBLICATIONS.
(Suite et fin.)

Le quatrième volume, publié en 1852, renferme la grammaire et le dictionnaire de la langue des Dacotas *. Que le lecteur nous permette de nous arrêter un moment sur le seul travail philologique inséré jusqu'à présent dans cette collection. , On sait que la linguistique américaine offre une variété infinie d'idiomes, et que malgré les nombreux travaux, tant grammaticaux que lexicographiques, dus aux missionnaires et aux Sociétés bibliques, on est loin d'avoir rassemblé un corps complet de tous les dialectes parlés en Amérique. Les Espagnols furent les premiers, je crois, qui firent paraître en 1571 , un vocabulaire mexicain-espagnol. En 1652, F. J. Sagard, publia à Paris , son Dictionnaire de la langue huronne, en 1645, Roger Williams, composa sa clef, et en 1665, P. Raymond, donna à Auxerre, son Dictionnaire caraibe-français. L'apôtre angliCan, John Eliot, édita sa bible * en 1663 et sa « grammar begun » en 1666. En 1696, les Suédois publièrent à Stockolm , un catéchisme en Lenni - Lenape * , de la famille algonquine. Mais ces travaux ainsi que ceux de Rasle, de Josiah Cotton et de Jonathan Edwards, ne firent naitre aucun travail d'ensemble. L'orientaliste Adrian Reland. est le premier qui, en 1708, ait publié à Utrecht, une dissertation Sur les langues américaines; mais ce travail peu connu, n'eut point un grand retentissement , et les philologues Se contentèrent de s'en servir, sans le citer. Vers la fin du dernier siècle, Jefferson réunit un certain nombre de vocabulaires des tribus indiennes, qu'il aVait l'intention de publier. Malheureusement, dans l'un de ses voyages, cette précieuse collection devint la proie des flammes dans une auberge de Rappanonnack, où il l'avait laissée avec les bagages qu'il avait confiés à la garde de ses noirs*. Son travail sur la langue de Logan, qu'il publla à la suite de ses notes sur l'Etat de Virginie, est le seul qui ait survécu à ce désastre. Une sorte de fatalité semblait attachée, du reste, à l'étude de cette grande questiOn, car, à la même épOque, l'impératrice Catherine II, goûtant le projet de Bacmeister confia au éologue Pallas le soin de publier un vocabulaire comparatif de toutes es langues. Cet important ouvrage devait avoir trois volumes. Les deux premiers renfermaient 286 mots des langues de l'Europe et de

1 Grammar and dictionary of the Dakota language collected by the members of the Dakota mission. Edited by rev. S. R. Riggs, A. M. missionary of the Am. Board of com. for foreign missions. Under the patronage of the historical society of Minnesota. Washington , june l852. In-4. 2 cette Bible in-4°, imprimée à Cambridge, est d'une extrême rareté. 3 M. Zeisberger a publié une grammaire du lenni-lenape, ou langage du Delaware, dans le t. III (nouv. série) des mémoires de la Société philosophique américaine. - 7: : - a ' i Le Trésor polyglotte, d'Olaüs Rudbeck, disparut dans l'incendie d'Upsal

en l702.

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l'Asie. Le troisième était réservé aux langues d'Amérique et de l'Afrique; ce fut ce dernier que l'on n'édita point !. Aujourd'hui les ouvrages sur la linguistique américaine sont un peu plus nombreux, et en dehors des grands noms d'Adelung, de Vater, et de Guillaume de Humboldt, on doit citer en première ligne les travaux de Duponceau *, de Bradford o, d'Albert Gallatin *, de Henri Schoolcraft ", de Pickeringo et de J. C. Ed. Buschman ". La grammaire et le dictionnaire dacotas, édité par les soins du pasteur Riggs, est un monographie d'autant plus intéressante, que la langue de cette tribu est une des plus belles de la branche in-, dienne, et † est parlée par toutes les peuplades de la famille Sioux, les Winnebagoes, Dahcotas, Yanktons, Tetans, Assinaboins, uapaws, Osages, Otoes, Omahas, Minitarées, Mandans, Upsarokas et heyenneS. | · Mon ami et savant confrère à la société des antiquaires, M. Alfred Maury, a dit avec raison en parlant de cette langue, dans son nouvel et intéressant ouvrage intitulé : La terre et l'homme s. « C'est un des idiomes américains qui offre, de la manière la moins prononcée, la tendance polysynthétique ou holaphrastique, quoiqu'on l'y retrouve cependant encore avec un caractère spécifique. Mais, en une foule de cas, cette langue reproduit la simplicité des idiomes polynésiens. Les lettres emphatiques, aspirées et gutturales , y sont d'un emploi fréquent; les mots sont aussi souvent terminés par une nasale trèsforte. Toutefois, comme l'on n'y observe pas une grande agglomération de consonnes, et que la plus grande partie des syllabes se termine par un a, le dahcota n'affecte pas un caractère de dureté bien prononcé. Les lettres sont soumises à des changements réguliers suivant celles avec lesquelles elles se rencontrent, ce qui rappelle à certains égard les règles d'harmonie des langues scytiques ou ougro-tartares. Un grand nombre de racines verbales peuvent tour à tour passer à l'état de verbe et à celui de participe, par l'addition de préfixes causatifs ou de particules. Le verbe présente aussi différentes voies, telles que la voix active, la voix fréquentative, la voix possessive, la voix attributive, lesquelles se forment par l'addition de certaines syllabes, ou l'incorporation de pronoms, ou même par certains changements d'une lettre radicale, ce qui rappelle les conjugaisons fortes des alle

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* La lo édit. des Linguarum totius orbis vocabularia comparativa (St-Pet., 1787-1789) n'eut en effet que 2 vol., et dans la 2e édit. en 4 vol. in-4° (1790l791), la partie des langues américaines a été également négligée . ,. * Voy. Mémoire sur le système grammatical des langues de quelques nations de l' Amérique du Nord. Paris, 1838. Ce mémoire ne manque point d'intérêt, mais sa Théorie polysinthétique n'est basé sur aucun élément sérieux. , o Recherches sur l'origine et l'histoire de la race rouge. New-York. 1841, in-8°. * Voy. Synopsis of the indian tribes ofNorth America. 1836, in-8°. Dans l'Histoire des tri indiennes, de Schoolcraft, on trouve une lettre de l'auteur sur les matériaux qui ont servi à la confection de son travail. * Voy. Oneota, or the red race of America, in-8°, et son fameux ouvrage : Conditions and prospects ofindian tribes, 2 vol. in-4°. o An essay on an uniforme orthography for the indian languages of Northern America. Cambridge, 1820, in-4. " Der attrapaskische sprachstamm. Berlin, 1856, in-4. .* La terre et l'homme, ou aperçu historique, de géologie, de géographie et d'ethnologie générales, pour servir d'introduction à l'histoire universelle, lpar L. F. Alfred Maury. Paris, 1857, in-I2. N, 444.

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mands. Le dahcota reconnaît deux genres dans les substantils, et deux nombres; il ne distingue que deux cas, le nominatif et le cas indicatif du régime; enfin, dans les adjectifs ét dans les verbes, il se Sert d'un duel, qui n'est point usité, au contraire, pour le substantif. C'est en général sur ces deux premières parties du discours que porte l'action du nombre. Le nom, en effet, ne reçoit pas souvent la terminaison du pluriel, et cette terminaison est simplement attribuée à † ou au verbe qui la suit; dans le verbe lui-même, l'usage du duel est limité à la première personne, quand on parle de soi ou d'un alltTe. » Les Dacotas résident près du confluent du Mississini et de la rivière de Saint-Pierre, depuis deux cents ans environ. La contrée qu'ils habitent était auparavant occupée par les Jowas qui s'enfuirent à leur approche, et leur abandonnèrent cette riante vallée . Quant à eux ils venaient de Mille-Lacq, qu'ils appellent Isantambe. C'est de cette première résidence que leur vient probablement le surnom d'Isanyati qui leur est donné par les Dacotas du Missouri. La tribu des Dacotas est divisée en trois groupes. I. Les Isanyati, subdivisée en Mde-Wakantonwan, Wahpetonwan, Sisitonwan et Wahpekute, qui résident sur les bords du Missipipi. II. Les lhanktonwan, subdivisés en Hunkpatidan et Ihanktonwanna. Tonwan, signifie habitant et Iank extrémité , surnom fort naturel puisque ces sauvages demeurent à la source du Mississipi. Leur dialecte diffère beaucoup de la langue des Dacotas. Ainsi,, où le Warpetonwan prononce , h. d., le Ihanktonwan dit k. n., et le Titonwan, g. l. Ainsi les Oglala, qui forment un clan des Titonwan , sont appelés par les Ihanktonwan Oknaka et par les Isanyati Onkdaka Le final dan qui, dans le dialecte isanyati signifie un, seulement, petit, se dit na en ihanktonwan, et la en titonwan. III. Les Titonwan constituent le groupe le plus important des DacotaS. Le mot Dacota signifie allié, uni; quant à leur surnom de Sioux, il paraît leur avoir été donné par les anciens commerçants français, et il n'est employé que par ceux qui vivent auprès des blancs. Les Assinaboins faisaient autrefois partie de cette redoutable confédération, mais l'enlèvement de la femme d'un chef par un guerrier de cette tribu les forcèrent à se retirer de la confédération et à porter leurs penates au loin. Il est fâcheux qu'à défaut d'épopée, nous ne puissions faire connaître la légende d'Ozalapaïla, cette nouvelle Hélène. La confédération , telle qu'elle existe encore aujourd'hui, comprend un nombre infini de clans, tous liés par une sorte de franc-maçonrierie, mais parfaitement distincts, par ce que nous appellerons leur matière médicale. En effet, cette tribu a, contrairement aux nations civilisées, un grand respect pour la médecine et pour ceux qui l'exercent, et chaque clan a un système particulier de médication qu'il est interdit de dévoiler aux autres. La religion de ces sauvages est assez compliquée. Ils croient à un Etre suprême qu'ils appellent le Grand-Esprit, créateur de toutes choses excepté du tonnerre !, et au-dessous de lui d'autres dieux, moins puissants, mais aussi redoutés.

* D'après les Dacotas, le dieu du tonnerre est un grand oiseau à face humaine, qui effraie en volant les autres oiseaux. Ceux-ci, par leur tremblement à sa vue, produisent le bruit de la foudre.

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