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Au premier # on doit citer le dieu Unk-ta-he (Onkteri), le Dieu des eaux. C'est lui qui cOmmunique aux médecins leurs pouvoirs surnaturels. Ensuite vient Chah-o-ter-dah. Ce dieu habite dans les forêts , sa maison est au pied d'un arbre sur lequel il aime souvent à se reposer. Par son pouvoir il attire autour de lui les oiseaux des bois environnants, qui lui servent de sentinelles et l'avertissent de ceux qui l'approchent. Le dieu du tonnerre est son plus cruel ennemi. Whitte-ko-kah-gah est le dieu de la terre et protége les chasseurs. Wa-hun-de-dan, surnommée l'Aurore boréale, et quelquefois la Vieille Femme, est la déesse de la guerre. Il y a deux divinités qui lui sont inférieures, mais que les Indiens prêts à combattre invoquent également, ce sont les dieux Eah ou Grosse-Bouche, et Schun-Schun-ah, ou Lever du Soleil. Un clan des Dacotas adore le dieu Ha-o-kah, dit le Géant, qui tue ceux qu'il regarde. Les fêtes qu'ils célèbrent en son honneur méritent d'être rapportées. Les hommes seuls assistent à cette cérémonie; ils n'ont aucun vêtement, si ce n'est une ceinture à laquelle pendent des lanières en écorce de bouleau, leur tête est couverte d'un bonnet de même écorce, en forme de mitre. Au milieu du wigwam se trouve un brasier ardent, sur lequel sont des marmites remplies de viandes. C'est autour de ce brasier que les sauvages exécutent en chantant les danses les plus effrénées. De temps à autre ils puisent dans les marmites quelques morceaux de viande qu'ils ne doivent manger que brùlants, et recommencent ensuite à danser et à crier. La cérémonie se termine par une ablution d'eau bouillante sur les reins, pendant laquelle les assistants chantent une complainte sur la fraîcheur du liquide, prétention singulière, mais qui s'explique par leur croyance dans la protection des dieux qu'ils adorent et dont la souveraine puissance doit les préserver de toute douleur . Les autres dieux sont Wakynyan, ou l'homme de l'ouest; Wehiyayanpa ou l'homme de l'est; Itokaga-Micaxta, ou l'homme du sud , et Takuakanxkan, le dieu du mouvement. Les prêtres n'ont point de marques distinctives particulières; ils forment une classe à part. Leur office n'est pas héréditaire. Les femmes prennent part à leurs cérémonies, prédisent l'avenir et prétendent retrouver les objets perdus. Les prêtres sont indifféremment appelés docteurs, médecins, sorciers. Ils se servent d'une langue sacrée, inintelligible au peuple, et composée pour la plupart de mots savants, conventionnels ou empruntés , à d'autres dialectes indiens *. Ils n'ont aucune poésie, car on ne peut considérer comme telle, des chants sans suite, entrecoupés d'un hi, hi, hi, hi, hi, prolongé. Les Dacotas comptent leurs années par hivers et leurs journées par nuits comme les anciens Gaulois. Ils ne connaissent point la division par semaine, et partagent l'année en lunes et non en mois. Chaque lune a un nom correspondant à nos mois. Wi-thei, la lune rude, ou janvier.

* La danse est le principal amusement de toutes les nations sauvages, et des, Dacotas en particulier. Leurs plus célèbres sont la danse du scalpe et la danse du chien.

* Ils appelleront un homme, bipède, un loup, quadrupède. Au lieu de dire mini pour de l'eau, ou cau pour du bois, ils emploieront les mots nide et paxa, empruntés à un dialecte voisin.

Wicata-wi, ou février. Istawicayazan-tvi, la lune à l'œil malade, ou mars. Magaokada-wi, la lune pendant laquelle les oies pondent leurs œufs, ou avril. Ce mois est également appelé wokada-wi et watopapi-wi, la lune pendant laquelle les fleuves deviennent navigables. Wozupi-wi, la lune des semences ou mai. Wazustecasa-wi, la lune pendant laquelle les fraises deviennent rOuges, ou juin. Canpasapa-wi, la lune pendant laquelle les cerises mûrissent, ou juillet. Ce mois est aussi appelé wasunpa-wi, la lune pendant laquelle les oies se couvrent de plumes. Wasuton-wi, la lune de la moisSOn, ou août1. Psinhnaketu-wi, la lune pendant laquelle on couche le riz pour le faire sécher, ou septembre. - #opi, écrit quelquefois Wazupi-wi, la lune pendant laquelle le T1Z SeCh6. Takiyuha-wi, la lune pendant laquelle les bêtes fauves s'accouplent, Ou novembre.

Tahecapsun-wi, la lune pendant laquelle les cerfs perdent leurs bois, Ou décembre, La langue dacota avait été déjà l'objet de nombreux travaux et dernièrement, en 1852, un membre de la mission de Dacota avait publié un dictionnaire anglais-dacota. - - M. Riggs a remplacé par nos lettres ou quelques signes conventionnels, les vingt-neufvocables qui forment l'alphabet de ces sauvages. . Nous regrettons seulement qu'il ait négligé de donner les variantes qu'offraient les différents dialectes de cette langue, qu'il ait omis un nombre assez considérable de noms de divinités et de noms de nombre. Ce dernier oubli est d'autant plus fâcheux que le système de numération de cette tribu est fort compliqué. On en jugera par le mot billion, que l'auteur n'a point indiqué et que les sauvages rendent par cette courte phrase : Kick ta opong wa tunkah opong wa wick e chi

men ne. Nous regrettons également que le savant lexicographe se soit abstenu de toute dissertation sur cette langue, que les philologues américains comparent emphatiquement au langage des Grecs, quoiqu'elle soit cependant loin d'en avoir la richesse et même la douceur. Le tome V de la collection renferme les secondes parties des mémoires que nous avons examinés en parlant du tome III, deux opus† de M. Joseph Leidy et un travail anatomique de M. Jeffries yman. Dujardin*, Robins et Diesing , avaient déjà excité l'attention du monde savant sur les animaux intestinaux dont Cuvier forme la seconde classe de ses zoophythes , et auxquels Rudolphi donna le nom d'entozoaires, ainsi que des végétaux qui croissent sur l'homme et sur les animaux vivants. M. Leidy a voulu, lui aussi, contribuer à faire connaître, d'une manière encore plus exacte que ses devanciers, les singuliers phénomènes qu'il a étudiés, et à nous initier aux observa

* On dit en France faire l'août.
* Hist. nat. des helminthes. Paris, 1845.

* Des végétaux qui croissent sur l'homme et sur les animaux vivants. Paris, 1847

4 systema helminthum. Vindobonoe, 1850.

tions que ses curieuses recherches lui ont suggérées. Tel est le but de son premier mémoire accompagné de dix planches, et intitulé : A flora and fauna whitin livings animals. Dans celui qui fait suite, il examine les restes fossiles de toutes les espèces du genre bœuf découvertes jusqu'à ce jour *. M. Jeffries Wyman décrit le système nerveux du Rana pipiens.Cette monographie paraît avoir été écrite avec soin, et nous n'aurions qu'à en féliciter complétement l'auteur, s'il ne semblait avoir la prétention de se regarder comme ayant découvert l'analogie qui existe entre Cet animal et le poisson. Il y a longtemps que cette découverte est faite, et tout le monde sait que dans sa jeunesse ce reptile a beauCoup de rapport avec le chondroptérygien, dont il forme le point d'union avec le batracien. Le tome VI, publié en 1854, est presqu'entièrement consacré à l'histoire naturelle. Dans le mémoire intitulé : Planta Fremontianœ or descriptions ofplants collected by col. J. C. Fremont, in California, l'auteur, John Torrey, décrit toutes les espèces nouvelles découvertes par le colonel Frémont. Cet officier distingué est connu de toute l'Amérique , par ses nombreuses explorations. Le pic le plus élevé du Wind-river-chain porte Son nom ; il a parcouru en divers temps les montagnes Rocheuses, le MissOuri, l'Orégon et la Californie. Malheureusement une grande partie de la collection botanique qu'il avait formée a été détruite lors de l'inondation causée par le débordement du Kansas, et ce n'est que ce qui a pu être sauvé que M. John Torrey examine aujourd'hui. Les espèces qu'il décrit sont les Spraguea umbellata, Fremontia Californica, Libocedrus decurrens, Coleogyne ramosissima, Emplectocladus fasciculatus, Chamaebatia foliolosa, Carpenteria Californica; Hymenoclea salsola, Franseria amphippappus Fremontii, Sarcodes sanguinea. Chacune de ces plantes est fidèlement reproduite par la gravure. SOus le titre d'Observations on the batis maritimu of Linnœus, le même auteur donne une description aussi complète que possible de cette plante marine, fort commune dans les îles de l'Inde occidentale. Sloane, dans son catalogue des plantes de la Jamaïquè, est le premier qui en ait parlé sous le nom de kali puticosum coniferum , et Brown * lui donna le nom qu'elle porte aujourd'hui. Linné l'a caractérisée brièvement, et Lamark, Swartz, Jussieu, Wildenow, Persoon et même John Lunan, l'auteur de la Flora jamaicensis, n'ont fait que copier la notice incomplète que Jacquin en avait donnée dans sa Siirpium Americanarum historia. Cette monographie était donc nécessaire, et M. Torrey, † à des échantillons qui lui ont été fournis par MM. Blodgett et hapman, a pu le premier décrire avec soin la fleur et le fruit de cette plante, mal connue jusqu'ici. Cet intelligent botaniste a fait suivre ce mémoire d'un autre, non moins intéressant qu'il intitule : On the Darlingtonia Californica, a new pitcher-plant from northern California. Cette plante a été trouvée en 1842 dans un marais, à quelques milles sud du Shasta peak, dans le haut Sacramento, par M. Brackenridge, botaniste adjoint à l'expédition d'exploration, sous les ordres du capitaine Wilkes. M. Torréy l'a

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dédiée audocteurWilliam Darlington, de West-Chester en Pensylvanie,

l'un des savants les plus recommandables de ce pays. Le Synopsis of the marine invertebrata of grand Manan : or the region round the bay of Fundy, New-Brunswick, dù à M. William Stimpson, est un travail beaucoup plus considérable que les précédents. L'lle ou plutôt l'archipel du Grand-Manan, est située à l'entrée de la baie de Fundy , à dix milles de la côte ouest de Campobello et d'Eastport, et à vingt milles de la côte de la Nouvelle-Ecosse. Il est entouré de tous côtés par des eaux excessivement profondes, et les bras de mer qui existent entre les îles sont remarquables par la force de leurs courants. - " ' M. Stimpson a mis à profit un séjour de trois mois dans cet archipel pendant l'été de 1852, pour en examiner avec soin la zoophitologie. Les espèces nouvelles qu'il décrit sont en très-grand nombre, et offrent une très-grande variété. - " 4 * • ' : Le mémoire de M. James H. Coffin sur les vents de l'hémisphère septentrional 1, qui fait suite au travail de M. Stimpson, avait été lu en 1848, à l'assemblée générale de l'Association américaine pour le pro-, grès des sciences. L'auteur a recherché quelle était la direction moyenne des couches inférieures de l'air dans les différentes parties de l'hémisphère nord, entendant par couche inférieure cette partie de l'atmosphère qu'on peut observer directement, soit au moyen des nuages, soit au moyen d'une girouette. Il a comparé la force du souffle avec la distance parcourue, et établi la force du vent pendant les différents mois de l'année. M. Joseph Leidy, dans un mémoire intitulé : The ancient fauna of Nebraska, or a description of extinct mammalia and chelonia from the , Mauvaises-Terres of Nebraska, décrit une importante collection de Mammalia et de Chelonia trouvés dans le dépôt éocène qui couvre la partie sablonneuse de la période cl'étacée, aux Mauvaises-Terres, district situé dans le territoire de Nebraska, au pied des montagnes Noires, dans le Missouri. - - - Ce mémoire, accompagné de vingt-quatre planches, excite tout l'im† qui s'attache à cette curieuse question de paléontographie aniII1alsP. - , · Le volume se termine par les occultations des planètes et des étoiles par la lune pendant l'année 1855. Ce travail astronomique est dû à M, John Downes.,,. · Le tome VII, publié en 1855, et qui est le dernier de cette importante collection, renferme quatre mémoires. , Le premier * contient le récit des désastres causés par un tourbillon, qui s'éleva le 30 avril 1852 à cinq lieues sud de la ville de New-Har†o qui parcourut avec la même force une distance de 200 milles. . -- * | - Ces désastres ne sont pas rares en Amérique, et le journal de Silliman en a plus d'une fois entretenu ses lecteurs.Aussi nous permettrons-nous de demander à M. John Chappelsmith s'il croit avoir rendu un grand service à la science, en publiant le récit de cette horrible tourmente. Quant à nous, mous ne comprenons point les raisons qui ont déterminé l'auteur à décrire avec tant d'appareil scientifique les

1 Winds ofthe northern hemisphere, by James H. Coffin. . - . - - o • Ce mémoire est intitulé : Account of a tornado near New-Harmony, Pndiana, etc. With a map ofthe track. -

résultats de ce phénomène pour arriver à cette conclusion : « Je ne crois pas ceci... Je ne conçois pas cela... Je ne puis donner une opinion (l do not affer an opinion) Peut-être M. le professeur N.... a-t-il Taison ! etC. Dans des questions purement scientifiques, comme celles qu'abordait l'auteur, il fallait ou combattre les idées reçues, ou en donner de nouvelles. Autrement son mémoire n'arrive pas au but qu'il désirait atteindre. Une note 1 de M. Bailey sur de nouveaux spécimens d'espèces fossiles de Diatomaceae, provenant de Suison-Bey, près San-Francisco, précède un travail important de M. Lapham sur les antiquités du Wisconsin*. . Au point de vue de l'archéologie nationale, les Américains sont réduits, par le peu de variété qu'offrent leurs antiquités, à produire des ouvrages presque toujours identiques, sinon par la forme, du moins par le fonds. C'est pour cette raison qu'en lisant M. Lapham , on se trouve relire MM. Squier, Davis, et Whittlesey. L'État du Wisconsin est borné au nord par le lac Supérieur, à l'est † lac Michigan, à l'ouest par le Mississipi et au sud par l'Etat lIl01S, L'auteur a recherché les monuments terrassiers renfermés dans le pays. Son travail est consciencieusement fait, mais ne renferme aucune lumière nouvelle propre à éclairer la question. Voici les principales conclusions que lui a suggérées l'étude attentive de la question : « La race américaine a toujours été divisée, comme elle l'est encore, en nombreuses tribus parfaitement distinctes, occupant différentes parties du territoire, et ayant chacune, à un degré différent, des habitudes particulières, en rapport avec leurs Coutumes et leur religion. « Plusieurs de ces tribus étaient errantes, d'autres au contraire semblent avoir fondé desvilles qu'elles n'abandonnaient que pour la guerre Ou la chasse. Quelques-unes se sont éteintes tandis que d'autres se sOnt conservées en s'agrégeant à leurs voisins, dont ils adoptaient les habitudes, les mœurs et le langage. , « On peut supposer également qu'un peuple de rouges a occupé anciennement la contrée aujourd'hui connue sous le nom de Wisconsin, peuple dont les superstitions, les cérémonies et les croyances exigeaient l'érection de remblais en terre : que ce peuple a été chassé ou remplacé par un autre qui, ne comprenant point le but ou l'utilité de Ces COnstructiOnS, les a détruites sans aucun respect pour l'idée qui leS avait élevées. « Parmi les tombelles qui existent encore, il y en a quise sont formées naturellement, par l'amoncellement de la terre sur destroncs d'arbres déracinés par le Vent, et qui ont été prises à tort pour des monticules faites de mains d'hommes. « En examinant les nombreuses formes, tantôt circulaires, tantôt ovales, quelquefois rectangulaires de ces élévations, on est porté à Croire que les formes les plus compliquées sont les plus anciennes. Ainsi les élévations coniques, construites pour les tombeaux seraient plus récentes que le grand ouvrage d'Aztalan et les travaux qui affectent des formes d'animaux. »

B * Notes on neu species and localities of microscopicals organisms, by J.-W. 8.11G

lev. 2 # antiquities of Wisconsin, as surveyed and described, by J.-A. Lapham.

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