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LE QUÉRARD.

Nous enregistrons avec regret une nouvelle qui est de nature à chagriner les amis des livres, et qui inaugure d'une façon fâcheuse l'année 1857; le journal Le Quérard cesse de paraître. On sait que, fondé par l'infatigable bibliographe qui lui avait donné son nom, ce journal a fourni une carrière de deux années. On avait le droit d'espérer qu'elle se prolongerait encore et qu'elle se fortifierait de plus en plus. Il en a été autrément. Malgré tout l'intérêt qu'il offrait aux bibliophiles, Le Quérard était loin d'avoir réuni assez d'abonnés pour couvrir ses frais d'impression; c'est lui-même qui nous révèle cette triste vérité; il a donc fallu qu'il s'arrêtât. Il y a là matière à d'affligeantes réflexions sur l'indifférence qui acCueille trop souvent en France les publications utiles; les bibliophiles, nous le craignons, sont rares en notre pays; en effet, où trouver des amateurs qui soutiennent une publication sérieuse, intéressante, fructueuse pour tout ami des productions de l'intelligence? En Angleterre, en Allemagne, en Italie, des publications bibliographiques sont encouragées; il est douloureux de penser que sous ce rapport, la France se laisse tomber à un rang inférieur à celui de ses rivales. Espérons qu'il n'en sera pas toujours ainsi. En attendant, Le Quérard forme deux volumes qui attestent, une fois encOre, le zèle toujours renaissant de son créateur et qui sont trèsdignes de trouver place dans la collection de tout ami des livres. On y rencontre une foule de notices sur des sujets divers, d'excellents matériaux pour l'histoire littéraire, des détails piquants. En dernier lieu il a offert une liste raisonnée et remarquablement étendue d'écIits relatifs à Marie-Antoinette, à Charlotte-Corday, à M. et à Mme Guizot. On trouve dans Le Quérard un inventaire complet des principales publications françaises et étrangères en 1855 et 1856, inventaire accompagné d'appréciations et de détails sur les ouvrages enregistrés. Un grand nombre de bibliophiles et d'amateurs s'étaient mis en correspondance avec M. Quérard, et lui transmettaient maint détail curieux, maint renseignement peu connu sur les auteurs et sur les livres. Sous un titre original, De ceci et de cela, l'éditeur rassemblait une foule de petites circonstances qu'il ne fallait pas laisser perdre et qui auraient péri, s'il ne s'était trouvé une feuille qui leur offrit l'hospitalité. Pour donner une idée de tout ce que Le Quérard renferme d'utile et de piquant, il faudrait une table des matières qui serait fort longue, mais qui, elle-même, serait d'une lecture attachante. Nous aimons, après tout, à redire un prOverbe qui ne présente cependant qu'une consolation insuffisante : « A quelque chose malheur est bon. » M. QUÉRARD annonce que s'il renonce au journal qui absorbait tOut Son temps, il va consacrer ses moments à terminer deux ou vragesqu'il avait forcémentinterrompusdepuis deux années: lesSupereheries littéraires dévoilées, tom. V, et le tome XI de la France littéraire. Dès que cette double publication sera achevée, il mettra sous presse une seconde éditionentièrement refondue et fort augmentée des Supercheries littéraires; elle formera4 volumes in-8, de 800 pages, caractères compactes et à deux colonnes. En même temps l'intrépide bibliographe, qui a su très-certainement découvrir le moyen de travailler plus de vingt-quatre heures par jour, reprendra son Dictionnaire des ouvrages polyonymes et anonymes de la littérature française qui, arrêté par les événements de 1848, ne forme encore que trois livraisons renfermant les mots A.-Almanachs. Plus tard enfin, on verra surgir, nous en avons la confiance, cette Encyclopédie du bibliothécaire pour laquelle d'immenses matériaux ont été réunis. On voit qu'à lui seul, M.Quérard entreprend et exécute des travaux qui auraient effrayé une congrégation de bénédictins; et ce que nous pouvons affirmer, nous qui avons fait une étude attentive de ses ouvrages, c'est que chez lui la qualité répond pleinement à la quantité. C'est dire beaucoup, mais c'est une assertion de la vérité la plus vraie. · G. BRUNET.

Nous avons reçu cet été une lettre autographe très-flatteuse de Monseigneur l'archevêque de Paris. Beaucoup de nos amis nous avaient pressé de la publier, mais nous avions résisté à cet entraînement dans la crainte de paraître faire une réclame d'un témoignage aussi auguste. Si nous la publions aujourd'hui, c'est avec une complète abnégation de nous-même : nous voulons seulement ajouter une nouvelle preuve de son extrême sympathie pour les Lettres, à toutes celles données par l'illustre et infortuné prélat, dans sa trop courte carrière.

A. A.
Archevêché
DE Paris, le 24 août 1856.
*** -4....ear,

Veuillez recevoir l'expression de ma gratitude pour l'obligeance que vous avez eue de m'envoyer votre intéressante publication sur les ÉGLIsEs ET LEs MoNAsrÈREs DE PARIs. Cette exhumation de pièces rares ou inédites me parait devoir piquer vivement la curiosité des amateurs; ce sera, comme vous l'indiquez dans le titre général de votre publication, un vrai trésor.

Je vous sais gré, Monsieur, d'avoir eu l'attention de penser que le charmant volume que vous avez bien voulu m'adresser me ferait grand plaisir.

Je vous prie, Monsieur, d'agréer avec mes remerciments l'assurance de ma considération distinguée,

+ M. D. AUGUSTE, archev. de Paris.

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ALMANACH DE LA CoUR, de la ville et des départements pour l'année 1857. 51° année. 1 volume in-32 jésus de 400 pages, orné de 4 jolis portraits. Prix : broché, 2 fr. ; relié, 3 fr.

Le nombre toujours croissant des almanachs qui paraissent annuellement en Europe, et principalement en France, constate l'utilité de ces publications. Outre l'amanach Royal, édité pour la première fois à Paris en 1699 par le libraire Laurent d'Houry, les grandes administrations, le clergé, l'armée, la littérature, les sciences et les arts ont leur annuaire particulier qui contient pour chaque spécialité d'utiles documents, qu'on ne trouverait ailleurs que fort difficilement.

Entre l'almanach Impérial, le plus complet de tous, et ces annuaires spéciaux qui ne s'adressent qu'à une certaine classe, il y avait une place à prendre. Tel a été le but de l'Almanach de la Cour, de la ville et des départements, publié en 1806 par la maison Janet, et qui n'a pas cessé de paraître depuis cette époque. L'éditeur avait eu l'heureuse idée de donner un abrégé de l'almanach Impérial, toutefois avec les corrections et les additions nécessaires, et de mettre ainsi à la portée de tous cette publication officielle. L'essai fut très-favorablement accueilli, et depuis près de cinquante ans cette publication compte parmi les recueils les plus estimés de ce genre.

LA CoRREsPoNDANCE LITTÉRAIRE, publiée par M. LUD. LALANNE, 1re année, n° 3 (5 janvier 1857.)—SoMMAIRE. L'art dramatique en 1856, par M. L. Esnault.— Don Giulio Genoino, par M. Marc Monnier.— Histoire de la querelle des anciens et des modernes, de M. Rigault, par M. L. Daniel.—Les dernières élections de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, par M. Lud, Lalanne.—Innovations typographiques. La bibliothèque Elzévirienne. Recherches sur le P. Ménestrier, par M. H.-L. Bordier.—Deux Femmes moralistes, par M. de Rouchaud.—Les Inondations de la Loire au xvIIe siècle.—Correspondance : Lettre de M. le comte de Marcellus.-Nouvelles littéraires de la Grande-Bretagne ; lettre de M. Masson.—Fouilles archéologiques, près de Bernay, lettre de M. Raymond Bordeaux.— La Quenouille de Barberine.—Questions et réponses, Salomon de Brosse.-Nécrologie.—Bulletin bibliographique.

ÉTAT DES VENTES

8-25 janvier,-Livres rares et précieux manuscrits et imprimés, composant la bibliothèque de M. C. R" de Milan. Rue des Bons-Enfants. (Potier, libraire.)

15-20 janvier.- Livres d'une bibliothèque choisie, dont un grand nombre à figures, provenant du cabinet de feu M. Barbou, président de chambre à la Cour impériale de Paris. Le catalogue contient 457 art., et suppl. 192. (Aug. Durand, libraire.)

20-24 janvier-Livres de la bibliothèque de M. l'abbé le P", et suite et fin de celle de M. le docteur F" (théologie, controversé, philoSophie, sciences occultes, médecine, magnétisme, belles-lettres, histoire, gravures, etc., etc.). (480 art.). A Lyon, sous la direction de Aug. Brun, libraire. LE CATALoGUÉ se distribue à Paris, chez A. Durand, A, Aubry.

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sBelleg-settreg. PoÉSIE. 108. L'oRDÈNE DE CHEVALERIE, avec une dissert. sur l'orig. de la

langue française, un essai sur les étimologies, quelques contes anciens, et un glossaire (par Barbazan). 1759, in-12, br. 5 50

108 bis. LE MÈME. Jolie d.-rel., maroq. 5 » 109. LE SECOND ENFER d'Estienne Dolet. Lyon, 1544, in-8, cart. à la Bradel. 10 »

Réimpression sur papier vergé fort, tiré à 120 exempl.

110. LE PEGME de Pierre Coustau, avec les narrations philosophiques mis de latin en francoys, par Lanteaume de Romieu, gentil· homme d'Arles. A Lyon, 1560, pet. in-8, vél., fig. et encadrements en bois. (Bel exempl.) - 25 » 111. OEuvres complètes de RÉGNIER. Paris, Lequien, 1822, in-8,

d.-rel. V. (Ginain.) 7 50 112. OEuvres de THÉoPIIILE. Paris, N. Pepingué, 1662, pet. in-12, V. gr. (Bonne édition.) 6 » 115. MENAGII (AEgid.), poemata. Parisiis, P. Le Petit, 1680, in-12, v. ant. fil. (Ex. réglé,) 6 50 , _ 7e édition des poésies latines, grecques, françaises et italiennes de Ménage.

114. OEuvres de M. de MoNTREUIL. Paris, Cl. Barbin, 1666, pet. in-12, V. br, Portrait d'après B. Picart. 5 » 115. OEuvres de voITURE. Paris, 1715, 2 vol. in-12, v. jas. front. gravé. 4 » 116. CHANSONS CHOISIES, mises sur des airs connus, par de Coulanges. Paris, 1754, in-12, v. mar. 5 » 117. Les œuvres du S SAINT-AMANT. Paris, Touss. Quinet, 1649, 5 part. en 1 vol. in-4, v. br. fil. (Bon ex.) - 10 »

118. Les vers héroïques du Sr TRISTAN L'HERMITE. Paris, Loyson, 1648, in-4, v. gr. fil. front. gr. (Bel ex.) "7 » 119. SARAZIN (poésies de). Caen, 1824, in-8, d.-rel., v. ant. Portrait. 2 50 120. Les œuvres de Monsieur sCARRON, revues, corrigées et augmentées de nouveau. Imprimées à Rouen, et se vendent à Paris, chez de Luynes, 1659.—La relation véritable de tout ce qui s'est passé en l'autre monde, au combat des Parques et des poëtes, sur la mort de Voiture, 1659, pet. in-12, d. et c. de maroq. br. tr. pei

gne, portrait et fig. 8 » 121. Les chefs-d'œuvre de P. CoRNEILLE. Paris, 1814, 5 vol. in-8, d.-rel. maroq. du levant, citron. (Thouvenin.) 18 »

Ex. pap. fin, de la coll. Didot, dédiée aux amateurs de l'art typographique. Beau portrait de Corneille av. la lettre, gravé par Forssell, ' ajouté.

122. OEuvres complètes de MoLIÈRE. Paris, De Bure, 1825, 8 vol. in-52, portr. pap. vél., rel. neuve v. fau. à nerfs (Closs). 18 » 125. OEuVreS cOmplètes de RACINE, avec les notes de tous les commentateurs, publ. par Aimé-Martin. Paris, Lefèvre, 1825, 7 vol. gr. in-8, pap. vélin, d.-rel. v. rose, portr. (Thouvenin). 60 » Belle édit. de la collection des classiques français : c'est la plus com· plète, et à bien des égards, la meilleure que l'on ait de Racine, (Brunet.) 124. OEuvres complètes de LA FONTAINE, ornées de 120 gravures d'ap. les dessins de Dessenne, Chaudet, Huet, etc. Paris, Nepveu, 1820, 18 vol. in-18, br. 18 » 125. OEuvres complètes de J. LA FONTAINE, précédées d'une notice sur sa vie, par L. S. Auger. Paris, Lefèvre, 1814, 6 Vol. in-8,

v. rac. dent. tr. dOr. 50 » Bel exempl. avec la suite des fig. de Moreau le jeune, en premières épreuves.

126. Fables choisies DE LA FONTAINE mises en vers. Paris, 1755, 4 vol. in-fol. v. ec. fil. tr. dor. front. gravé, figures d'Ou

dry. (Bon exemplaire.) 100 » 127. FABLES DE LA FONTAINE. Panis, de l'impr. de P. Didot, 1815, 2 vol. in-8, V. ant. fil. comp. (Ex. pap. vélin.) 8 »

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129. OEuvres de BoILEAU DESPRÉAUx. Imprimées par ordre du Roi pour l'éducation du Dauphin. Paris, Didot l'aîné. 1788, 5 vol. in-18. d.-rel. d. et coins de maroq.rou. dor. en t. n. rog. 16 » 150. OEuvres complètes de BoILEAU DESPRÉAUx, avec des prélim.

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