ページの画像
PDF

La Magne [Lumagne?], demeurant rue des Rosiers; Gargan’, demeurant rue du Temple, près la rue

Chappon .

Le Vasseur, l’aisné, loge aux Marais, près la rue Sainct

Louys.
De Bordeaux’, qui a iadis fait banqueroute et demeure

à présent rue des Francs Bourgeois, a aussi esté de tous les traitez, et possède des biens immenses dont la Décla

ration seroit trop longue.

Maillet, son confident et associé, et qui a traité du sol pour liure et des taxes des ayses sur les Tailles, a eu pour associez, outre ledit de Bordeaux, entr’autres les cyaprès nommez , sçavoir : deffunct Galand, dont la veufue est à présent remariée i‘, demeurante près l’Eschelle du ' Temple, dans vn Palais magnifique que ledit deffunct a

‘ Il figure dans le récit du Grippemenaud de la cour, etc. [l 519]. Seul de tous les intendants des finances, il compta au cardinal Mazarin les vingt mille livres que celui-ci leur demandait. .

’ « Vu de Bordeaux qui, pour n’en auoir pas du tout tant (que Bretonvilliers) , ne doit pas estre accusé de négligence, puisqu’il a tousiours esté beaucoup plus ardent et plus hardy que luy pour en acquérir. n

La vérité toute nue, etc. [4007].
a Bordeaux, race de partisan ,
De malices grand artisan. D
Le Parlement burlesque de Pontoise, etc. [:2701].

5 a Vn Galland qui, estant fils d’vn paysan de Cbasteau-Landon, s’est fait si riche en peu d’années, qu’vn Président au Mortier n’a pas eu honte

d’espouser sa vefve. n
La vérité toute nue, etc. [4007].

Le Parlement burlesque de Pontoise va nous apprendre quel était ce prési

dent au mortier:
« Coigneux, ce petit arrogant,

Des foux le plus extrauagant,
Qui son cours a fait à PEscole
De la Durier, où l’on bricole;
Et pour éuiter pauureté,

A la Galland il s’est frotté. »

. Pour l’intelligence complète de ce passage, il faut voir les Lamentations da4la Duriéde Saint- Cloud, etc. [I800].

fait bastir, et possède plusieurs belles Terres aux Champs, rentes constituées et argent monnoyé. '

Le Camus‘, son beau-frère, qui demeure rue SainctAuoye, près ladite Eschelle du Temple, a fait bastir vue superbe maison à Colombe, qui luy reuiendra à plus de cent mille escus, et possède plusieurs autres grands biens, quoy qu’il ne soit que fils d’vn Notaire.

De Mons , commis dudit Galand , à présent Greffier duConseil , et qui demeuroit, il y a six mois, en la rue du Temple, d’où il est deslogé pour esuiter le pillage de sa maison, et est allé demeurer en la cousture SaincteCatherine, près des Iesuistes, et se fait appeler Vicomte d’Andreselle, qui est vne terre considérable qu’il a acquis depuis peu, outre sondit Office, qui luy couste quatre cens mille liures, sans compter plusieurs autres biens qu’il possède , tant en rentes constituées que immeubles etargent contant, quoy qu’il n’ayt espousé que la fille du plombier de la Pome, dont il n’a eu que dix ou douze mille liures en mariage, et qu’il ne soit que fils d’vn ouurier en soye de Tours.

Ce de Mons et ledit Camus sont associez au retranchement des gages et droits de tous les Officiers de

‘France, traité des taxes du droit Royal, confirmation»

(l’hérédité, Offices quatriennaux, taxes d’aysez sur les entrées de Paris et plusieurs autres traitez.

Picard’, fils d’vn cordonnier, qui depuis a esté Thrésorier des parties casuelles, a esté intéressé auec ledit

' (t Vu le Camus qui, estant venu de rien et ayant au moins six enfants, a laissé au moins vn million de liures à chacun. a) La vérité toute nue, etc. [4007].

’ C’est le Dracip de la Farce des courtisans de Pluton , etc. [‘1372].

Catelan, de Mons, Galand, Le Camus et autres en tous les traitez cy-dessus, outre plusieurs qu’il a faits. Il demeure au Marais, rue du Grand-Chantier, près les EnfantsRouges, et prend le titre de Marquis de Dampierre, dont il a fait acquisition, outre plusieurs biens qu’il possède.

Bonneau‘, petit-fils d’vn ouurier en soye de Tours, a esté de toutes les maltotes , et est à présent Fermier des Gabelles, auec les nommez Merault, Rolland, Quentin, de Richebourg et Aubert, lequel Aubert a esté lacquais, et nonobstant cette noble compagnie de Gabeleurs aux. despens des deniers du Roy acquiert des Marquisats et autres Terres considérables par les voleries qu’ils font sur lesdites Gabelles et sur les taxes sur les Officiers d’icelle, dont ils se sont faits Partisans, mesmes sur les rentes de la Ville qu’ils ont fait retrancher, et en ont fait consommer le fonds iusques à plus de vingt-cinq ou trente millions depuis dix ans.

Marin ’ est fils d’vn Paysan de Bourgogne; et entr’autres traitez qu’il a faits, il a eu celuy de la suppression des droits aliénez sur les Tailles et Gabelles en 4644, qui a ruiné tous les Officiers du Royaume et autres particuliers intéressez en ces affaires, pour enrichir vne douzaine d’autres qui y auoient intérest, entr’autres ledit Cornuel Intendant et son frère, ledit deffunct du

‘ Voyez les Entretiens de Bonneau, de Catelan et de La Raillière, etc. [i248]. Dans les Moyens infaillibles pour faire périr le cardinal Mazarin, etc. [2517], Bonneau est dénoncé parmi les personnes qui doivent de Pargent au cardinal ou ont de ses meubles en dépôt. Il est nommé enfin dans le Quai-lu vu de la cour.’ etc. [2941].

’ « L’on a trouué à Paris dans vn Couuent de Religieux plusieurs papiers de conséquence, appartenant au nommé Marin, cy-deuant Thrésorier du marc d’or, parmy lesquels il y en a beaucoup concernant les traittez e! partis des gages retranchez. des Officiers et d’autres sortes de monopoles. n

Le Courrier français, etc. [830], 5' arrivée.

Vouldy, d’Alibert , deffunct Boyer, qui a laissé ses enfans riches de plus d’vn million à chascun , lesdits Bonneau , dont l’vn, qui est mort, a laissé à chascun de ses enfans plus d’vn million, ledit deffunct Galand, qui est mort riche de plus de six millions de liures, et n’a point laissé d’enfans, son bien ayant esté partagé entre sa veufue et son frère.

Deffunct Camus, qui demeuroit derrière Sainct-Leu, a laissé à ses enfans, au nombre de neuf, plus de quatre cens mille escus chascun , et auoit pour intéressez en sa part ses deux fils aisnez, dont l’vn est à présent Controlleur Général des Finances, et l’autre est mort et a laissé à sa veufue plus de cent mille liures de rente d’acquisitions par luy faites, laquelle, après auoir vescu en veufve Gaillarde pendant six ou sept ans, s’est enfin remariée depuis peu; et a esté, ledit Camus et ses fils, intéressez en toutes les fermes et traitez qui ont esté faits pendant sa vie.

De Mery [d’Esmery]’, pendant son Intendance , Controlle Général et sur Intendance, a pris des pots-de-vin et des pensions, fait rembourser des rentes sur diuers prétextes, a diuerty et destourné les deniers du Roy pour les appliquer à son profit, comme il paroist en ce que depuis quinze à vingt ans il a despensé plus de trois cens mille liures par an , fait de grandes et considérables ac

' Les pamphlétaires de la Fronde ont souvent parlé de d’Émery; mais il suffira de citer 1E4 uertissement très-important et très-vtile au public touchant le retour du sieur ÆÉmery, etc. [462], les vers sur le bonhomme JÉmeIy, dans les Diuerses pièces sur les colonnes et piliers des maltotiers, etc. [H61], et la Farce des courtisans de Pluton, etc. [l 372], où dîÉmery s’appelle Yremed’.

a Le mercredi, troisiesme [février], fut trouué de la vaisselle d’argent et quantité de meubles appartenant à d’Emery, cy-deuant surintendant des finances..., lesquels ont esté saisis de Pordonnance de Messieurs de la Cour de Parlement. I

Le Courrier français, etc. [830], 3' arrivée.

quisitions, basty des Palais somptueux, tant à la Ville qu’aux Champs, ornez de meubles précieux dont l’estimation est presqu’impossible; cependant chascun sçait qu’il n’a eu aucuns biens patrimoniaux, son père et son frère estant morts insoluables dans la Conciergerie, après

‘ auoir fait banqueroute à leurs légitimes créanciers. Aussi

l’inclination qu’il a tousiours eu au larcin luy ayant fait entreprendre de voler iusques dans la Garderobbe du Roy, il fut pour la réparation condamné à estre pendu; ce qui n’a pas esté exécuté par la corruption des mauuais Iuges, qui ont mieux aymé le sauuer pour de l’argent que de le faire exécuter : les suposts de ses desbauches , desbordements, larcins, violements et persécutions qu’il a exercées pendant ses emplois, et auec lesquels il partage le butin, sont Petit, son honneste macquereau, qui est celuy qui receuoit tous ces pots-de-vin et pensions, par le moyen de quoy luy et Chabenat, son Gendre, esleué dans les mesmes intrigues, ont acquis chascun plus d’vn million de liures de bien , quoy que, comme il est notoire, ledit Petit fust auparauant Procureur au Chastelet à tort et sans cause, et ledit Chabenat copiste au Conseil. Catelan 1, cette maudite engeance, est venu des montagnes du Dauphiné, lequel, après auoir esté lacquais en cette ville, fut marié par Cornuel à la sœur d’vne nomnée la Petit, sa bonne amie, à présent femme d’vn

' Parmi les meubles dont le Courrier français annonce la saisie sous la date du 3 février, il y en avait qui appartenaient à Catelan. On peut consulter sur ce traitant célèbre PAdieu du sieur Catelanm. au sieur de La Raillière, etc. [43], et la Reportse de La Iîallière, etc. [3394], les Entretiens de Bonrzeau, de Calelan et de La Railliêre, etc. [I248], le Factum notable pour Thomas Carrel, etc. [I363]. Suivant la Iïeÿzonse de La Rallière, la femme de Catelan était fille, et non sœur de la Petit. Catelan est le Na:letac de la Farce des courtisans de Pluton, etc. [I372].

« 前へ次へ »