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a eue d’amasser du bien par toutes sortes de voyes, ayant fait vne fausseté dans l’expédition d’vn Arrest du Conseil qui luy seruoit de tittre pour la perception de quelques nouueaux droits, au lieu d’en estre puny selon la rigueur des Ordonnances, il fut par faueur condamné seulement à faire vne amende honorable ; ce qui l’a exempté. Il demeure deuant le grand portail Sainct Eustache.

De Sainct André, fils d’vn franclopin de Bourgogne, vint lacquais en ceste ville, où il s’est enrichy par plusieurs exactions et concussions qu’il a faites en la sous ferme des droits d’ayde en l’eslection de Chartres et Pitiuiers; a traitté de l’attribution des droits des cinq sols pour Parroisse des Esleus et Officiers des Greniers à Sel, et plusieurs autres traitez qu’il a faits. Il demeure aussi proche de S. Eustache.

Mousseau,..beau fils dudit Sainct André, a esté son associé en toutes lesdites affaires. Il demeure en mesme maison.

Berault, Garde des Rolles, qui demeure près le Chancelier, a commencé sa fortune par la fabrication des monnoyes défectueuses, ayant entrepris de faire des Doubles jusqu’à enuiron cinquante mille escus; mais au lieu de ce, outre l’altération qu’il y a apportée et qui a causé le décry général de toutes ces espèces et réduction d’icelles à la moitié de leur valeur, il en a fait fabriquer plus de vingt fois autant qu’il ne luy estoit permis; d’où sont venues les grandes richesses qu’il possède.

Bordier, fils du Receueur des Tailles de Paris, a fait plusieurs traitez où il s’est enrichy, entr’autres l’abonnement du Domaine.

F orcoal est venu lacquais en cette ville; et, après auoir receu maints coups de bastonnade qui luy ont esueillé l’esprit, il s’est ietté dans la maltote des Aydes, petit rat de caue, où à force de friponneries et de voleries, ayant commencé d’amasser quelque chose, il se fit du viuant de Baiots, Fermier de Normandie, où ayant eu matière d’exercer auantageusement sa mauuaise inclination, il s’est rendu si puissant qu’enfin il est paruenu à la Ferme générale qu’il exerce impunément auec vn Office de Greffier du Conseil ,' mange et consomme en taxes tous ceux qui ont des droits et reuenus sur les Aydes, mesme les rentiers assignez sur icelles, tant à l’Hostel de Ville que d’aliénation; de sorte que Ton ne peut le punir trop seurrement après tant d’insignes voleries, considéré que sa femme estoit chétiue seruante d’vne blanchisseuse lorsqu’il l’espousa. Il demeure rue Chappon en vne superbe maison qu’il a acquise depuis peu. Ses associez en ladite Ferme des Aydes sont les cy après nommez :

Marcillac, demeurant rue Michel le Comte, et demeurant aux Marais, rue d‘Anjou, Mousseau, dont il est cy deuant parlé, Betaut, Huron, Lapat, Roserot [Roserefl], Verselin et autres, sont esleuez par les mesmes degrez dans les mesmes qualitez.

Durot, qui demeure rue du Temple, a esté de plusieurs traitez.

Drouin, qui demeure rue du Grenier Sainct Lazare, Item, entr’autres du traité de la réduction des droits

de I634.

Verdier et Pauillon‘, demeurans aux Marais, entre

‘ Est-ce Pauteur de la Relation véritable de tout ce qui s’est puise‘ à SaintGermain en Laye [3258]?

‘ Le lundi I“ février, a on a trouué chez le nommé Panillon, partisan du Conuoy de Bordeaux, la somme de trois cent trente tant de mil liures

plusieurs affaires qu’ils ont faites, sont encore Fermiers du Conuoy de Bourdeaux auec Prier et gaignent des sommes immenses.

Beaurain, qui demeure rue du Grand Chantier, près les Enfans Rouges, a esté intéressé en toutes sortes d’affaires.

Montauron, qui demeure dans la mesme rue, Item, et a esté le faetotum des Sur Intendans et Intendans depuis vingt ‘ans, qui luy ont fourny de quoy satisfaire aux despenses excessiues qu’il a faites auec les deniers du Roy, à quoy il n’auroit pu subuenir autrement, estant vn pauure soldat de fortune.

Piry demeure aux Marais vers la rue Charlote, qui esté de plusieurs traitez, entr’autres de celuy du Domaine.

Berault, qui demeure aux Marais, Item, rue S. François, Itendu et Longuet1 son beau frère, qui demeure rue Tibaut Todée [Thibaut aux dez], ont esté en toutes sortes d’affaires généralement, où ils ont gaigné les grands biens qu’ils possèdent.

La succession de défunt d’Aluimare, dont l’héritier, qui demeure proche le G‘renier à Sel, est de mesme catégorie.

Deodati, qui demeure rue des Rosiers.

Item qui demeure rue des Bourdonnois près l’Hostel de Villeroy.

Item la succession de Rouilly.

Item les deux de Luynes, dont l’vn est Commissaire

que la Cour, suiuant PArrcst par elle cy deuant rendu, a ordonné estre portez ès coffres de l’Hostel de Ville. » Le Courrier français, etc. [830], 2' arrivée. ‘ Il était en I649 trésorier général de l’Extraordinaire des guerres. Il fut chargé des Taxes faîtes des maisons sises aux enuirons de Paris, etc.

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Général aux saisies réelles, et demeure rue Ste Croix de la Bretonnerie. .

Barbe, qui demeure rue des Francs Bourgeois, a esté aussi de tous les traitez; les deux Guénégaud Item‘, et la succession de leurpère; Jean et Rolet , leurs commis ; Item de la Place et Rozerot [Roseret], commis de Petit.

Ioly, payeur des rentes des Aydes, leur associé, demeure rue du Temple, près la rue Pastourelle.

Housset, Trésorier des parties casuelles, a esté de toutes affaires, tant en qualité de commis de Rabatus, dans la desroute duquel il a estably sa fortune, que depuis qu’il a exercé sa charge, et demeure Vieille rue du Temple. Masel, pauure garçon de Surenne, s’est enrichy par les mesmes voyes, et demeure vers la Place Royale, proche l’Hostel de Carnaualet.

Senoc, demeure Cousture Ste-Catherine et a esté de tous les traitez.

De Coulanges père et fils, rue SmAntoine; Item, Dournet, Ioly et Romanet, beau père et gendre; Item , la succession de Iataignan.

Item Rose cy-deuant munitionnaire; Item, Languet et de Repas ont esté de tous les traitez des nouueaux Offices establis sur les ports. Ledit Languet demeure rue des Deux Boules.

Les l’Huillier frères, Item, outre les vsures notoires qu’ils ont commis, eux et plusieurs marchands sans foy comme eux et sans Religion.

Le Tardif, qui a fait le traité des toisez des maisons en suitte de plusieurs autres, comme celuy de l’establissement du sol pour liure et maltotes de cette qualité.

' Jai cité dans la Bibliographie des Mazarinades le passage du Parlement burlcsçzzc de Paritaire [2701], qui les concerne.

'Guignot, Iadis pauure vagabond, sans cognoissance de

père ny de mère, s’est enrichy du temps de Bullion pour estre entré en quelque maltote.

Le Clerc, Trésorier de l’extraordinaire, et le Page, ses compagnons d’Offices, gens venus de néant, possèdent des biens immenses par les voleries qu’ils ont faites dans leurs charges.

Bersaut [Bertaut] et Angrand ont si bien ioué leur personnage dans les consignations qu’ils s’y sont extrêmement enrichis.

La succession de Guilloty, l’vn des intéressez aux Gabelles, peut bien estre comprise en ces recherches.

La succession de Fieubet1 n’en doit pas estre exempte, sçachant que de pauure garçon venu de Languedoc, il est mort puissamment riche pour auoir manié les deniers du Roy; et l’on peut iuger des grands biens qu’il a laissez par l’article suiuant.

La succession de Lambert‘, fils d’vn Procureur des Comptes, commis dudit Fieubet, peut contribuer plus

‘ a,... Fieubet qui Pinterrompt,

Luy dit : a Vous oublies le plomb.

a Et puis i’ay dedans ma valize

« De quoy chasser fainéantize;

a I’ay triquetrac, cartes et dez

« Qui ne sont nullement pipez,

« Et tels qu’on s’en sert chez Sercote,
« Chez qui, tous les iours, ie tripote. n

On peut voir d’ailleurs l’article du Parlement burlesque de Pontoise, etc. [2701], dans la Bibliographie des lllazarinades.

* a Vn Lambert, fils d’vn Procureur des Comptes, qui, portant encore plus dans le cœur que sur le visage le caractère d’vn Iuif, a laissé quatre millions cinq cens mil liures de bien, dont le président Viole, ce bon François et ce fidèle seruiteur du Roy, a eu pour sa part plus de quatre cens mil liures. n

La Vérité toute nue, etc. [1007].

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