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deuoir par la douceur et applanissant les chemins pour les y porter; tesmoin les Déclarations qu’il a enuoyées à eux et à nous’. Serons-nous si aueuglez que de résister encore à tant de grâces? et ne faut-il pas croire que nostre ruine est résolue dans le Ciel si nous résistons plus longtemps à la voix qui nous appelle?

le m’assure que plus des deux tiers d’entre vous ont horreur de nostre rebellion et des cruautez qu’on nous contraint d’exercer contre nous-mesmes. Qui est celuy qui se peut vanter d’auoir quelque chose de propre? Tout est à vous, Messieurs, qui nous tenez le pied sur la gorge et prenez nostre bien. Nous voilà enfin dans vos fers. Nous n’auons pu supporter des charges ordinaires establies depuis quinze ou vingt années; et nous souffrons auiourd’hy qu’on nous mette tous à la faim , que nos petits enfants courent le risque de mourir à la mammelle de leurs mères, ne trouuant plus que succer; et nous ne l’endurons pas seulement; nous l’approuuons; nous le louons, et croyons faire des merueilles. Prenons courage (mes chers compatriotes); obligeous le Parlement à obéyr au Roy et à' sortir de Paris. Les gens de bien de la Compagnie béniront vne si douce violence qui les affranchira de la tyrannie des factieux qui les entraisnent dans leurs détestables résolutions.

Ie voy bien que vous estes de mon aduis, mais que personne n’ose encore s’en expliquer à son compagnon. Il y a quatre cens mil hommes dans cette pauure ville qui n’attendent que l’heure de voir quelque bon François qui ait la générosité de se déclarer le premier pour se ioindre aussitost à lui.

' Déclaration du roi, du 3 féurier I649, par laquelle sont donnés six iour.! aux habitans de Paris pour rentrer dans leur deuoir [M2].

Si vous ne iugez pas qu‘il soit encore seur de s’assembler en public, pour concerter la chose, que chacun en confère auec ses amis en secret. Qui nous empesche après, allantà la garde ou dans l’occasion de quelque sortie, de prendre le chemin du Palais et de déclarer à nos nouueaux Maistres qu’il faut qu’eux et nous reconnoissions l’ancien et le légitime et qu’ils sortent de Paris.

Le Roy a eu la bonté de leur enuoyer donner pleine seureté, qu’il ne sera point touché à leurs personnes ny à leurs biens , sans excepter mesme d’vue si grande grâce les plus factieux et les plus criminels d’entr’eux. Persisteront-ils après cela à nous vouloir encore enseuelir dans leurs ruines? et s’ils le font, le souffrirons-nous? Courage donc (mes braues Concitoyens); et n’attendons pas les dernières extrémitez à prendre vne résolution qui sera alors nécessaire, mais sans mérite auprès du Roy

parce qu’elle ne dépendra plus de nostre volonté et que nous y serons absolument contraints.

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T aæes faites des maisons sises aux enuirons de Paris et ailleurs, en eæécution de ÏÀrrest suiuant du Conseil [3753] ‘.

(11 février 1649.)

Le Roy voulant pouruoir à la subsistance et entretenement des troupes que sa Maiesté est obligée d’entre

‘ « Uesprit du Cardinal Mazarin, tousiours porté au mal et à la hayne particulière qu’il a conceue iniustement contre le Parlement et la ville Capitale du Royaume, ne se contentant pas de Poppression qu’il s’cst efforcé de leur faire par la voye ouuerte des armes, a encore voulu se

tenir et de faire séiourner aux enuirons de Paris pour réprimer la rébellion et le réduire à son obéyssance, et pour cet effet assurer vn fonds certain à prendre sur les terres, maisons et héritages appartenant aux bourgeois, habitans et officiers de ladite ville : sa Maiesté estant en son conseil, la Reyne Régente sa mère présente, a ordonné et ordonne que lesdites terres, maisons et héritages, appartenant aux dits bourgeois, habitans et officiers de ladite ville de Paris, seront taxés par vn rolle qui en sera arresté au conseil de sa Maiesté , pour l’entrétenement et subsistance desdites troupes, et que trois iours après la signification qui sera faite desdites taxes aux receueurs et fermiers desdites terres, maisons et héritages, ils payeront en ce lieu entre les mains du sieur Longuet , trésorier général de l’extraordinaire des guerres, commis par sa Maiesté à la recepte desdits deniers; autrement et à faute de ce faire dans ledit temps, le recouurement desdits deniers sera fait par les

seruir des inuentions de son pays , ayant fabriqué auec ses fauteurs et adhérens vn instrument auquel il a donné pour titre Arrest du Conseil, qui porte vne taxe à prendre sur tous ceux qui sont demeurans dans la Ville de Paris pour sauuer du feu et du pillage de ses Satellites les Chasteaux et autres Maisons champestres qu’ils ont à la campagne et enuirons de ladite Ville. La Cour de Parlement en ayant eu adnis, y a pourueu par sa prudence accoustumée et a, le Lundy 22 dudit mois de Feburier, donné arrest par lequel elle a fait deffense à toutes personnes de payer lesdites prétendues taxes et ordonné que le Sieur Fouquet, Maistre des Requestes, apporteroit au Greffe de la Cour le pouuoir qu’il auoit de faire la leuée d’icelles , et iusques à ce qu’il eust satisfait, qu’il demeureroit interdit de la fonction de son office. » Le Courrier français , etc. [830], 6' arrivée.

« Après les princes et quelques partisans, qui possède tout l’argent de France, sinon eux (les magistrats du parlement)? A qui appartiennent les plus riches fermes, les plus superbes chasteaux, les plus belles terres et les meilleurs fiefs nobles de la campagne, sinon à eux? »

Refutation de la repense sans iugemen! au bandeau de la Iustice [3068].

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‘troupes d’infanterie et de caualerie de sa Maiesté; a chacune desquelles sera donné vn rolle particulier desdites taxes par cantons pour leur tenir lieu de monstres, subsistances et recrues, lesquelles ils exécuteront contre les y dénommés par saisie et vente de tous les meubles, bestiaux et matériaux qui se trouueront dans lesdites maisons, mesme par coupe des bois de haute futaye et taillis et autres voyes qui leur seront ordonnées par sa Maiesté comme pour ses propres deniers et affaires. Et sera le présent Arrest exécuté nonobstant opposition ou empeschement quelconque. Fait au Conseil d’Estat du Roy, sa Maiesté y estant, la Reyne Régente sa mère présente, tenu à Saint Germain en Laye, le quinzième iour de feburier 1649. Signé DE GUÉNÉGAUD.

Hale des taxes. ‘

Les terres de Champlastreux et Le Plessis Vallée, appartenans au sieur Molé, cy deuant premier président de la Cour de Parlement, transférée à Montargis, payeront pour partie de la subsistance et entrètenement des troupes de sa Maiesté, comme il est dit dans l’Arrest, la somme de huit mil liures;

La terre de Goussainuille, appartenant au sieur Nicolaî, président en la Chambre des Comptes, huit mil liures ;

La terre du Mesnil Sainct Denys, appartenant au sieur de Montmaur, quatre mil liures;

Les terres de Roissy, Eponé, Bray sur Seine, Balagny, appartenans au sieur de Mesme, cy deuant président en ladite cour, sur mil liures;

Les terres du Mesnil et Moregard, appartenans au sieur Amelot, Premier Président à la Cour des Aydes, six mil liures ;

La terre de , appartenant au sieur d’Orieux, président en la Cour des Aydes, trois mil liures ,

La terre de Fontenay sur Marle, appartenant à la venue du sieur Meliand ", deux mil liures ,

Vne maison à Saint Cloud, appartenant au sieur Le Coigneux ’, cy deuant président en ladite cour, six mil liures;

Les terres de Vatan et Bréuannes, appartenans au sieur Anbry, président en la Chambre des Comptes , quatre mil liures;

La terre de La Ferté en Normandie, appartenant au sieur Marc La Ferté, quatre mil liures ,

V ne maison sise à Vitry, appartenant au sieur Le Noir, président en la Cour des Aydes, trois mil liures;

La terre du Tremblay, appartenant au sieur du Tremblay, quatre mil liures;

Le terre d’H4ésanuille, appartenant à maistre Prélabé, deux mil liures;

Vne maison sise à Saint Aubin, appartenant au sieur de Grienx, président en ladite Cour des Aydes, trois mil liures ;

La terre du Plessis et vne ferme dans Vilpinte, appartenans au sieur de Flexelle , président en la Chambre des Comptes, quatre mil liures;

La terre d’Aury La Chapelle, appartenant au sieur de

" Procureur général au parlement de Paris. 4 ‘ Il passait pour l’auteur de la Très humble remontrance du Parlement au Roy e! à la Reyne Régentc [3814] .

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