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Qui défend que le pain n’entre,

De son innincible main

Vous a frottez dos et ventre.

Quatre fois ce fier héros,

Qui vient si mal à propos

Camper trop près de Gonesse ,

A vn fuir deuant luy

Les troupes de cette Altesse

Que l’on nous offre auiourd’huy.
Vous nous porteriez malheur.

A son nom l’Espagne tremble.

Et, malgré nostre valeur,

Nous serions battus ensemble.

Ouy, vous estes des mocqueurs.

Les vaincus et les vainqueurs

Ne vont point sous mesme enseigne.

Et ie vous troune plaisans

De prétendre que l’on craigne

Ceux qui nous ont craint douze ans. Vingt mille contre ses coups

' Ne feroient pas plus que quatre.

Nous nous battrons bien sans vous,
Si nous auons à nous battre.
Enfin, Seigneur Dom Ioseph,
Pour vous le faire plus bref,
Remontez sur vostre Mule;

Ou d’vn peuple mutiné,

Pour ce discours ridicule

Illescas sera berné.

Allez manger vos oignons,
Parmy vos plaines stériles;
Ou les mains sur les roignons,
Vous panader dans vos villes;
Mais ne parlez plus si haut
Pour amuser le badaut.

Que vostre Archidnc ne bouger
Car pour ne desguiser rien,
Vne escharpe blanche et rouge
Fait horreur aux gens de bien.

Ce dessein est criminel;

Et les F rançois sont fidelles.
Bruxelles n’est pas Broussel;
Et Broussel n’est pas Bruxelles.
Lorsque nous faisons les fous,
Cela se passe entre nous.

Ce n’est que vapeur de bile;
Mais si vous vous faites voir,
Adieu la Guerre Ciuile.

Tout ira vous receuoir.

Vous verrez confusément
Auancer vers la frontière
Vieux corps, nouueau Régiment,
Caualier, Porte Cochère,
Piquez d’vn iuste courroux.
Tout marchera contre vous,
Messieurs à la mine hâue;

Et d’vn auertin saisi,
Le courtaut qui fait le braue, »
Ira iusqu’à Iuuisi. '

Enfin, Espagnol douteux ,
Ne contez plus ces sornettes.
Qui les croit, entre nous deux,
A teste à porter sonnettes.
Ridicules capitans,

Nains qui faites les Titans,
Pleins de faiblesse et d’audace,
Bientost iusques à Madrid
Nous irons vous rendre grâce
Des secours qu’on nous offrit.

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Bandeau leue’ de dessus les yeux des Parisiens pour bien iuger des mouuemens présens et de la partie queux et tous les bons François y doiuent tenir [574] ‘ .

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Les Boys, pour auoir les mains bien longues, ne les ont pas moins fortes; surtout en France où les Suiets n’ont iamais présumé de pouuoir vaincre leur Maistre : ce nom de Roy, imprimant vne telle terreur, mesmes dans les esprits les plus audacieux, qu’il ne s’en est point trouué qui l’ayent osé directement choquer, mais seulement sous le prétexte d’vne réformation le plus souuent imaginaire, décriant d’ordinaire le gouuernement présent et amusant la populace de l’espérance d’vn meilleur et du bien public; Au lieu de quoy ces entreprises contre ceux qui gouuernent, se terminent tousiours à la ruine du peuple qui s’est laissé abuser à cette fausse apparence; bien loin d’apprendre ‘des exemples passez que ces réformateurs n’ont iamais tendu qu’à leurs fins particulières, qu’ils ont en définitive bien sceu distinguer des générales dont ils couurent leurs mécontentemens.

Il faut estre bien ieune, ignorer l’histoire ou auoir oublié ce que nous auons veu et apris (le nos pères, pour douter de cette vérité.

Aussi la Maiesté de nos Roys est elle l’image de la Di‘

‘ C’est encore une pièce sortie des presses de Saint-Germain.

vine : celuy qui attaque l’vne, se prend à l’aulre. Et comme il u’y a point de iuste cause de blasphémer Dieu, il n’y en a point de s’attaquer à la puissance Souueraine par luy ordonnée. Si l’on en permet la moindre ouuerture, la Royauté cesse de l’estre et demeure litigieuse entre ceux qui estoient Suiets et celuy quiestoit Roy, mais ne sont plus ny l’vn ny l’autre, puisque leur posisition. dépend de la décision de ce qu’on veut mettre en question pour sçauoir qui est celui qui en doit estre creu. Il n’y a point de remontrances, quelque humilité qu’elles puissent feindre, qui, lorsqu’on cesse d’obéir, ne soient des rébellions, non guères dissemblables des réuérences eque faisoient les.Iuifs au Sauueur du monde en le crucifiant. Les prières nous sontbien permises; mais si elles ne sont pas trouuées iustes, c’est impiété contre le Ciel, c’est attentat contre le Roy de se mutiner à Pencontre, et vouloir, à la mode du géant de la Métamorphose, employer la force pour contraindre à obéir celuy qui doit commander. Iamais, le dit Philippe de Comines, aucun .suiet ne s’est bien trouué d’auoir mesmes essayé de faire ;peur à son Maistre. .

Tout ce qui s’écarte tant soit peu de l’entière obéyssauce, ouure la porte la réuolte, dont la témérité fait marcher d’vn pas égal ses raisons auec celles du Souuerain; voire se donne tousiours l’auantage et fait perdre d’abord aussi aisément la bonne cause que Dauid perdit la sienne deuant son peuple déhanché par les caioleries d’Absalon; n’y ayant rien de plus aisé à suborner que

les affections d’vne populace à qui la domination pré- ‘

sente est tousiours odieuse. Mais le retour n’est iamais loin, comme il se voit en l’histoire de ce Roy, et entre tant d’autres, en celle de ce Royaume qui, malgré tous

ses factieux, se trouue en son premier estat depuis tant (le siècles.

Se dispenser icy de cette Loy, C’est rendre la condi- ‘

tion d’vn Roy de France, dont les prérogatiues surpassent celles de tous les autres Monarques du monde, inférieure à celle du moindre de ses Généraux d’armée, voire de ses Capitaines , aux ordres desquels vn Soldat n’oseroit résister ny réuoquer en doute sa puissance, et refuser Pobéissance au moindre officier qu’il aura estably sur luy et sur ses compagnons; sans parler de l’ÉgIise, laquelle ouuriroit la porte à toutes sortes d’hérésies, si elle donnoit la licence à chacun de résister à son Chef. Et ceux qui employent auiourd’huy le nom du Parlement pour faire tant de bruit, voudroyent ils qu’il fust permis à d’autres qu’à ceux de leurs Corps de donner des Arrests en la matière qui leur est commise, quelque iustice éuidente qui parust dans les griefs d’vne partie opposante à leur exécution, qui n’est pas mesmes empêchée par les requestes ciuiles qu’on leur présente? D’où vient donc qu’ils ne rendent pas au Roy en leur cause la iustice à laquelle ils veulent que tous les autres se tiennent?.

Mais posé que le pouuoir du Roy ne fut plus Souuerain, à quoy ne sçauroit consentir aucune âme, non seulement françoise, mais chrestienne, puisque nostre Seigneur et ses Apostres s’y sont eux mesmes assuiettis et nous ont enioint d’estre suiets aux puissances Souueraineæ, mais raisonnable puisque c’est le droit des gens qui ne se peut violer sans passer pour brutaux , si estce

que cette puissance de contrôler les Roys ne doit pas estre au premier occupant. Et ie ne voy pas de raison

pour que le Parlement de Paris, qui n’est qu"vn des

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