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C’est là qu’on voyoit des tableaux
D’hommes, de bestes et d’oyseaux,
Et que l’on voyoit en nature

Ce que l’on voyoit en peinture ,

Et ce qu’ailleurs on ne voit pas.
C’est là qu’on‘ a veu de gros chats,
Enfermez dans de belles cages,
Oublier leurs humeurs ‘sauuages.
C’est là qu’auec certains iettons
Qui valent Souuent dix testons,
On iouoit vaisselle et monnoye ,
L’vn estant triste, l’autre en ioye.
Ce détestable Cardinal,

Outre le festin et le bal ,

Priue Paris de ses délices,

Luy qui n’aime rien que les vices;
Si c’estoit vn graue Caton,
N’eust—il pas de barbe au menton ,
Mesmes s’il estoit vn peu sage ,
S’il estoit sçauant personnage ,

Ie souffrirois sans murmurer
L’affront qu’il me fait endurer.
Mais n’estant qu’vn sot, vn pagnote ,
N’ayant dans sa teste à calote
Que de la fumée et du vent,

Ie le trouue trop insolent.

Toutes fois, malgré sa malice,
Qui me rend vn mauvais office ,
Dans mon extresme ‘aflliction

I’ay cette consolation

Que mon ennemy le Caresme

De luy sera traité de mesme ,

Et qu’on ne l’obseruera pas

Non plus que moy dans les repas.
Ainsi se ioignant à la France

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Catéchisme des Partisans, ou Résolutions théolo i ues touchant Ïim osition, leuée et em loi g q P , P des finances, dressé par demandes et par réponses, pour plus grande facilité, parle R.

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Demande : Qvhasr-cn que le Roy?

Responce : Vous m’auriez fait plus de plaisir de me demander qu’est-ce que Dieu , puisqu’à l’imitation d’vn Ancien, après auoir pris du temps pour y respondre, ie serois quitte en auouant mon ignorance; car auiourd’huy la flaterie met la Royauté en vn tel point, l’Intérest, l’Ambition et l’Auarice s’en forment vne idée si estrange que, si Dieu venoit en terre , non plus dans la vie abiecte de Iésus Christ , mais dans l’esclat, la splendeur et la vertu d’vn de ses Séraphins, à peine trouueroit il place, non pas dans la maison du Roy, mais parmy les domestiques d’vn F auory.

D. Ie ne m’informe point quel peut estre le sentiment de ceux qui n’ont point,d’autre Dieu que leur intérest , ny d’autre Religion que la satisfaction de leurs sens. le

‘ L’auteur est le R. P. dom Pierre de Saint-Joseph, de Pordre des Feuillants. Après la paix de Saint-Germain, on a donné de cepamphlet une suite qui n’a ni 1c même sens, ni le même intérêt.

demande quel est le vostre et quel doit estre celuy d’vn véritable Chrestien.

R. Puisque vous le désirez ainsi et qu’il ne m’est pas permis de vous refuser, et que d’ailleurs dans les Catéchismes que nous dressons pour l’instruction des enfans dans les mystères de nostre créance, nous commençons par l’estre de Dieu, qui est le fondement de tout, en leur apprenant ce qu’il est, encore que nous sçachions par la foy que Dieu est incompréhensible , et que nous n’ayons point de noms ni de termes par lesquels nous le puissions parfaitement exprimer ny définir; de la mesme manière et par proportion pourtant, car il ne faut iamais faire de parallèle des hommes auec Dieu, ie diray que le Roy est l’image viuante de Dieu, le caractère sacré de sa maiesté, de sa grandeur, de son authorité et de son indépendance; le premier mobile sous cet Empire immuable qui par ses ordres donne le branle et le mouuement à tous les inférieurs; c’est le Souuerain visible sous le suprême inuisible pour la direction et l’exercice de sa prouidence et de la iustice temporelle sur les hommes sans autre dépendance que celle de Dieu; en vn mot c’est le premier rayon émané de ce Soleil Incréé, le premier ruisseau de cet Océan Infini, qui communique les lumières et les eaux pour la direction des corps et des biens de fortune et auquel en cette qualité nous sommes attachez après Dieu par plus de deuoirs qu’à aucune autre puissance temporelle.

D. Le Roy est il le maistre de la vie de ses subiects?

R. Ouy, mais non pas en la manière que l’entend la Politique de Machiauel, mais en celle que nous apprenons de l’Éuangile, c’est à dire qu’exerçant la iustice de Dieu sur les hommes, il a droit de leur oster la vie ou de la leur conseruer conformément aux lois de Dieu et non autrement, ou à celles qu’il a establies et qui ne dérogent point à celles de Dieu s’il ne veut pécher; car c’est vne chose qu’il faut bien obseruer, et qui sert comme de fondement aux responses qu’on doit faire à toutes les questions qui se peuuent proposer en ces matières : que les Roys ne sont pas d’eux mesmes absolus et indépendans; qu’il n’y a que Dieu qui possède cette perfection par soy mesme et de soy mesme; et qu’ils dépendent absolument de luy et ne peuuent rien au delà de ses lois ni de ses ordonnances, comme les Gouuerneurs des Prouinces sont obligés de suiure les ordres et les commandemens des Roys. Et c’est pour cette raison que, dans l’Ancien Testament, il estoit ordonné au Roy de prendre le liure de la Loy de la main du Prestre; et dans celuy de la Nouuelle Alliance on luy fait baiser le liure de l’Éuangile lorsqu’il assiste au sacrifice auguste du Corps de Iésus Christ, pour lui monstrer l’obligation qu’il a de suiure les ordres de Dieu et de l’Éuangile , et la protestation continuelle qu’il fait de les obseruer. Ainsi le droict de vie et de mort qu’a le Souuerain sur ses subiects, doit estre réglé par les règles diuines et infaillibles lorsqu’il s’agit ou de tirer vengeance des crimes ou de pardonner aux coupables. Et c’est sur ce fondement que Sainct Paul les propose comme redoutables, n’ayant pas inutilement le glaiue à la main; et que le. . Chancelier refuse de sceller les lettres de grâce lorsqu’il voit qu’elles ne sont pas dans l’ordre de la Iustice.

D. S’il y a des limites au pouuoir des Roys touchant la vie des hommes, y en a-t-il aussi en ce qui regarde leurs facultez? Le Roy n’est il pas le maistre de tous les biens de ses Subiects? N’a-t-il pas droict d’en disposer selon son plaisir, sans autre motif ny considération que sa seule volonté? En sorte que, quand il prendroit tout, il n’useroit que de son droit; et s’il en laisse quelque chose , c’est vne grâce et vne aumosne qu’il fait, de laquelle on lui a obligation et à laquelle il n’estoit point obligé.

R. Nullement. Ce sont des maximes impies, damnables et abominables qui ne sçauroient estre approuuées ni authorisées parmi les peuples les plus barbares et les plus desnaturez, et qui n’ont esté inuentées que depuis quelques années par des sangsues populaires, par des hommes de gourmandise, de luxure et d’auarice pour seruir de prétexte aux vols et aux violences qu’ils ont

faites à l’oppressionde tout‘ le monde, qui sont cause

des troubles et des mouuemens que nous voyons à nostre grand regret, et dont les sentimens auroient esté tous contraires s’ils auoient esté en estat d’estre pressés, au lieu que, non pas leur mérite, mais la fortune ou le mauuais Génie de la France les auoit mis en celu de mettre 4 . . Y les autres au pressoir afin d’en exprimer le sang, comme ils ont fait presque iusqu’à la dernière goutte. Il faut donc raisonner sur les biens de la mesme sorte et par proportion que sur les vies et mettre en tout et partout les lois de Dieu, de l’Éuangile et de la Charité, comme vn flambeau pour seruir de conduite afin d’esuiter les escueils et"les précipices qui se rencontrent dans les fonctions de la puissance Souueraine. 4 I). Eh quoy? le Roy n’a-t-il pas le pouuoir de mettre des impositions et des leuées sur ses Peuples? R. Ouy. Aussi ne sçauroit on tirer le contraire de ce que nous venons de dire où nous n’auons respondu qu’à la folie des impies qui, voulant tout mettre en la liberté

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