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S’est fait abréger d’vne lettre;
Et voyant que son nom en Rin
Rimoit encor à Mazarin ,

Dust il auoir vn nom Arabe,

Il retranche vne autre syllabe.
Vn chacun d’eux fuit ce trantran,
Hormis l’homme à l’Oruiétan ,
A cause qu’il est populaire ,

Et que sa drogue est nécessaire.
Mais pour Monsieur Particelli, '
Les sieurs Miletti, Torelli,

Aussi bien que toute la trouppe,
N’osent plus auoir I en crouppe;
Et, de peur d’estre criminel,
Torelli se nonnne Torel.

Vous en voyez de qui la mine,
Pour paroistre vn peu fourbe et fine,
Fait qu’ils passent pour estrangers;
Et pour éuiter tous dangers,

Ils disent qu’ils'sont de Prouence ,
Encore qu’ils soient de Florence,
Et quelquefois Siciliens;

Car baste pour Italiens.

C’est pour cela que ce bon homme ,
Qui monstroit la langue de Rome ,
Oudin, n’ose plus faire bruit‘ ; '

Et s’il l’enseigne, c’est de nuit.

‘Oudin est-il auteur de Mazarinades? Voici ce qu’on lit dans les Eutretiem burlesques de M‘ Guillaume, etc. [I247].

a N’en déplaise à ce romaniste
Dont le style est cent fois plus triste
Qu’vn bonnet sans coiffe de nuit,
Dont les écrits font peu de bruit,
Quoique vers la Samaritaine

On les voie aller par centaine. l)

Il cache son Dictionnaire,
Et met en terre sa Grammaire;
Et ceux qu’il enseignoit aussi
N’osent pas dire : Signer si.
Pourtant ce n’est rien que folie;
On n’en veut point à l’Italie;
Mais on confond l’Italien
Auecque le Sicilien.
Pour moy, ie ne fais pas de mesme;
Car, malgré ce péril extresme ,
Et deuant tout le genre humain ,
Fanoüe que ie suis Romain.
Ouy, je le, suis; et ie me picque
D’estre très parfait catholique ;
Mais quelque Romainque ie sois,
le sçay parler en bon François.
Plust au ciel, pauure Seigneur lule ,
Que n’eussiez point esté crédule
Aux conseils de certains esprits,
Et qu’eussiez fait, comme Yécris ,
C’est à dire auecque franchise.
Quoyque l’on fasse mine grise
Partout à vos rouges habits ,,

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u Vous seriez encor à Paris,

Dans la gloire et. dans. la puissance;
Au lieu que vous estes en transe ,
Et n’auez (peur du courre sus)

Que des sommes interrompus;
Attendant que l’on exécute

Cet Arrest qui vous met en butte
Au moindre homme qui l’aura beau.
Et 10m dira connue au Rondeau‘,

‘lu‘‘qûn‘ä‘ nu . ‘

‘ C’est le rondeau qui fut. fait après la mort de feu M. le cardinal de Richelieu : « Il est passé Péminent personnage, etc. » N. D. T.

I l est passe’ le personnage,

Sans qu’on aioute, c’est dommage;
Si ce n’est qu’vn cœur attendry
Vous voyant peut-estre meurdry,
Découuert et sans sépulture,
Puisse plaindre vostre auenture ,
Disant, quand vous serez passé,
Vn Requiescat in pace.

Pour moy i’en ferois danantage

Si vous auiez plié bagage,

Non pas vous souhaitant la paix;
Car vous ne Paimâtes iamais;
Mais, puisque vous aimez la guerre ,
Sitost que vous serez par terre ,

Ie veux supplier le Seigneur

De quitter, en vostre faueur,

Ses qualitez accoustumées

Pour celle de Dieu des Armées.
Soubs ce titre , ie vous prédis

De Pemploy dans le ‘Paradis.

Là, vous pourrez estre Ministre,
Si, par quelque accident sinistre ,
Où vous ne vous attendez pas,
Vous n’allez trauailler plus bas.

Ie ne vous en puis rien promettre.
Adieu, c’est trop pour vne lettre.
Ie suis vn modeste Frondeur

Qui me dis vostre seruiteur,

NICoLAS LE DRU.

A Paris, de Mars le neufiesme,
Qui n’eut ny Foire ny Caresme;
L’an que le Boy, le iour des Boys,
Partit pour la seconde fois,

Se retirant de cette ville

Pour sauuer l’homme de Sicile ,

Dont bien luy prit, et que Paris .
Fut assiégé sans estre pris.

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Non damna damnis, Bella non licet bellis,
Referre; pacem optare , pro dolis , præstat ,
Si Christianæ quid valet fides legis.

Ciet tnmultus , Iulius, vetans pacem;

Me optare mortem Iulio putas? Nolim.
Sedet tumnltus, et Quiescat in pace.

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Sommaire de la doctrine crvrieuse de) Cardinal Mazarin par lui déclarée en rvne lettre qu’il escrit à rvn sien Confident, pour se purger de lZ/{rrest du Parlement, et des Faicts dont il est accuse’.

Ensemble la response à icelle, par laquelle il est dissuade’ de se représenter au Parlement [3683] ‘ .

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AMY LECTEUR, Cette lettre du Cardinal Mazarin, qui contient vn abrégé de ses pernicieuses Maximes , m’estant tombée entre les mains, i’ay douté si ie deuois la

' C’est, (Paprès Naudé, un modèle des bonnes pièces.

donner .au public, de crainte que les simples ny trouuassent de quoy se surprendre par les faux appas de ce

' Ministre et la couleur de ses raisons. Mais après les

auoir bien considérées, et recogneu que , prises mesme auec le sens qu’il leur donne , elles font beaucoup plus pour sa condamnation qu’elles ne sont capables de le iustifier, i’ai crû que ie ne deuois priuer les curieux de la satisfaction qu’ils pourront auoir par la lecture de ces Maximes si extraordinaires, qui feront voir que ce n’est pas sans raison que ce Ministre tyran a attiré sur luy l’indignation de tous les gens de bien. Et néantmoins, comme il s’en trouue qui n’ont pas assez de lumière pour pénétrer sa malice à trauers des faux iours qu’il a donné à sa conduite, ie te promets (cher Lecteur), à mon premier loisir, la response à ces pernicieuses Maximes; par laquelle ie te feray voir qu’il ny a iamais eu de Tyran aussi inique qu’il aye pû estre, qui ait commencé ses oppressions sur des fondemens si dangereux que sont ceux que le Cardinal Mazarin establit pour raison de sa Doctrine; me réseruant encores de te descouurir pour lors les Maximes de sa Politique , qu’il appelle Secrette, lesquelles ie te reserue pour ce temps. Adieu Lecteur, et lis attentiuement.

Et premièrement la lettre dv Cardinal Mazarin à T. T. son Confident.

MONSIEUR, la conduite de mon entreprise n’ayant vn .succès si heureux, comme ie me l’estois promis, ie voids bien qu’il .me faut chercher vne autre voye, pour me restablir au rang que i’ay acquis dans le Royaume;

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