ページの画像
PDF

rendre le repos à ce Royaume que ie lui oste par ma présence ?

Resp. Que ie ne pourrois faire vn plus grand fpréiudice à l’authorité du Roy et de la Reine, et que ce seroit mesme prolonger les troubles du‘Royaume , parce que donnant cet aduantage aux peuples de m’esloigner pour leurs plaintes, ils ne manqneroient pas lorsqu’ils auroient conceu vne pareille indignation contre celuy qui me succéderoit, de susciter les mesmes émotions qu’ils ont fait en ce temps contre moy ; ce qui arriueroit indubitablement, puisqu’à ce qu’ils tesmoignent, ce n’est pas tant ma personne qu’il leur déplaist, que la façon de la

quelle ie conduis l’Estat; d’où vient que tous ceux qui '

sont auiourd’huy proche de leurs Maiestez et qui ne manqueront pas d’artifices pour s’y maintenir, estant nourris dans les mesmes maximes, il est impossible ‘que l’Estat change de conduite, et par conséquent que les suiets de plaintes pour les peuples cessent si l’on n’y apporte vn autre remède , et qu’il ne leur soit puissamment resisté; de sorte que pour le bien de l’Estat, i’ay iugé mon restablissement d’vne telle conséquence, que i’ai conseillé à la Reine de plustost hazarder la Couronne de son fils , que de ne pas tirer raison de l’iniure qui m’est faite, et de ne me restablir au rang que ie tenois dans le Royaume.

42. Int. Si l’entends prendre droict par les informations qui ont esté ou seront faites contre moy?

Resp. Que très-volontiers , pourueu qu’elles ne contiennent autres choses que les chefs sur lesquels on me vient d’interroger.

[ocr errors][merged small]

I’ay crû que la conséquence de ‘Paffaire que vous me faites l’honneur de me communiquer par celle que i’ay receue de vostre Éminence, désiroit vne plus prompte response que celle que vous ‘demandez de moy. C‘est le suiet pour lequel ie vous enuoye ce Courrier extraordinaire , pour vous mander mon sentiment, touchant la comparution que vous auez résolu de faire au Parlement, pour vous purger des calomnies que l’on vous impose, et vous dire auec liberté (puisque vous me tesmoignez le souhaitter ainsi) que vous deuez bien vous donner de garde de mettre votre dessein à exécution sur la confiance que vous auez de la iustice des Responses que vous auez dressées contre les Faicts dont on vous accuse; car combien que vostre Politique et Art de régner vous mettent à couuert de tout reproche, vous deuez néantmoins considérer que ceux deuant qui vous auez à vous représenter, ne cognoissent pas les maximes de Machiauel ny de Monsieur le Cardinal de Richelieu, non plus que celles que vous auez inuentées par vos artifices (puisque c’est vn des mots de l’art), pour règles de leurs iugemens, comme vous vous les estes proposez pour but et conduite de vos actions; de sorte que ie suis fasché de vous dire , Monseigneur, que le Parlement qui ne recognoist autre loy en ce Royaume, à l’égard de telle personne que ce puisse estre, que les Ordonnances Royaux, trouueroit en vos Responses, de la façon qu’elles sont conceues par votre Mémoire, plus de cent chefs pour prononcer vostre condamnation. C’est pourquoy, Mon

' , r v s i v se1 neur our ne as flatte o tre Ém nence en n rencontre où il importe de luy déclarer la vérité , ie serois d’aduis puisque vous me faites l’honneur de participer à vos conseils, que vous cherchiez vostre salut par ou a v u me roposez. e t t utre mo en ue celu ue o s I vous prie de receuoir ce sentiment de celuy qui ne s’est porté à vous le dire auec tant de liberté, que dans le dessein que i’ay de vous tesmoigner que ie suis

[merged small][merged small][merged small][graphic]

Lettre iouiale à Monsieur le Marquis de La Borvlaye, en rvers burlesques [2245]‘.

[ocr errors]

En ce mois de Mars bien nommé, Où Mars s’est si bien escrimé, A Paris, la plus rude escrime Est de la prose et de la rime. Mais si dans ce siècle peruers, Où tant de gens vont de trauers, La mienne ne choque personne, Elle est la seule qui pardonne; Car il n’est si peu médisant Qui n’ait à médire à présent. ' C’est, au jugement de Naudé, la cinquième entre les pièces dont on peut faire estime.

Mais trèue d’iniures : silence.

le veux louer vne excellence.

Ce titre vous est bien acquis
Autant que celuy de Marquis ,
Marquis dont le courrier raconte
Plus que d’aucun Baron ny Comte,
Et qui narguez les fanfarons,

Soit Marquis , Comtes ou Barons,
Marquis encor à meilleur titre
Sur vos terres qu’en mon Epistre ,
Qui ne croyriez pas vous tromper,
Vous changeant contre vn Duc et Pair,
Fleur de la valeur Poiteuine;

Qui par ce nom ne vous deuine ,
Il n’entend pas à demy mot

Et ne boit pas à vostre escot.
Pour vous la bonne renommée
Tout cet Hyuer s’est enrumée;
Et son mary, le bon renom,
S’enroue à chanter vostre nom;
A qui ie crieray de loin vine,

En attendant que ie vous suiue;
Vos coureurs vn peu trop ardens
Ont mis les miens dessus les dents.
Tandis qu’ils sont sur la litière,
La Muse a beau prendre carrière.
On vous proclame à haute voix
Le grand Gassion des connais ‘.
Ce titre vous est vn reproche;

Et cette comparaison cloche.

Aux conuois, sauf correction,
Vous n’estes point vn Gassion.

' Le mot est de Pabbé de Iæiffemas dans la Lettre à monsieur le Cardinal, ôurlesque, voyez plus haut.

Il prit mal le soin vous touche,
De courir sus aux conuois de bouche,
Quoy qu’il eust dans ses beaux exploits,
Comme vous, le cœur tout François.
Au viure, il eut l’âme Espagnole.

Il eust vescu d’vne brignolle;

D’où vient qu’il a bien escorté

Des conuois de sobriété :

D’armes, boulets, poudres et mesehe ,
De toute munition seiche.

Vous plus fin, sans comparaison,
Munissiez vostre garnison

De munition grosse et grasse

Et des beaux fruits de vostre chasse ,
De conuois pour le Mardy Gras ,

Que Gassion ne festoit pas.

Mal vit qui se réfectionne

De conuois à la Gassionne.

Donc vous nommer vn Gassion

Aux conuois de réfection,

C’est vous dégrader de vous mesme
Et nommer Mardy Gras Caresme.

Ce preux faisoit des prisonniers

Qui diminuoient ses greniers,

Et qui mangeant le pain de France,
A leurs vainqueurs faisoient despense.
Vous faites en grand mesnager

Des prisonniers bons à manger,

Qui ne mangent point, chose estrange, Parceqne d’emblée on les mange;

Et vous enleuez des quartiers

Qui sont des troupeaux tout entiers.
Si Gassion dans nostre armée

Ou dans nostre ville affamée

Eust esté le seul pouruoyeur,

« 前へ次へ »