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Sur des défauts mal obtenus

Et dires de nouueaux venus

De peu d’aage et d’expérience
Dans les matières de finance

Qui ne peuuent encor sçauoir
Combien il fait bon en auoir

A titre de pensionnaire

Ou bien en quelqu’autre manière;
Tant y a que nous soustenons
Que nos moyens d’appel sont bons ,
Et soit au fonds, soit en la forme
Y a vice en telle réforme :

En la forme, bas iusticiers

Ne sont iuges de financiers.

Or Parlement (c’est vostre grâce)
A seulement iustice basse;

Et si chastier il nous faut,

Ce doibt estre chambre d’en haut.
Au fond , voler prince et patrie
N’est pas vn crime qu’on chastie ;
On le souffre , pour faire court,
Aux Prouinces comme à la Cour;
Et loing de le punir en France ,
Au contraire on le récompense.
Encor d’autres moyens auons
Que, bien conseillez , réseruons,
Puisque celuicy l’on dédaigne,
Aux assises d’vn autre règne

Où connoistra postérité

Qu’en ce trop viste on a esté

Et qu’on fit Chambre de Iustice Pour manger nouueau pain d’espice Et non point pour aucuns subiects Utiles à prince et subiects,

Ainsy comme chacun conte

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Qui est pourtant vn grand méconte. Donc sur nostre appel droit faisant, Faut, Nos Seigneurs, dès à présent Déclarer cette belle bulle

Vitieuse, abusiue et nulle

Pour les cas touchés cydessus

Et bien d’autres qui. ne sont sceus; Du moins nous‘ donner surséances Ou plustost de bonnes deffenses , Faisant sur peine d’attentat Demeurer choses en estat.

Que si, par vn coup qui nous outre, Nonobstant l’appel, on passe outre, Sans nullement y déférer,

Afin de nous désespérer ,

Non plus que Requeste Ciuile,

De chicane dernier azyle ,.

Ou propositions d’erreur,

Voyes de droit et de douceur,

Du moins ayant esgard aux offres
Que faisons de vuider nos coffres
De la finance qu’auons pris,

Vertu de légions d’édits,

Plains de cire de mainte sorte

Mais non pas pourtant assez forte, Ayant, pour durer longuement, Besoin du sceau du Parlement,

Et de ces plumes souueraines

Qui rendent patentes certaines

Et sans quoy n’y a seureté
D’aduancer à sa Maiesté,

Donnez vne ordonnance prompte
Que parties viendront à compte.

Si deuons, voulons en ce cas

Payer comptant les reliquas;

Que Iustice qui nous lanterne,
Contre seule bourse décerne

Veniat ou prise de corps,

Si bien que corde en soit dehors.
Assez ce nous est dînfortune

De donner tout nostre pécune

Sans estre encor, comme Iobetz,
Pendans d’oreilles de gibetz.

Et vous, Nos Seigneurs des Enquestes,
Qui grondez comme des tempestes, l
Songez , sans ruer plus grands coups ,
Que sommes hommes connue vous;

Que vostre corps qui si haut clame ,
Cesse de chanter nostre gamme,
Suiuant Texemple du Seigneur

Qui ne veut la mort du pécheur.
Ayez compassion de toute

La famille de Maletoute.

Aucuns de vous bien piaffants

Ont Phonneur d’estre ses enfants.
Du ciel n’attirez la colère

En faisant mourir vostre mère;

Et, sans délibérer, sauuez

La vie à qui vous la deuez.

Pour vostre sang fermez la bouche; Et qu’autre intérest ne vous touche. Faisant ainsi, vous ferez bien;

Et mieux encor n’en faisant rien‘.

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Contract de mariage d'2) Parlement avec la rville de Paris [783] '.

(8 janvier I649.)

Av nom de Dieu le Créateur; A tous présens et à venir : Furent présens en leurs Augustes représentations, Illustre et sage Seigneur le Parlement de Paris, tant en son nom que stipulant pour l’Ordre , la Police et la lustice et pour toutes les Loix, Ordonnances, Coutumes, Pratiques et Maximes de la France, d’vne part ; et Puissante et bonne Dame la Ville de Paris , aussi tant en son nom que stipulante pour tous ses Bourgeois et Habitans dans l’enclos de ses Murailles , de ses Fauxbourgs et Banlieue , et généralement pour tous les bons François, d’autre : Lesquelles parties volontairement, en la présence et par l’induction de très hauts et puissants Princes et Princesses, le deuoir, l’amour, la raison et la nécessité , Reconnurent et confessèrent auoir fait entre Elles de bonne foy les Traicté, promesses et conuentions de Mariage et d’vnion qui ensuiuent : C’est à sçauoir que ledit Seigneur Parlement prend ladite Dame Ville (le Paris pour sa femme et légitime Espouse, comme pareillement ladite Dame prend ledit Seigneur Parlement de Paris pour son mary et légitime Espoux, pour estre lesdits Seigneur et Dame Parlement et Ville de Paris ioints et vnis perpétuellement et indissolublement, s’entr’aymer et s’entr’aydei’ cordialement et sincèrement; àcet effet seront lesdits Seigneur et Dame présens, Espoux et conioints vns et communs en tous leurs désirs, actions , passions et intérests généralement quelconques, suiuant le bien de l’Estat et la conseruation du Roy et du Royaume; au désir desquels le présent Mariage et vnion sera régi, et auquel apporteront leur consentement tous les autres Parlements de France, frères puisnez de celui de Paris, comme ils en sont conuiez et priez, et pareillement toutes les autres Villes de France, sœurs puisnées de celle de Paris, qui en sont aussi conuiées et priées , et entreront tous , s’il leur plaist , en la présente alliance pour le bien vniversel du Royaume et à la gloire de Dieu.

' Naudé classe ce pamphlet parmi les pièces soutenues et raisonnées . Mazarin croyait que le coadjuteur (cardinal de Retz) y avait eu quelque part. On trouvera plus loin une réponse au Contract de mariage dans le Bundeau levé de dessus Iesfreuæ des Parisiens, etc.

Se prennent l’vn fautre desdits Seigneur et Dame présents Espoux et conioints auec tous leurs droits, noms, raisons et actions, deuoirs et obligations qui leur peuuent compéter et appartenir, toucher et regarder, généralement quelconques et spécialement aux chargeset conditions qui ensuiuent :

Que Dieu sera tousiours seruy et honoré, craint et aymé, comme il se doit;

Que les Athées , impies , libertins et sacriléges seront punis exemplairement et exterminez incessamment;

Que les vices, les. péchez et les scandales seront corrigez autant qu’il se pourra; . .

Que la Religion sera maintenue et deffendue iusques au dernier soupir de la vie;

Que le bien de l’Estat et la conseruation du Roy et du Royaume seront tousiours soigneusement embrassez et pourchassez ;

Que le soulagement du pauure peuple sera de mesme procuré autant qu’il sera possible ;

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