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Monsieur le Comte de More‘ demande qu’on reuoie le procès du Mareschal de Marillac, oncle de sa femme; qu’on lui donne le Gouuernement de Verdun, la Lieutenance de Roy des trois Éueschés et deux cent mille liures qu’il dit luy estre deus.

Monsieur le Marquis d’Allui’ demande qu’à cause qu’il a eu dans sa Maison cent mille liures de reuenu en bénéfices de toute ancienneté, qu’on oste le Gouuernement de Foix à Monsieur de Treuille pour le luy donner, ou qu’on luy accorde la suruiuance de la Charge du Marquis de Sourdis, son père, à Orléans.

Monsieur le Marquis de Cugnac demande qu’on lui rende son régiment et qu’on le paie de tous les arrérages de ses pensions.

Monsieur de Mata demande sept mille escus pour les arrérages de sa pension.

Monsieur le Cheualier de Bruges demande de commander le régiment de caualerie de la Reyne et qu’on lui paie toutes ses pensions.

.‘ C’est contre lui que le prince de Condé a fait le triolet : « C’est un tigre affamé de sang, etc. n ; et Bachaumont ces deux : « Je suis d’anis (le batailler, etc. Buffle à manches de velours, etc. n Triolets deSaint-Germain [3835]. On lui attribue , en collaboration avec le président de Lougueil, les Articles accorde‘s entre [Messieurs le Cardinal Mazarin, le Garde des sceau: Chaleaune‘tf, etc. [:502].

’ Il était de la cabale du duc de Beaufort. Saint-Julien lui a dédié le Courrier burlesque de la guerre de Paris, etc., qu’on trouvera plus loin.

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Manuel du bon citoyen ou Bouclier de de’ ‘anse légitime contre les assauts de Ïennemi [24o6]‘.

(29. mars i649.)

Ie sçay bon gré à nos Prédicateurs de ne s’estre point encore ingérez d’animer le peuple à la iuste guerre où il s’est embarqué de lui mesme par vne légitime défensiue. Et de vérité il ne faloit pas de consultation ni d’exl1ortation, où il n’y auoit pas de doute. On me veut oster le pain et la vie; ie la conserue; ie la défends : cela est na

turel. Les hommes et les bestes sont en possession de ce

droict; il est escrit dans le cœur de tous les animaux auparauaut le Décalogue et la Loi des douze Tables. Mais parcequ’il y a des esprits dénaturez qui voudroient étouffer la lumière de cette vérité, et qui se sont iettez dans vn abbrutissement pire que celui de Nabuchodonosor, par l’auersion qu’ils ont de Dieu et de toute humanité, ilfaut empescher que leur contagion et leur exemple n’en attire d’autres qui ne sont pas encore totalement corrompus. Car par malheur nous sommes d’vne légère et inconstante nation, qui fait toutes choses par mode et par singerie, sans considérer ce qui est utile, ce qui est honneste et conuenable. Patience, si cet abus se ter

' Guy Patin veut que ce pamphlet soit réputé un des meilleurs. Naudé le classe parmi les pièces soutenues et raisonnécs. Il loue surtout Pauteur (t de rÿauancer rien qui ne soit véritable. n Mailly au contraire signale le Manuel comme le plus affreux de tous les libelles.

Il y en a une suite qui est intitulée : Épilogue ou Dernier appareil du bon citoyen sur les nzisères publiques [1264]; mais comme elle n’est qu’un développement et une exagération des doctrine du pamphlétaire, je n’ai pas cru qu’il fût nécessaire de la donner.

minoit aux habits et s’il n’auoit lieu que parmy la ieunesse de l’Académie ou du Régiment des Gardes; mais bien nos vieillards mesmes, auxquels il siéroit de se tenir aux mœurs anciennes, se laissent emporter au torrent du temps présent , et changent leurs glands et leurs cordons de chapeau à l’appétit et à la mode des ieunes gens. Vu Barbier, vn Tailleur, vn maistre à danser vnpeu entreprenans et inuenlifs vont changer toute la face de la Cour en moins de huict iours, aussi facilement que Bellerose‘ fera la Scène de son Théâtre. Depuis trois iours les femmes ont pris les manches de nos chemises; il se trouuera bientost quelque efféminé qui prendra celles des femmes; et à l’instant tous les gentils en feront de mesme. Ces choses semblent de peu d’importance; mais elles font conséquence et argument pour les plus grandes. Vn Blasphémateur du Marais du Temple ou de chez la B. . .. n’a pas plustost inuenté vn nouueau reniement, qu’il se communique par tous les Berlands de la Ville et du fauxbourg Sainct Germain et retentit en la bouche de tous les laquais. Les bons compagnons en partent huict iours plus tost pour en faire part dans les Prouinces. Il n’y a qu’en France que cet abominable abus se pratique. Car en quel autre endroit de la terre est-il sorty de la bouche d’vn homme ce vilain refrain de débauche : Pour moy, par raison, le butte à deuenil‘ besle brune? Cependant nous l’auons entendu chanter, et auons veu des Spirituelles qui trouuoient que c’estoit vne belle rencontre. Quel aueuglement et quelle fureur? Comme aussi de vouloir introduire parmy nous des abominations qui ne sont point du crû (le nos Prouinces, qui sont contre le goust

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et le gré de nos tempéramens, ct qui ne nous appartiennent non plus que les flammes du Mont Ætna à celui de Montmartre? Cependant pour complaire à quelque coryphée de volupté déprauée, nous voyons que de vilaines gens s’entretiendront de ces saletez et en feront suiet de vanité, qui d’ailleurs n’en ont pas mesme la tentation; ce qui ne vient que de cette conformité et mode maudite, par laquelle nous adhérons aux mauuais exemples. Dieu Souuerain, quelle grande reformation vous feriez dans cet Éstat, si vous luy vouliez donner vn bon Roy? Nous Ifaurions point affaire de Prédicateurs ny de Pasteurs; nous pourrions fermer le liure de vos Escritures et de vostre Euangile; nous nous sanctifierions sur le modèle et le patron d’vn pieux et sage Prince. Donnezsle-nous tel, ô grand Dieu! esleuez cettuy-cy dans la discipline de vostre Loy; inspirez-luy la pitié et la iustice, et ne souffrez pas qu’il prenne le mauuais air d’vne pernicieuse éducation; chassez de bonne heure ce malheureux Démon qui possède sa Cour et sa personne; nous vous en prions au nom de nostre Seigneur Iésus Christ, vostre fils, et y ioignons les vœux (le tout ce grand Royaume. Après auoir mis Dieu de nostre costé par vne humble, feruente et confiante inuocation, essayons de ramener et de conuertir ces consciences confisquées qui s’opposent au bien public, et qui ont renoncé à l’humanité, et qui, par vne orgueilleuse opiuiastreté nous veulent asseruir et assuiettir contre l’espérance de liberté que la Prouidence nous promet. Mais est-il donc possible qu’il y aye des hommes qui veuillent estre esclaues de leur consentement? Régulièrement il n’y en doit point auoir; il y en a néantmoins; et nous auons veu dans les Loix Romaines que des hommes libres se sont vendus et rendus esclaues à prix d’argent; encore auiourd’huy nous en voyons qui s’obligent dans les Galères aux suiétions de la peine et de la seruitude. Bien dauantage; il s’est trouué vn homme dans l’armée du comte Maurice, pendant le dernier siège de Reinbergue, lequel, moyennant vne somme de cent escus, s’offrit à estre pendu pour vn autre sur lequel le sort d’vne décimation estoit tombé. Son dessein estoit de laisser cette somme à sa femme ou à ses enfans, ne se voyant pas en estat de leur laisser rien du tout lorsqu’il mourroit, ou par maladie, ou par la fortune des armes. Ces pensées là sont horribles et monstrueuses; mais enfin il y a des testes assez creuses pour les former; et il se trouue des hommes qui ont dépouillé l’humanité : des Timons, des Lycantropes, desquels on ne doit attendre ny religion vers Dieu, ny piété pour la patrie. Leur Dieu, c’est leur auarice; et cette auarice est la Métropole et l’Arsenal de tous les maux et de tous les crimes. C’est cette auarice qui a fait les flatteurs et les donneurs d’aduis; c’est elle qui a fait les Maletostiers, les Fuseliers et les Intendans. Courons à cor et à cry cette monstrueuse beste, qui est pire que les Allemands et les Polaques, et plus pernicieuse à cet Estat que le Mazarin mesme. Elle est seule capable d’occuper toutes nos forces; tant elle est terrible, tant elle est opiniastre et acharnée! et ie ne sçay si l'armée de Paris et celle de hlonsieur de Longueuille seront suffisantes pour la mettre à la raison. Voicy néantmoins deux adnis que ie tiens indubitables, si on les veut exécuter de bonne foy. C’est vne séuère Chambre de Iustice contre les Maletostiers, leurs fauteurs et adhérans, et vne Loy sumptuaire. Par la Chambre de Iustice on fera répétition et réparation de tous les larrecins du passé;

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