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mépris et vne horreuttsecrette qui produira en temps et lieu des effets plus estranges que vous ne pensez pas. N’est-ce point vne punition visible de Dieu sur les désordres de vostre vie et les impiétés sacriléges dont vous estes coupable, qu’ayant pu estre arbitre, à vostre retour de Flandre’, des différends du Parlement et du Ministériat, ayant pu décider‘ glorieusement vne querelle si importante par l’authorité que le succez de vos armes vous auoit acquise dans les esprits des vns et des. autres, vous auez par vn aueuglement prodigieux choisi le plus mauuais party, et au lieu d’aspirer à la gloire du libérateur de la France, au lieu de vous maintenir dans l’amour du Peuple en procurant quelque addoucissement à leur misère, vous auez protégé vn Estranger, seruy d’instrument à sa vengeance et entrepris de ruyner vostre patrie, si Dieu n’eust dissipé par sa prouidence la rage et la fureur de vos Conseils. Mais prenez garde qu’il n’exerce encor sur vous des chastimens plus rigoureux. Le temps viendra sans doute que vous aurez besoin de réclamer la protection du Parlement que vous auez voulu opprimer; et le premier Fauory nous vengera des maux et des cruautez que vous auez causées’. Ce sera lorsque vous implorerez en vain l’ordonnance de la seureté publique que vous auez violée’; et le Peuple innocent que vous auez voulu faire périr par la faim, se rira de vostre disgrâce et escoutera auec ioye ou tout au moins avec in

’ Le Politique du temps touchant ce qui s’est passé depuis le 26 aoüt 1648, etc. [2812] a été écrit justement pour prouver que le prince de Condé avait en effet joué ce rôle d’arbitre à la satisfaction et pour l’avantage de tous.

" On sait que ce temps commença en effet le l8 janvier i650. La prédiction de Portail est assurément fort remarquable.

' L’ordonnance du 22 octobre i648.

différence la nouuelle de vostre prison et le traitement rigoureux que l’on vous fera ressentir.

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Sollicité d’vn mouuement
Qui depuis peu très viuement
Pique ma verue et me conuie
De contenter vn peu l’enuie
D’vn imprimeur de mes amis
Qu’vn destin fauorable a mis
Du nombre de ceux qui se moquent
Des faux confrères qui les choquent ,
Et qu’on a grandement loué
N’auoir nom d’autheurs aduoué,
Quoique défense très expresse
De ne rien mettre sous la presse -
Qui des affaires de ce temps
Fust au lecteur vn passe temps,
Ie veux d’vn style magnifique
De tout le Corps typographique
‘Chanter la persécution ,
Pour mettre en exécution
La burlesque et folle promesse
Que ce matin après la messe
Auec trois sermens de rimeur
I’ay faite à ce rare imprimeur,
Qui m’a sans aucun artifice
Tracé le plan de Pédifice.
Muse que semble posséder
Scarron à qui ie voy céder

Tous ceux dont la philosophie
Auiourd’huy se burlesquefie,
Guidant ma main et mon crayon, ‘
Fay briller vn petit rayon

De ce feu sainct et poétique

Qui fait dans vn corps tout étique
Danser, comme Balzac escrit ,

La sarabande à son esprit.

Dy moy, pour despeindre vn ouurage,
Fatal au plus ferme courage,

Quel grand subiect eut le pouuoir
De le former et d’émouuoir

Dans le pays latin vn trouble

Qui de nuict en nuict se redouble,
Et faire enleuer dans Paris,

Non les femmes à leurs maris

Par des Mazarinistes infâmes,

Mais bien les maris à leurs femmes; Tesmoin nostre charmant Courrierl Qui, gissant partout sans fourrier, Très rarement chargé de baye, Pendant la fuite de La Hayez

Pour diuertir (foy de rimeur)

La femme de son imprimeur,

Tout seul, manque d’autre sequelle, Passoit doucement auec elle

Loin de la lumière et du bruict

Vne bonne partie de la nuict;
Pentends, quoi que croire on en veuille,

* Le Courrier fivznçois, etc. [830], en prose. 9 Rollin de La Haye, rue d’Ecosse près le Puits-Certain. Il a imprimé les douze numéros du Courrier et même le Courrier extraordinaire appar

' tant les nouuelle: de la réception de messieurs les gens du roi ù saint- Ger

main en Laye, etc. [827]. Je n’ai pas pu savoir à quelle occasion il a été contraint de se soustraire par la fuite aux poursuites de la justice.

Non en personne mais en feuille,
Couchant, dit-on, non dans le lict,
(Car là iamais elle ne lict),

Mais par vn sort insupportable

Sur vn banc auprès de la table ,
Où mille fois multiplié ,

Encore humide et non plié ,
Comme vn bon soldat sur la dure,
Puisque sa maistresse l’endure,
Iusquïi l'aurore le galand
Attendoit maint et maint chaland;
Dy moy, dis-ie, Muse folastre
Dont mon esprit est idolastre,
Pour quel crime et pour quel délict
On alla prendre dans le lict ,

Sans respect de sa barbe blanche,
Ce pauure diable de l’Eclanche ‘,
Ce charmant vieux fou de Boulin
Qui mieux qu’asne rime à moulin,
Chère Muse, enfin ce bonhomme
Que Laurent Prends ton verre on nomme.
Lorsque, l’orage ayant creué,
Nostre Boy nous fut enleué,

A peine eusmes nous veu la perte
Que nous en auons tous soufferte,
Que par vn iuste mouuement,
Que causoit son enlèuement,

Vne démangeaison d’escrire,
Prenant aux doigts de la Satire,
Mit au vent, dit-on, dans Paris
Tant de plumes et tant d’escrits

A Muse pauure et mercenaire

' Apparemment l’EcIanche , Boulin et Laurent Prends tan verre étaient

des crieurs , des colporteurs; car je ne les vois point sur ma liste des imprimeurs et libraires.

Qu’vsant du prouerbe ordinaire,
On pouuoit dire comme on dit
Qu’ils auoient pissé tous au lit.

A moins qu’on ne fust insensible,
Il estoit alors impossible
D’entendre partout sans frémir
Mille et mille presses gémir

Non de la peine coustumière
Qu’elles ont de mettre en lumière,
Depuis le soir iusqu’au matin,
François , hébreu, grec et latin,
Non, dis-ie, ‘si dire ie Pose,

De leur trauail, mais de sa cause,
Estant mille fois en effect

La cause pire que l’effect,
Puisquenfin elle n’estoit autre

Qne leur infortune et la nostre;
Grâce aux bons et mauuais autheurs
Mille offices de colporteurs,

Tous de création nouuelle,

Faire braire à pleine ceruelle

Et d’vn stentorique gosier,

Chargés de boutiques d’osier,

Dans vne publique disette

Cent et cent marchands de gazette. Sages députés de Rouen

Qui fistes, et non sans Hahen,

A Sainct Germain tant de vacarme
Pour n’auoir vn, non sans allarme,
Croistre vostre grand Parlement
Que de la moitié seulement,

Et vous faisant tenir à quatre ,
Pour en faire vn peu trop rabattre,
Auez peut-estre non sans fruit

Si iustement fait tant de bruit,

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