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Qu’eussie7.-vous fait si vostre nombre
Qui n’estoit à peine qu’vne ombre
De cil des porte-rogatons,

L’eust esgalé, sages Catons?

Vieux et nouueaux dans leur office ,
Tous à la fois en exercice,

Crioient comme fous, l’vn : Voicy
Des maux de France le récy;
L’autre entonnoit d’vn son grotesque
La Lettre au Cardinal burlesque ‘;
Bref pour mille autres pièces tous
Couroient les rues comme des fous.
Tant que dans vn subiect de larmes
Dura l’insolence des armes,
Quoique ne pouuant Yendurer,
Nostre Parlement vit durer

Celle des plumes occupées

Abattre , autant ou plus qu’espées,
Chacune, par décret du ciel,
Versant autant d’encre que de fiel;
Et maint autheur de bonne grâce ,
Sur le papier faisant main basse ,
Donnoit et de taille et d’estoc,

Et tousiours ferme comme vn roc, .
Ne laschoit pied que sa furie

Ne fondist dans l’imprimerie;

Mais lorsque sans empeschement
D’vn salutaire abouchement
Paris vit naistre Yespérance
D’vne fourée conférence ,
On commença de réprimer
Cette licence d’imprimer ’.

' Lettre à M. le cardinal burlesque : elle est plus haut. ’ On avait commencé auparavant; car il y a, sous la date du 25 janvier,

Lieutenant ciuil et Commissaires,

A espionné bien leurs affaires;
Pour empescher de barbouiller,
Chez les imprimeurs vont fouiller
De nuict par cruauté extresme
Iusqu’au fond de la caue mesme.
Ce fut donc enuiron ce temps *
Que nous eusmes le passe temps

De voir, ainsi qu’on le remarque,
Sortir au iour sans nom ni marque
De la presse de Variquet,

De Preuetay, Sara et Cottinet,

Qui ne se vend et ne s’achète
Qu’entre chien et loup en cachette ,
De satyriques ouurages en vers ,
Iouxte sur exemplaires d’Anuers.
Mais puisque l’imprimeur me presse
De fournir le mien à sa presse,

Ie fais iudicieusement

Sa fin de son commencement,

Amy lecteur, et te proteste

Que tu verras bientost le reste.

un Arrêt de la cour de parlement portant defeuses , à tous imprimeur: et colporteun, d’imprimer et exposer en vente aucun auurage, etc. ‘:2321.

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Reqveste présentée à zl/Iolzseigneur le Prince par les vignerons de son gouuernement de Bour

gogrne, en rvers burlesques [:3501]. (3 juin i649.)

Vous supplient très humblement
Ceux de vostre Gouuernement
Dont la main façonne la vigne,
D’auoir audience bénigne.

La grandeur que vous possédez,
Fait que si vous nous accordez
De parler auec hardiesse,

Nous vous appellerons Altesse

Et tous les autres plus beaux mots
Qui peuuent rehausser vn los;
DISANS que toute nostre troupe
Qui ne met de Peau qu’en sa soupe,
Honoroit vostre géniteur,

Qui l’aymoit aussi de bon cœur,
Puisqu’il chinquoit à tasse pleine ,
A longs traits et perte d’haleine,
Dedans Paris et dans Dijon ,
Nostre vin qu’il trouuoit si bon;
Que depuis la meschante guerre
Que le Diable mit sur la terre

Le matin d’après le Roy Izoit,
Aucun batelier on ne voit

Rainer pour Paris sur Yonne,
Afin de luy vendre la tonne

De nos vins plus délicieux

Et rapporter des escus vieux.

Que Bacchus, fasché contre vous,
Nous fait ietter à vos genous;
Qu’il dit que iamais vostre père
Contre luy ne fut en colère;

Qu’il n’empeschoit point ses bateaux
De porter ylà ses tonneaux ,

Ny mesme sa douce moutarde
Dont le Badault se papelarde
Alors qu’il mange, le matin,

De la saulcice ou du boudin,

Ou bien quelque fameuse andouille,
Faisant la nique à la patrouille;
Et de plus il estoit tant bon

D’y porter du bois et charbon....
o o . o o o o o o o . o - o d o
Qu’aussy nostre main libérale
Dessous Pautorité Royale

Luy payoit tousiours promptement
Son plat et son appointement;
Que ce prince estoit politique;
Qu’il sçauoit mesme la pratique;
Qu’il estimoit les Parlemens;

Qu’il calmoit les soulèuemens;
Qu’il estoit déuot à l’Esglis'e

Où Sainct Pierre a sa chaire mise;-
Qu’il aymoit les religieux

Et faisoit des actes pieux;

Qu’il ne vnidoit point leur besace;
Qu’il aymoit la dame Fricace

Qui faisoit bien les saupicquets;
Qu’il haïssoit les affiquets

Et toutes les femmes infâmes;
Qu’il prisoit les honnestes dames;
Que , sans iurer le nom de Dieu,
Il iuroit seulement Mebieu;

Qu’il payoit tousiours le salaire
De monsieur son apothicaire,
Estant encor sur le bassin ,

Aussi bien que son médecin;
Qu’en son temps on voyoit nos filles,
Belles, honnestes et gentilles ,
Danser sous Forme à petits bonds
Ainsi que de petits moutons;

Que nos gars plus remplis d’audace
Se faisoient souuent la grimace,
Estans l’vn de l’autre ialoux

Qui seroit plustost leur époux;
Qu’ils estoient en bonne posture
Auec beaux gants, belle ceinture,
Auec du volet au chapeau .

?Et des toufets au renouueau;

Que la fluste alloit en cadence;
Que si dans ou dehors la danse
Quelqu’vn vouloit de son grouin
Choquer le muzeau de Catin ,
L’ayeul y prenoit bientost garde ,
Encore mieux la mère moucharde
‘Qui les contenoit dans l’honneur;
IL vous PLAISE, braue Seigneur,
Remettre la France en honneur
Et dans Paris, la grande ville ,
Ramener nostre Roy pupille ,

Sa mère Régente et la Cour....
D’oster l’impost et le péage

Qui ne sont de l’ancien vsage;

De prier Dieu soir et matin;

Ne point hanter le libertin;
Garder la loi que Dieu nous donne;
Honorer la triple Couronne;

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