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Adieu , maistre des Triuelins.
Adieu , grand faiseur de machines.
Adieu, cause de nos ruines.
Adieu, grand remueur de glands.
Adieu, le plus beau des galands.
Adieu , beuueur de limonades.
Adieu , l’inuenteur de pommades ‘.
Adieu , l’homme aux bonnes senteurs.
Adieu, l’ami des sénateurs.
Adieu, l’abbé à vingt chapitres.
Adieu, seigneur à mille titres.
Adieu , des Ministres le chef.
Adieu, gouvernail de la nef.
Adieu, timon de ma brouette.
Adieu , ma plaisante chouette.
Adieu , grand inuenteur du hoc.
Adieu , frère iadis d’vn froc’.
Adieu, la moustache collée.
Adieu , braue teste pelée.

Adieu, Calotte. Adieu, Bonnet.
Adieu, pièce de cabinet.

Adieu, bastisseur d’escuries.
Adieu , l’esprit à fourberies.
Adieu, gentil Sicilien.

Adieu , phorphante Italien.
Adieu, qui ne veux estre éuesque.
Adieu, l’homme à bibliothèque.
Adieu , tout, si ce n’est pédant.
Adieu donc, supresme Intendant
De l’éducation royale.

Adieu, teste à nulle autre égale.

‘ Voyez la Lettre d’un religieux envoyée à monseigneur le prince de Coudé, etc.

’ Michel Mazarini, cardinal de Sainte-Cécile, archevêque de Lyon, avait été jacobin.

.....æ.........

Vraiment c’est bien vous faire grâce
Que de vous laisser quelque place ,
Permettant qu’en autre pays

Vous disposiez de nos Louys.

J’ai souuent ce mot à la bouche;
Mais c’est leur perte qui me touche.
Pardounez-le-moi , s’il vous plaist;
Et, sans iazer, venons au fait.

Ne serez-vous pas bien à plaindre,
Lorsque, n’ayant plus rien à craindre,
Dans quelque lieu de seureté ,

Vous viurez dans la volupté

Et ferez de belles despenses

Soit en parfums, soit en essences,
Sans enuieux et sans ialoux,
Tenant singes sur vos genoux?

Car icy tousiours quelque affaire

De vos plaisirs vous vient distraire.
’l‘ousiours courrier dessus courrier
Vous prie de l’expédier.

Quelque rencontre, quelque attaque,
Quelque bénéfice qui vaque ,
Quelque aduis par vos espions

Des estrangères nations,

Quelque partie casuelle

Vous tiennent tousiours en ceruelle; Et tenant cartes ou cornet,

Vous font entrer au cabinet.

Mais, direz-vous, i’aime la France; Et les grands soins de la Régence Me diuertissent seulement;

Car la Cour est mon élément.

Il est bien doux de voir des princes
Et des gouuerueurs de prouinces ,

Des ducs et pairs, des mareschaux
Louer mon hostel à chenaux

Et dire que mon Éminence

Sçait mieux iouer qu’homme de France.
le l’auoue : c’est grand plaisir;
Mais parlons vn peu à loisir.
Respondez-moi, Messire Iule,

Qui passez pour parent d’Iule ,
Parce que nous sommes tous venus,
Nous et luy, de dame Vénus,

Si cette gloire vous agrée

D’auoir l’autorité sacrée ,

Quoique vous ne le soyez pas ‘,
Que regarder de haut en bas,
Nous commander à la baguette
Soit ce que vostre cœur souhaite ,
Donnant pensions et breuets
Iusqu’au moindre de vos laquais,
Ce n’est vn ergo nécessaire
Qu’aussi cela nous doiue plaire;

Et c’est assez qu’en bons François
Nous obéyssions à nos Rois;

Car enfin nous sommes trop braues
Pour deuoir estre vos esclaues.

Si vous vous fassiez contenté

De quelque médiocrité,

Si, sans usurper la couronne

Ou du moins le droit qu’elle donne,
Vous eussiez, en homme d’Estat,
Serui nostre bon potentat,

Vos défauts et vostre naissance
N’eussent pas tant choqué la France;

‘ L’auteur de la Lettre à monsieur le Cardinal, burlesque, dit z

Quoy que ne soyez in sacris,
N’ayant ordres donnez ny pris.

Et d’vn accès de charité

Elle eust encor patienté;

Mais à présent , mon cher Compère,
Vostre départ est nécessaire;

Car il est certain que Paris

V11 jour reuerra son Louys,

Que vous n’auez pas espérance

De transporter hors de la France,
Ainsy que le rouge métal

Pour vous fort bien , pour nous fort mal.
Or le Roy reuenant en ville,

Ie vous crois homme trop habile ,
Et pourtant ne l’estes pas trop , i
Pour y reuenir au galop,

Au trot, au pas ou d’autre sorte;
Car eussiez-vous meilleure escorte
Que n’auiez dans vn autre temps
Allant au palais d’Orléans ,

Ie vous iure par ce Burlesque
Qu’vne meschante soldatesque
Iure tous les iours par sa foy

De vous couper ie ne sais quoy
Qu’on coupa iadis à vn autre
Dans vn pays fort voisin du vostre
Et qui mesme estoit, ce dit-on ,
Vn peu de meilleure maison.

Les femmes sont encore en vie
Qui de vous traitter ont enuie
Comme Conchino Conchini,

Iuste rime à Mazarini.

C’est ponrquoy, si vous estes sage,
Allez faire vn petit voyage
Iusqu’au climat sicilien ,

Si mieux n’aimez l’italien

Que deuez aimer dauantage;

Car il me souuient d’vn passage
Qui dit que le cœur et l’argent
Vont tousiours ensemble logeant.
Vous respondrez qu’auez en France
Encor beaucoup plus de cheuance ,
Que derechef Partis et Prests
Doiuent grossir vos intérests;

Mais c’est iustement Yencloueure;
Et c’est pour vous à la malheure
Que , pour empescher tels desseins,
Paris en veut venir aux mains.

On crira tousiours : guerre! guerre!
Si vous ne quittez cette terre;

Et nous serions soudain d’accord
Si vous estiez absent ou mort.
Ainsy donc par vos limonades ,

Par vos excellentes pommades ,

Par la bonne odeur de vos gands, Par le mouuement de vos glands, Par vostre petite calote,

Par vostre teste vn peu falote,

Par les singes que tant aimez

Qui comme vous sont parfumez,
Par les belles Mazarinettes ,

Par toutes les marrionnettes,

Par la robe des Théatins,

Par les grands Manes Iacobins ,

Par Beautru, par Tubeuf, par Lopes‘,
Par les masses et par les topes ,
Par point, sequence et par fredon,
Par tout ce que vous trouuez bon ,

' Guillaume Bautru, un des courtisans du cardinal; Charles Tubeuf, président à mortier au parlement de Paris; Lopès, marchand portugais, qui avait été fort avant dans la faveur de Richelieu, et que IlrIazarin recevait familièrement. On peut voir son Historien‘: dans Tallemant des Réal".

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