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» d’être, dès qu’il tomberait à cet égard dans le » moindre relâchement. » ' ‘ Cela dit, M. le premier président leur pro— nonça l’arrêté de l’assemblée partant : « Que, » sans avoir égard à l’opposition des maîtres , et » les nouvelles lettres et les nouveaux statuts se— » raient registrés au greffe de la cour pour être » exécutés et'l’Académie jouir de leur effet selon » leur forme et teneur. D A la charge toutefois de deux légères modifications ou limitations dont l‘objet sera expliqué ci—après.

5 Une réussite si pleine et si parfaite combla les députés de la plus sensible satisfaction. Ils s’en entrefélicitèrent avec des transports de joie qui seraient difficiles à exprimer. De retour à Paris, ils communiquèrent ce même sentiment à tout le corps académique . La nouvelle restauration y était considérée comme un événement aussi favorable et même plus glorieux que celui de sa création primitive. Sa consommation définitive par un ar— rêt contradictoire y forma en conséquence un su— jet de triomphe d’autant plus complet et plus agréable, qu’elle rédimoit l’Académie, et sans re— tour, des fatigantes vexations de ses anciens per— sécuteurs , qu’elle élevoit entre elle et eux un mur d‘étemelle séparation, et qu’elle la rendait ainsi à elle—même et à tout son amour pour l’honneur etla bonne culture des beaux—arts.

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Tous les cœurs en même temps volèrent vers M. Le Brun comme vers celui qui avoit conçu et entrepris ce grand ouvrage, et l’avoit conduit, au travers de tant de difficultés , à cette heureuse fin que l’on ne regardoit qu’avec admiration. Il est certain qu’il en fut toujours le principal ressort et comme l’âme , et que , sans la haute considération où il étoit auprès de M. le premier président et des autres magistrats, et les ressources inépuisa— bles de son cœur et de son esprit toutes les fois qu’il s’agissoit du salut et du bien de sa compae gnie, elle eût eu bien de la peine à ne point suc— comber sous les derniers efforts de ses dangereux ennemis. L’assurance de s’en voir délivrée à ja— mais la fit comme nager dans l’allégresse , et les premiers jours qu'elle employa à en signaler sa juste reconnoissance furent pour elle de véritables jours de fête. M. Le Brun, entrant dans le même esprit, la rassembla en corps chez lui, dans son logement des Gobelins, et y célébra avec elle cette heureuse révolution par un magnifique repas. Rien n’y fut épargné pour remplir cette jour— née d’une manière digne de son objet. Elle fut moins remarquable cependant par tout ce que l'on y vit régner d’abondance et de joie, que par cette pureté et_ Cette plénitude d’union et de concorde qui, de tant d’hommes rivaux, des mêmes talents et de la même gloire , sembloient n’y faire qu’un même cœur et un même esprit : spectacle aussi touchant que rare , et plus honorable pour l‘Aca— démie que tout ce que la faveur du prince lui ven0‘it de départir de lustre et d’éclat.

Il ne restoit plus , pour s’en assurer la pleine et paisible possession, que de lever l’expédition de l’arrêt du parlement; car, à l’égard de ceux des deux autres cours souveraines, où l’affaire de la vérification n’avoit pas fait la moindre difficulté ,elle en avoit retiré les expéditions il y avoit déjà du temps. La Chambre des Comptes avoit procédé à l’enregistrement pur et simple, tant des statuts que des lettres, dès le 31 décembre 1663. M. le président Gallart, qui y avoit tenu la séance lors de cet enregistrement, étoit l’ami intime de M. Le Brun. Il s’étoit fait un vrai plaisir de lui en don— ner une nouvelle marque en cette occasion, en suppléant pour lui tous les soins attachés à ces sortes de vérifications , et en la suivant comme si c’eût été son affaire propre et particulière, mais lui en avoit encore remis lui—même l’arrêt tout ex— pédié et exempt de tous frais. Celui de la Cour des Aides avoit été rendu le 13 février 4664; il émit de même sans clause. L’expédition en fut retirée par notre secrétaire, en payant les épices et droits, mais qui furent taxés modérément.

Pour l’arrêt du parlement, il n’intervint que trois mois après, c’est—à—dire le 14 mai de la même année 1 664. Ce retardement avoit pour cause uni— que l’opposition formée par les jurés de la maî— trise, et tous les incidents qu’ils avoient entés dessus pour brouiller, nous tracasser et pour ga— gner du temps. Les deux clauses apposées sur les titres vérifiés regardoient, l’une les huissiers de l‘Académie, l’autre ceux d’entre les élèves des académiciens qui, trop peu capables à la fin de leurs études pour mériter d’être agréés au corps académique, avoient été, par notre nouvel ar— rangement , déclarés admissibles à la maîtrise. Nous croyons devoir entrer ici dans un léger éclaircissement sur l’une et sur l’autre.

. L‘article 20 des nouveaux statuts avoit accordé aux huissiers de l’Académie , au cas qu’ils profes— sassent l‘art de peinture ou celui de sculpture, le privilège d’y travailler publiquement , selon leur capacité, sous l’autorité de l'Académie, et ne s’é— toit pas expliqué si ce privilège seroit censé indé— lébile à l’égard de tous ceux qui en auroient joui une fois , ou s’il devoit avoir lieu seulement pour le temps que ces huissiers seroient actuellement au service de l‘Académie. Les jurés avoient pré— supposé et fait entendre que c’étoit une ambi— guïté affectée de notre part pour nous mettre en droit, en changeant d’huissiers aussi fréquemment qu’il nous prendroit en gré, d’inonder Paris de ces sortes de privilégiés, au grand détriment de la maî«

trise. La déclaration qu’avaient faite nos députés, que l’Académie n’avait jamais prétendu user du contenu de cet article, et ne demandait à en user pour l’avenir que sur le pied de la seconde signification, avait sur—le—champ levé cette première difficulté.

Les instigateurs de la jurande en avaient formé une seconde sur la construction du même article. Ils avaient taxé de captieuse cette énon— ciation : «Et s’il se rencontre que lesdits huissiers » ou l’un d’eux professent les arts, ils auront le » privilége, etc. » Elle ouvrait, selon eux, la porte à un abus, au moins aussi pernicieux que serait le premier, en ce qu’elle accordait ce privilège à ces huissiers, pourvu qu’ils professassent ces arts , qu’ils fussent capables de les professer ou non, ce qui en pourroit revêtir des ignorants, qui ne se— raient plus que des prête-noms de quelque misé—rable compagnon, volontiers tourné à tromperie public , rarement à le bien servir. Quelque tirée que fût cette difficulté, MM. les commissaires du parlement avaient bien voulu y avoir égard. Leur arrêt partait donc « que les deux huissiers » en question, en cas qu’ils professassent les arts » de peinture et de sculpture , et qu’ils en fussent » trouvés capables , auraient le privilége d’y traD vailler publiquement sous l’autorité de ladite » Académie pendant le temps de leur service seule—

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