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pêcher qu’elle se mît àpréclamer là contre , on les lui fit envisager en perspective , dans le cas que le roi vînt àreprendre cet atelier, dit de du Bourg, pour y rétablir une manufacture de tapisseries; tout cela énoncé d’une manière si entortillée que l’on voyoit parfaitement que l’expédition du nou— veau don ne partoit pas d‘une main amie. La com— pagnie reçut le brevet de celle de M. Errard, à qui M. Ratabon l’avoit remis tout signé et émargé de son visa , avec charge de le faire passer jusqu’à elle, avec les témoignages les plus amples et les plus affectueux de son zèle et de sa bienveillance pour tout ce qui la pouvoit intéresser ou lui faire plaisir. Le brevet étoit du 26 mars 4657, le visa de M. Ratabon du 13 avril suivant.

L’Académie prit très sagement le parti de dissimuler ce que ce brevet pouvoit avoir pour elle de défavorable ou de scabreux, et d’aller en avant, sans se détourner, pour s’établir dans sa nouvelle demeure. Elle étoit très spacieuse et parfaitement bien éclairée, mais elle étoit dépourvue de toutes commodités. La compagnie étoit autorisée , par le nouveau brevet, à s’y arranger, à dresser telles cloisons , et à faire faire tels accommodements qui seroient nécessaires. Mais aussi étoit—ce là tout? Ces ajustements se devoient faire à ses frais. L’embarras ne fut pas médiocre. Les moyens , pour le Coup, lui manquoient, et les ressources étoient épuisées absolument. En attendant qu’elle pût trouver à se retourner ou à amasser quelque peu d’argent , elle fit , par provision , dresser une lé— gère cloison d‘ais pour séparer seulement le lieu des assemblées d’avec celui destiné à l’école du modèle. C’étoit l‘affaire d’une seule journée; et, dès le lendemain , l’on y reprit les exercices , les— quels, par ce moyen, n’avoient pas souffert la moindre interruption. Le lieu et la saison leur étoient tellement favorables qu’ils semblèrent renaître et prendre chaque jour une nouvelle vi— gueur. Ce succès , dû pour une grande partie au nouvel arrangement, demanda que l’on fit des nouvelles démarches de gratitude auprès de ceux à qui l’on en avoit la principale obligation.

C’étoit toujours M. le chancelier. Jamais ce ten— dre père de l’Académie ne laissoit échapper aucune occasion de lui faire du bien; ses bontés l'avoient de nouveau aidée et appuyée dans l’obtention de celui—ci. L’on choisit donc les plus considérables d’entre les chefs de la compagnie , pour aller as— surer ce généreux bienfaiteur des sentiments de respect et de reconnoissance du corps académique, lui rendre compte de l’état de ses arrangements et des progrès de ses exercices, et lui présen— ter, comme les fruits de ces progrès , quatre basreliefs modelés en terre, mais dorés à fond, et qui étoient d’une très bonne main. Les députés et leur présent , conduits , comme ils l’ét0ient, par M. Le Brun , ne pouvoient manquer d’être bien reçus. Aussi le furent—ils le plus agréablement du monde. (l’eût été manquer à M. Ratabon , ou du moins à la place qu’il tenoit ‘a la tête des arts , que de lui dénier un remerciement public à ce même sujet. L’Académie étoit bien éloignée de vouloir ja— mais se trouver avec lui en faute réelle. Elle char— gea donc les mêmes députés de lui aller rendre ses devoirs, et, pour marque de sa reconnoissance , de lui présenter un fort beau tableau. Cette députation parut faire plaisir à M. Ratabon. Il la re_nvoya comblée de politesses et d’honneurs. Le fonds de deniers qu’amassoit l’Académie gros— sit cependant peu à peu. Il s’accrut bientôt après d’un secours casuel et inopiné qui ne pouvoit ve— nir plus à propos. Plusieurs sujets très habiles et de bon lien se présentèrent coup sur coup pour être reçus à l’Académie, et en furent jugés dignes. Chacun d’eux contribua volontairement à l’objet en question une somme de cent livres. Il en étoit ,, ‘ échu cinq cents pour une demi—année de la pension dont jouissoit l’Académie, et que M. le surintendant lui fit toucher presque en même temps. Le tout rassemblé la mit en état de pourvoir aux ajuste— 1 ments indispensablement requis dans son loge—

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ment actuel. Elle jugea à propos de charger M.

Errard de la conduite des plans et devis à faire pour ces ajustements. C’étoit le moyen d’engager M. Ratabon, par l’amitié qu’il lui portoit , d’en favoriser l’exécution, ou du moins de ne la point traverser. M. Errard s’acquitta de cette commis— sion en homme entendu et habile qu’il étoit , et en fit son rapport à la compagnie assemblée. Elle approuva'son projet sansy rien changer. Ce pro— jet consistoit à ménager par bas un lieu spacieux pour l’école du modèle; une autre pièce , moins grande, pour y faire les leçons de géométrie , de perspective et d’anatomie , et un petit logement pour l’huissier ou concierge de l’Académie; un grand et assez bel escalier séparoit l’école principale de ces autres endroits, et c'onduisoit à une salle haute, vaste et bien percée, et telle qu’il convenoit qu’elle fût pour pouvoir y tenir les as— semblées. L’ouvrage fut mis à fin en fort peu de temps et avec une entente et une économie firent honneur à M. Errard. L’on meubla aussi la grande salle d’une façon convenable, et la moins dispendieuse porg*tant que faire se put. Tout cela arrangé et en état , l’Académie se_trouva dans une situation dont elle nés_ouha_itoît‘ph_xs, que le; durée pour être au comble de ses’vœ’uX’. m"“”" " Les lettres de provisions, qui quplifioient les académiciens de l’institution primitive, avoient toutes été;expédiées au nom de M. de Chagnois, chef de l’Académie. Cette formule, établie par le

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dernier article des statuts de 1 648, avoit été abro— gée par l’article 13 des statuts de 1654,0ù il avoit été déterminé que les provisions pour admettre dans le corps académique ceux qui en auroient été jugés capables émaneroient purement de l’Aca— démie , et seroient intitulées de son nom , et, de plus, qu’elles seroient signées du directeur, du recteur en quartier, et du professeur en mois, scellées du sceau de l'Académie et contresignées par le secrétaire.

Bien de plus convenable que cette nouvelle disposition. En supprimant ainsi ce caractère de restriction dont la formule précédente sembloit noter et amoindrir l’autorité et la liberté de l’Aca— démie, elle lui restituoit l‘une et l’autre dans cette Plénitude parfaite qui fixe le respect et la consi— deratiom Aussi avoit—elle été reçue par tout le corps académique avec un très sincère applaudis— sement L’on n’en demeura pas même à cette ap—

probation Par rapport à l’aVenir. L’on crut qu’en larssant subsister les lattre.de la première époque, on dnnel0it lieu à une bigarrure messéante et sus— ::flnïîld’incpnvénients faciles à concevoir, Sur que toute arreta, dans une assemblee generale, qui en a: fîeS lettres serment rappqx’tees par ceux et un 1 016m ete pourvus, pour etre aninulees , u_eq dr e"11‘ en serort, en échange , délivré d’au— s essees selon la formule nduvelle, le tout

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