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»lPour le moins de vingt ou trente ans ;

» Condamné a tous les dépens. » Voilà , mon cher, l’arrêt notable ,

Que ce parlement redoutable

En robe rouge a prononcé ,

Avec ce qu’on vous a chassé

Comme un fou de l‘Académie.

Voudriez—vous plus d’infamie?

Un homme un peu moins fou que vous ,

Ou d‘honneur un peu plus jaloux ,

Après cela se feroit sage

Et n’écriroit pas davantage; ,

C’est—à—dire, s’il m’en croyoit ,

Qu'il seroit et sourd et muet.

Mais vous , que je connois colère,

0piniàtre et réfractaire ,

Quinteux , felon ,' mutin , hargneux ,

Autant qu'un vieux mulet rongneux ,

Je sçay que vous ferez de l’âne,

Maistre braham; mais, Dieu me damne ,

Je sçauray bien vous faire aller,

Et je vous sçauray bien sangler,

Si près du cul, mon cher compère,

Qu’il ne faudra point de crouptère.

Je connais tous ces grands braillards ,

Ces médisans et babillards;

Qui les veut flatter les courrouœ,

Qui les vent retenir les pousse;

Au lieu de les prêcher en vain ,

Il les faut panser de la main.

Quand la démangeaison d’écrire ,

Ou de dégainer la satire,

Vient une fois les chatouiller,

C’est tem s perdu que de parler;

Mais dès 6 moment u’on raisonne

Un peu contre eux a a Simonne

(Vous entendez bien ce narquois),

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Qu‘un ou deux argut'nens de bois
On fait tomber sur leurs épaules ,
Lors ils ployent comme des gaules;
Rien n’est de si respectueux ,

Ni de plus taciturne qu’eux ,

Tant est puissant le caractère

D‘un bâton contre un réfractaire ,
Tant l’imposition des mains

Fait quelquefois de bien a maints.
Vous donc, chanteur que je nazarde ,
Vous qui, comme un pot à moutarde ,
Un autre auroit dit comme deux ,
Estes bavard ou plus baveux,
Grand gueulard , moulin ta parole,
Front largeà compter cro nignole,
Machoire a imprimer son et,

Nez entonnoir a camouflet,

Visage à servir aux fantasques

De patrons a faire des masques ,-
Enfin vieux singe , vieux magot.
Vieux hérétique ou vieux cagot,
Recevez l’avis qu’on vous donne,
Si vous aimez votre personne.

En deux mots, comme en un millier,
Corrigez votre bagouillier;
Defaites-«vous de la folie

D'être autheur; la mélancholie
Vous fera mieux fou à lier

Que non pas livre à relier.

Fixez votre imaginative ,

Sans tant courir de perspective;
Soyez modeste et plus discret;

Du moins que ce soit en secret ,

Si vous pensez mal du mérite,
Quand il se rencontre en autruy,

Et c’est le grand mal d’aujourd’huy.
Appliquez-vous a la boutique ,

Pour qui Dieu vous lit mécanique;
Bornez-vous dessus votre airain ,
Votre pointe et votre burin ,

Et que le grand Dieu vous délivre
D'une métamorphose en livre :
Vous ne pourriez de rien servir
Qu‘à pleyer du noir a noircir.
Bref faites-vous , s’il est possible ',
Autrement, écoutez l’horrible
Serment que je fais inter ms :

Je jure le dieu des fagots,

Dieu fatal a la médisance,

A la malice , a l’impudence

Des extravagans et des fous

Aussi ridicules que vous ,

Que , si je vous entends médire
Jamais plus , non pas même rire ,
Ou marmotter entre vos dents
Contre les vertueux du temps,

Je dauberay tant sur la bosse

Du vieux maroufle Abraham Bosse , Que le maroufle se taire ,

Ou bien la bosse crèvera !

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