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Ce fut vers ce même temps que M. Colbert, ayant rendu compte au roi de l’état où se trouvoit l’Académie, de l’utilité de cet établissement, de

la nécessité de le soutenir et même d’en‘accroître

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les progrès par des encouragements convenables et dignes de la grandeur de Sa Majesté , elle voulut bien entrer dans ces vues, et assigner pour l’entretien de cette Académie un fonds annuel de quatre mille livres. L’état de cette dépense, que M. Colbert avait apporté dressé, fut approuvé et signé par le roi à l’instant même (le 6 avril 1 663), et avec un éloge de notre heureux établissement, qui relevoit infiniment le prix de cette munificence du souverain. ‘

Ces quatre mille livres étoient réparties par l’é— tat du roi comme il suit: « Douze cents livres aux » quatre recteurs qui», pour user des propres ter—mes de cet état, « serviront par quartier, et qui

' » seront obligés de se trouver tous les samedis de

» chaque semaine, pendant leur quartier de ser— » vice, à l’Académie, pour, conjointement avec » le professeur en mois, vaquer à la correction » des étudiants , juger de ceux qui auront mieux » fait et qui auront mérité quelques récompenses, » et pourvoir à toutes les affaires de l’Académie, » à raison de trois cents livres chacun. Douze » cents livres à douze professeurs, qui serviront » par mois et qui seront obligés de se trouver à

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- sujet.

‘ expédition de l’arrêt du conseil intervenu contre

Bosse , et laquelle il vehoit de retirer du sceau.
Après lui avoir laissé recueillir les compliments
sur ce petit avantage , qu’il avoit assez volontiers
la faiblesse de quêter avec peut—être un peu trop
d’âpreté, M. Le Brun prit la parole et dit: « Qu’il
» étoit chargé par M. Colbert d‘annoncer à mes—
» sieurs les académiciens assemblés la nouvelle
» marque de faveur que le roi, dans sa momifi-
» cence, venoit de donner à son Académie, en lui
»_.accordant une pension annuelle de quatre mille
» livres ; que, n’étantpas instruit assez exactement
» de la destination détaillée de cette somme, il
» prioit la compagnie qu’il lui fût permis de réfé—_
» rer a cet égard à l’état du roi disertement circon-
» stancié , qui lui en seroit délivré incessamment;
» qu’il savoit seulement en gros quels étoient les
» objets principaux sur lesquels étoit réparti ce
» fonds. » Il indiqua ces Objets succinctement, et
il finit ce discours par quelques phrases encore de
congratulation et d’exhortation convenables au
\

La surprise et le saisissement que causa une nouvelle aussi heureuse que peu attendue à tous ceux qui composoient cette assemblée furent inexprimables. Mais, ce qu’elle eut d’inopiné, cette nouvelle, frappa M. Ratabon d’un sentiment bien opposé à celui Où se livra aussitôt cette multitude

transportée de joie.Voir, en effet, ce dessein si mar— qué dans M. Colbert de l’exclure d'une telle confidence et en une telle occasion, lui directeur et chef de la compagnie, et, du moins par son titre et ses prétentions , modérateur suprême des arts , quelle source d’inductions sinistres, de mortifications et de déplaisirs ! Il eut pourtant assez de pouvoir sur soi, et assez de vanitéa pour n’en rien faire paroitre au dehors. La vive et soudaine émotion du reste de l’assemblée avoit empêché qu’elle s’aper— çût du premier choc de sa perplexité. Une erreur qui s’empara au même moment de l’esprit de plu— sieurs confrères servit beaucoup à l’en faire reve— nir. Ils se mirent en tête qu’il n’y eût que son crédit et ses soins auxquels ils passent être redevables d’un si insigne bienfait.L’encens qu’ils lui en prodiguèrent le remit; il l’avala de la meilleure grâce ' du monde, etson amour—propre, ainsi amusé et sé— ‘ duit, sembla le dérober à lui—même et à toute l’a

mertume réelle de sa situation.M.yLe Brun, accoutumé à ne faire le bien que pour le bien même, jouissoit cependant de cette petitesse de son ancien adversaire, mais sans sortir un instant de cette noble modération qui lui étoit comme naturelle, ni se parer en rien de ces brillants succès du jour. ' La méprise où l’on venoit de tomber sur ce point

ne partoit même que du secret impénétrable avec lequel il avo1t servi la compagnie auprès de M.

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