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Colbert et de M. du Metz , et qu’il eût laissé sub-o sister s’il en eût été le maître. Ceux qui connois— soient toute l’étendue et toutes les ressources de son zèle et de sa générosité les démêloient trop bien dans cet événement pour en méconnoître le

Véritable auteur, et n’hésitèrent pas à en attribuer toute la gloire à M. Le Brun.

. Presque au milieu de ces acclamations et de cette efl'usion de joie, les étudiants,_bannis en dernier lieu de l’Académie, furent assez bien inspirés ou assez bien conseillés pour venir implorer sa miséricorde et lui demander la grâce d’être réintégrés dans leur premier état. Cette occurrence de bénédiction, dont ils surent ainsi se saisir, ne, pouvoit manquer de leur être favorable. Elle ne laissa plus dans tous les cœurs que des sentiments de reconnoissance et ainsi de bonté. La compa—

_ gnie se contenta des soumissions que ces sup— . pliants vinrent faire en une assemblée particu— lière , où ils demandèrent pardon de leurs témé— raires déportemeuts, désavouant l’odieuse requête fabfiq“ée En leur nom par Bosse, leur séducteur, et où ils promirent de faire oublier le passé par l’usage qu’ils feroient de la grâce d’être réad— mis aux exercices ordinaires, qu'ils prioient très humblement l’Académje de leur accorder. Eux retirés, l’on délibéra. Sans aller aux voix ou résolut de les recevoir en grâce, et les ayant fait

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rentrer, et leur ayant fait une courte mais sévère exhortation, on leur prononça leur rappel.

Toutes les attentions et les vœux de la compa

gnie se tournèrent après cela du côté des nou— '

Velles constitutions et des nouveaux arrangements dont elle sentoit avoir besoin pour donner à sa nouvelle situation toute la consistance et toute la solidité dont elle lui parut susceptible. L’on agita à ce sujet plusieurs questions et l’on minuta divers projets. Pour donner à ces projets leur forme der— nière et les approcher du point de détermination , la bienséance, ainsi que la bonne règle, vouloient que l’on ne fit rien sans la participation et l’avis de M. le directeur. La carrière en laquelle M. Ra— tabon entra dans ce temps mit la compagnie dans une inaction entière par rapport à ce travail, et le suspendit pendant plusieurs mois que dura la cruelle et accablante maladie dont ce chef acadé— mique fut atteint, et laquelle, après bien des re— chutes, le mit à la fin au tombeau.

Homme d’un esprit souple et insinuant, lequel

pendant long—temps le servit mieux pour l’avan- .,

cernent de sa fortune qù’eût pu faire le mérite le plus réel et le mieux confirmé, il fit à l’Académie le bien de la délivrer des violences de la jonction; mais il perdit auprès d’elle tout le mérite de ce bon procédé par l’asservissement qu’il entreprit de lui imposer et qu’il osa même faire exercer par

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94 HISTOIRE DE L'ACADÉMIE un délégué tiré d’entre nous. Trop attentif à' ses propres intérêts pour s’occuper de ceux de la compagnie, il ne la servit jamais que par politique ou par ostentation. Borné dans la connoissance des arts, beaucoup plus qu’il n'est permis de l'être à un officier des bâtiments , ce n'étoient que l'engouement ou le caprice qui le décidoient dans l’appréciation ou le discernement des talents et de la capacité. Patron fastueux et intéressé, ad— versaire actif et implacable, porté par goût et par caractère à l’intrigue et au petit manège , du reste d’un commerce affectueux et liant, et revêtu de ces dehors flatteurs qui captivent volontiers le commun des esprits, tant qu’ils s’en croient les objets, émit—il étonnant que ce ne fût pas là l’homme de M. Colbert? Sa perte fut célébrée à l’Académie plus par bienséance que par aucun sentiment fondé de reconnoissance ou de douleur. Après la mort de M. Ratabon, et même pendant le cours de sa dernière maladie, les fonctions du directorat furent regardées comme dévolues de plein droit à M. Le Brun. Il les remplit avec sa modération ordinaire, sans jamais rien prendre sur lui dans tout ce pouvoit mériter les suffrages ou même les simples lumières de la compa— gnie. Pénétré de ce sentiment, l’on concevra sans peine combien il dut être attentif à la con—sulter sur les nouveaux règlements qu’il méditoit

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touchant la discipline de notre école et sur les additions qu’il lui parut convenable de faire aux deux corPs des statuts existants. Dans une as— semblée particulière, où, comme il arrivoit alors ‘ assez souvent, M. Errard n’assista point, le secré- l taire lut un projet qu’il avoit minuté sur ces matières. C’étoit un précis de travail qu’il avoit tenu tout prêt dès le voyage de Fontainebleau de l’année précédente. La compagnie approuva ce '\ projet dans tout son contenu, et arrêta qu’il seroit remis à M. Le Brun pour, après qu’il l’auroit soumis à l’examen et à l’approbation de nos sei— gneurs les protecteurs, en procurer la validation et l’accomplissement.

En cette même assemblée il fut encore résolu que l’on retrancheroit quelques pistoles des 110noraires accordés par l’état du roi a quelques of— l ficiers de l’Académie, et que l’on emploieroit ces fonds ainsi ménagés à quelque petite gratification pour raison d’autres services auxquels cet état n‘avoit point pourvu. Les ofiiciers intéressés dans ce- retranchement y consentirent de si bonne grâce qu’il fut aisé de voir que le bien de la chose commune prévaloit en eux sur tout autre intérêt. V _

Pour se convaincre mieux à quel point ce seu- ‘, timent régnoit dans l’âme’de M. Le Brun, il suffit de jeter les yeux_ sur ce qui se passa en ce

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temps entre lui et M. Errard. Quelque sujet de mécontentement qu’il pût avoir reçu par le passé de ce collègue, il en crut devoir le sacrifice à cet objet du bien général, toujours présent et toujours cher à son cœur. Ainsi, considérant les services que M. Errard, par son esprit et sa capacité, était en état de rendre à l’Académie, il résolut de se l'ac— quérir, à quelque prix que ce pût être, et de le re— gagner à ce corps. Pour cet effet, cet homme vraiment généreux dépose son ressentiment, renonce à la prétendue loi des procédés, et fait le premier les avances. Il eût même poussé la chose jusqu’à aller, sans autre préalable , trouver lui—même M. Errard et lui demander son amitié, s’il n’en eût été détourné par le prudent M. Testelin. Ce— lui-ci offre et emploie son ennemise, et tourne si bien sa négociation que les parties se rencontrent comme fortuitement chez un fameux traiteur, où il les avoit invités à prendre un léger repas. M. Errard ne pouvait qu’être très flatté de se voir recherché ainsi, et en de telles circonstances, par M. Le Brun; aussi répondit—il à cette démarche en homme vraiment pénétré. Avec les dispositions que l’on avoit réciproquement apportées en ce lieu l’accord fut bientôt conclu; le dîner en ôta ce qu’il auroit pu avoir de sérieux ou de gêné, et se passa dans une cordialité parfaite, rien qu’entre les deux nouveaux amis et’leur médiateur. Au

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