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Claudentur belli portae : Furor impius intus,
Saeva sedens super arma, et centum vinctus ahenis

Post tergum nodis, fremet horridus ore cruento.

Haec ait; et Maia genitum demittit ab alto,
Ut terrae, utque novae pateant Carthaginis arces
Hospitio Teucris; ne fati nescia Dido
Finibus arceret. Volat ille per aera magnum
Remigio alarum, ac Libyae citus adstitit oris.
Et jam jussa facit : ponuntque ferocia Pœni

Corda, volente deo:in primis regina quietum

« Et le seul Océan bornera son pouvoir. « Toi-même, le front calme, iras le recevoir « Le jour que, triomphant de l'opulente Asie, « Il viendra dans les cieux goûter notre ambroisie; « Et la terre à ce Dieu prodiguera l'encens. « C'est alors qu'affranchis de désastres récens, « Les peuples salûront un âge moins contraire : « L'antique foi, Vesta, Romulus et son frère « Donneront aux humains leurs pacifiques lois ; « Le temple de Janus, pour la troisième fois, « Fermera les battans de sa porte rouillée; « Et la Discorde impie, au dedans verrouillée, « Sur des glaives rompus ensanglantant son frein,

« Tordra ses poings, liés de cent chaînes d'airain. »

Il dit; et vers la terre il dirige Mercure,
De crainte qu'ignorant la destinée obscure,
Didon, chez les Troyens ne soupçonne un danger
Et ne ferme ses murs à ce peuple étranger.
L'ardent fils de Maia s'élance dans le vide,
Il nage dans les airs, et d'une aile rapide,

Il effleure bientôt le sol carthaginois.

Accipit in Teucros animum mentemque benignam.

At pius Eneas, per noctem plurima volvens,
Ut primum lux alma data est, exire, locosque
Explorare novos, quas vento accesserit oras,
Qui teneant, nam inculta videt, hominesne, feraene,
Quaerere constituit, sociisque exacta referre.
Classem in convexo nemorum, sub rupe cavata,
Arboribus clausam circum atque horrentibus umbris
Occulit : ipse uno graditur comitatus Achate,

Bina manu lato crispans hastilia ferro.

Cui mater media sese tulit obvia silva,

Virginis os habitumque gerens, et virginis arma Spartanae; vel qualis equos Threissa fatigat Harpalyce, volucremque fuga praevertitur Eurum. Namque humerisde more habilem suspenderatarcum Venatrix, dederatque comam diffundere ventis ;

Nuda genu, nodoque sinus collecta fluentes.

Là, par l'ordre divin, son éloquente voix
En faveur des Troyens jetés sur ce rivage
Adoucit l'âpreté de ce peuple sauvage,

Et pour eux de la reine humanise le sein.

Il est nuit : le héros arrête son dessein ;
Il veut, quand l'aube a lui sur la côte ignorée,
Voir cette terre inculte où l'exile Borée.
Qui la peuple ? est-ce l'homme ou le fauve lion?
Voilà ce qu'il veut dire aux enfans d'Ilion.
Sous les arbres touffus qui ceignent une grotte,
Dans une anse profonde, il abrite sa flotte;
Puis il quitte le port : Achate seul le suit,

En brandissant deux traits dont la pointe reluit.

Mais aux yeux de son fils, la reine de Cythère Prend la forme, les traits, l'air, la parure austère D'une vierge de Sparte, et paraît dans les bois : Moins rapide est l'Eurus, moins légère autrefois La Thrace a contemplé la sauvage Harpalice, Quand son pied fatiguait les coursiers dans la lice. Un carquois sur l'épaule et les cheveux aux vents,

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Ac prior : Heus, inquit, juvenes, monstrate mearum
Vidistis si quam hic errantem forte sororum,
Succinctam pharetra et maculosœ tegmine lyncis,
Aut spumantis apri cursum clamore prementem.
Sic Venus; et Veneris contra sic filius orsus :
Nulla tuarum audita mihi neque visa sororum,
O, quam te memorem? virgo; namque haud tibi vultus
Mortalis, nec vox hominem sonat; o dea certe ;
An Phœbi soror, an Nympharum sanguinis una?
Sis felix, nostrumque leves, quœcumque, laborem ;
Et quo sub cœlo tandem, quibus orbis in oris
Jactemur, doceas : ignari hominumque locorumque
Erramus, vento huc et vastis fluctibus acti.
Multa tibi ante aras nostra cadet hostia dextra.

o
Tum Venus : Haud equidem tali me dignor honore ;
·Virginibus Tyriis mos est gestare pharetram,
Purpureoque alte suras vincire cothurno.
Punica regna vides, Tyrios, et Agenoris urbem ;
Sed fines Libyci, genus intractabile bello.

Imperium Dido Tyria regit urbe profecta,

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