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gneurie de ce royaume par ce moien. Tout tel vassal et subject commet crime de lèze-majesté ou second tiers et quart degré. Ceste vérité s'ensuit aux précédentes, et si appert toute clère à tout homme de bon entendement. Sextum correlarium. Est que tout subject et vassal, qui par convoitise d'avoir la couronne et seigneurie du royaume, se trait devers le Pape, en imposant faulsement et contre vérité à son Roy et souverain seigneur, crimes et vices redondans à sa noble lignée et généracion, et par ce concluant que le Roy n'est point digne de tenir vérité comme d'un royaume, ne ses enfans de l'avoir après lui en succession; requérant audit Pape par très grant instance qu'il vueille faire déclaracion sur le fait de la privacion d'icellui Roy et de ses enfans, et déclairer icellui rôyaume devoir appartenir à cellui requérant et à sa lignée, et lui donner absolucion et à tous les vassaux dudit royaume, qui adhérer vouldroient à lui, et dispensacion du serement de faulté et d'obligacion par laquelle sont tenus et obligez tous subgetz et vassaulx à leur Roy et souverain seigneur, il, et tous telz vassaulx et subgetz, sont traistres, tirans et desloiaulx audit Roy et au royaume et commectent crime de leze-majesté royale ou premier et second chef. Septimum correlarium. Est, que cellui desloial tirant qui animo deliberato empesche l'union de l'Eglise et les conclusions du Roy et des clers dudit royaume, délibérez et conclus pour le bien et utilité de saincte Eglise, empesche l'exécucion par force et puissance indeuement et contre raison, tendant que le Pape soit plus enclin de lui octroyer sa faulse, mauvaise et inique requeste, icellui tirant est desléal à Dieu et saincte Eglise et à son Roy et souverain seigneur, et doit être réputé scismatique, et si est pertinax hérétique, et si est digne de si vilaine mort que la terre se doit ouvrir soubz lui et l'engloutir en corps et en âme, comme elle fist les trois scismatiques Dathan, Choré et Abiron, desquelz nous lisons en la bible : Aperta est terra subpedibus eorum et aperiens ossuum devoravit eos cum tabernaculis suis, etc. Octavum correlarium. Est, que tout vassal et subject qui par convoitise de venir à la couronne et seigneurie du royaume, machine à faire, par pouldres, poisons et viandes envenimées, mourir icellui Roy et ses enfans, tout tel vassal et subject doit estre, comme criminel de lèse-majesté royale, puny ou premier et tiers degré. Monum et ultimum correlarium. Est, que tout subject et vassal qui tient gens d'armes sur le pays, qui ne font riens que menger et exiller le peuple, piller et rober, prendre et tuer gens et efforcer femmes, et avec ce mectre capitaines ès chasteaulx, fortresses, pons et passages du royaume, et avec ce, fait mectre sus tailles et emprises intolérables, feignant que c'est pour mener guerre contre les ennemis dudit royaume, et quant les dictes tailles sont levées et mises ou trésor du Roy, les emble, prend et ravit par force et puissance, et en donnant des dictes pécunes fait alliance aux ennemis, adversaires et malveillans dudit roy et de son royaume, en se rendant fort et puissant pour obtenir à sa dampnée et mauvaise entencion, c'est à dire de obtenir la couronne et seigneurie dudit royaume, tout tel subject qui ainsi fait, doit estre puny comme traistre, faulx et desloyal audit Roy et au royaume comme criminel de lèze-majesté ou premier et quart degré, et est digne de double mort, première et seconde Et

sEQUITUR MINOR ".

La seconde partie de ladicte justificacion ou proposicion s'ensuit : Or viens-je à affermer et déclairer ma dicte mineur, en laquelle j'ay à monstrer que feu Loys naguères duc d'Orléans, fut tant embrasé de convoitise et honneurs vaines et richesses mondaines, c'estassavoir de obtenir pour soy et sa généracion, et de toler et substraire pardevers lui la très haulte et très noble seigneurie de la couronne de France au Roy nostresire, qu'il machina et estudia par convoitise, barat et sortilèges et malengins, pour destruire la personne du Roy de ses enfans et généracion, en tant qu'il fut espris de tirannie, convoitise et temptacion de l'ennemi d'enfer, que, comme tirant à son Roy et souverain seigneur, il commist crime de leze-majesté divine et humaine en toutes les manières et degrez déclairez en madicte mineur, c'estassavoir de leze-majesté divine et humaine ou premier, second, tiers et quart degrez. Et quant est de crime de leze-majesté divine, il appartient au souverain juge de lassus*. Pour quoy je n'en pense point à faire espécial article. Mais ès articles de leze-majesté humaine, je pense à toucher par manière de incident. Ainsi donques me fault déclairer par articles comment il a commis crime ès quatre degrez dessus nommez. Ou premier article je pense à déclairer comment en plusieurs et diverses manières il a commis crime de leze-majesté ou premier degré, le second ou second degré, le tiers ou tiers degré, et le quart ou quatriesme degré. Quant au premier article, qui sera du premier degré, , lequel est quant l'injure ou offense est directement faite contre la personne du Roy, si est assavoir que telle injure peut estre faicte en deux manières. La première est en machinant la mort ou destruction de son prince et souverain seigneur.La première manière se peut diviser en plusieurs manières. Mais quant à présent je ne la diviseray qu'en trois. La première est machiner la mort de sondit prince par maléfices, sortiléges et supersticion. La seconde, par poisons, venins, intoxicacions. La tierce, par occire ou faire occire par armes, eau, feu ou autres violentes injections. Qu'il ait esté criminel en la première espèce, je le preuve. Car il est vérité, que pour faire mourir la personne du Roy en langueur et par manière si subtile qu'il n'en feust apparence, il fist, par force d'argent et diligence, tant qu'il fina de quatre personnes, dont l'une estoit moyne apostat, l'autre chevalier, l'autre escuier, et l'autre varlet. Ausquelz il bailla sa propre espée, sa dague et ung annel pour dédier et pour consacrer, ou au plus promptement parler, exécrer au nom des dyables. Et pour ce que tel maléfice et telle manière ne se povoit bonnement faire se n'estoit en lieux solitaires et loing de toutes gens, ils portèrent lesdictes choses en la tour Montjay vers Laigny sur Marne, et là se logèrent et firent résidence par l'espace de plusieurs jours. Et ledit moyne apostat, qui estoit maistre de celle œuvre fist plusieurs invocacions de dyables et par plusieurs foiz et journées, dont je vous diray deulx ensemble qu'ilz firent entre Pasques et l'Ascension. Ung dimanche très matin devant soleil levant, sur une montaigne, près de la tour de Montjay, ledit maistre fist plusieurs choses superstitieuses requises à faire telles invocacions de dyables emprès ung buisson, et en faisant lesdictes invocacions se despoulla en sa chemise et se mist à genoulx, et ficha ladicte espée et la dicte dague par les pointes, en terre, et le dict annel mist aussi emprès. Et là, dist plusieurs dépréciacions en invoquant les dyables. Et tantost vindrent à lui deux dyables en forme de deux hommes, vestus ainsi que de brun verd, ce sembloit, dont l'un avoit nom Hérémas et l'autre Estramain. Et lors, leur fist honneur et grande révérence, et si grande comme on pourroit faire à Dieu. Et ce fait se trahy vers un buisson. Et cellui dyable qui estoit venu pour ledit annel, le print et l'emporta, et se esvanouy. Et cellui qui estoit venu pour ladicte espée et dague, demeura, et puis print icelle espée et dague et s'esvanouy comme l'autre. Et tantost après, icellui moyne retourna et vint où lesdiz dyables avoient esté, et trouva icelles dague et espée couchées de plat, et trouva que ladicte espée avoit la pointe rompue, et trouva ladicte pointe en la pouldre où le dyable l'avoit mise. Et après, actendi par espace de demie heure l'autre dyable qui avoit emporté l'annel, lequel retourna et lui bailla ledit annel, qui estoit apparent rouge ainsi que escarlate, comme il sembloit pour l'eure, et lui dist : « C'est fait, mais que tu le mectes en la bouche d'un mort en la manière que tu scez. »

1. C'est dans cette seconde partie que M° Jean Petit entasse ses accusations contre la mémoire de Louis d'Orléans. Les unes sont odieuses, les autres ridicules.

2. Au souverain juge de lassus (sic au ms. Supp. fr. 93), mais Vérard imprime : la sus.

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