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descernons estre privez; et les vassaulx et hommes obligez et tenus à eulx par serement de loyaulté ou par quelconque autre obligacion, nous les déclairons estre quictes et absoubz ; et les fiefz, drois, honneurs, offices et autres biens meubles et immeubles d'iceulx tenus de l'Eglise, retournerontaux gouverneurs d'icelles pour en disposer à leur voulenté. Nes nulle audience de cause ne sera donnée à telz pécheurs et transgresseurs de leurs sentences et procès fais par ceulx qui seront tabellions, seront de nulle valeur. Et après, tous ceulx qui auront fait compaignie et aliance durant ladicte contumace et rebellion, ou qui leur auroit aidé ou donné conseil, faveur ou aide publiquement ou secrètement, se ce sont singulières personnes, citez, chasteaulx ou lieux, ils seront punis, interditz, excommeniez ainsi comme lesdiz pécheurs et transgresseurs, et par la manière que dessus est déclairé. Et avec ce voulons et est nostre intencion, que les peines ordonnées de droit par noz prédécesseurs contre telz pécheurs soient et demeurent en leur valeur et effect, non obstant quelconques constitucions, ordonnances, libertez, graces, franchises et indulgences apostoliques octroiées et données de nous ou de noz prédécesseurs évesques rommains, par quelconques forme et manière qu'elles soient données, de certaine science et par ces présentes, nous les révoquons en tant qu'elles pourroient aucunement estre contraires ou bailler empeschement aux choses dessusdictes. A nul homme donques ne soit licite d'enfraindre ou aler à l'encontre par fole et présumptueuse hardiesse de ces présentes, contenans nostre déclaracion, supposicion, juracion, confiscacion, adnullacion , nunciacion, question à voulenté. Se aucun est si hardi d'aler à l'encontre, il sache lui encourir et encheoir en l'indignacion de Dieu tout-puissant, de saint Pierre et de saint Pol, ses benois apostres. Donné à Marseille, à Saint-Victor, la xxIII° kalende de mars" et de nostre papalité l'an xIII°.

DE L'AN MCCCCVIII.

[Du 15 avril 1408 au 7 avril 1409. ]

CHAPITRE XLI.

Comment l'Université de Paris fist proposer devant le Roy contre le pape de La Lune. Et du partement du roy Loys de Secile. Et du voiage du Borgne de La Heuze.

Au commencement de cest an* l'Université de Paris fist proposer par maistre Jehan Courteheuse*, natif de Normendie, contre le pape Bénédic en la manière cyaprès déclairée, où estoient présens les roys de France et de Cécile, les ducs de Berry et de Bourgongne, de Bar et de Brabant, et les contes de Mortaigne, de Nevers, de Saint-Pol, de Tancarville, le Recteur de l'Université, les suppos et députez par icelli et plusieurs autres grans seigneurs, avec grant multitude de clergié, le peuple de Paris, le conte de Wilbich", Anglois, les ambaxadeurs d'Escoce et de Gales qui estoient · adonc oudit lieu de Paris. Et fu ceste proposicion faicte en la grant sale du palais". Si print, icellui maistre Jehan, son theume en la vIII° psaume du psaultier : Convertetur dolor ejus in caput ejus, et in verticem ipsius iniquitas ejus descendet. C'est à dire sa douleur sera convertie en son chef, et son iniquité descendra sur le sommet de sa teste. Et fist six conclusions. La première fut que Pierre de La Lune* estoit scismatique obstinéement, voire hérétique, troubleur de la paix et union de l'Eglise. La seconde, que Pierre ne doit point estre nommé Bénédic pape, cardinal, ne par aucun nom de dignité, ne à lui comme pasteur de l'Eglise on ne doit point obéir sur la peine ordonnée contre ceulx qui baillent faveur aux scismatiques. La tierce conclusion, que les faiz, les dits, les collacions, provisions, sentences et procès dudit temps de ladicte lectre faicte en manière de bulle, ne quelzconques peines corporelles ou espirituellez, clères ou obscures, qui contenues y sont, sont de nulle valeur. La quatriesme conclusion, que ladite lectre d'elle mesmes est mauvaise, séditieuse, pleine de fraude, troublant la paix et offensant la majesté royale. La cinquiesme conclusion est, que audit Pierre de La Lune, ne à ses lectres ou mandemens, nul ne doit obéir sur peine de bailler faveur aux scismatiques. La sixiesme conclusion, qui est à procéder contre ledit Pierre et ceulx à lui favorables et recevans ses lectres.

1. Il n'y a pas de 23° jour des calendes de mars. La 13° année du pontificat de Benoît XIII commençait au 28 septembre 1407 et finissait au 28 septembre 1408. Il faut sans doute lire ici la date du 23 mars 1408.

2. Il ne faudrait pas prendre ces mots à la lettre. Car l'année 1408 commença le 15 avril, et ce ne fut que le 21 mai qu'eut lieu la fameuse séance dont il va être question.

3. Le Religieux de Saint-Denis l'appelle Joannes Brevis Coxe, Jean Courtecuisse.

1. L'histoire de ce temps mentionne bien à la vérité un seigneur anglais du nom de Willughby, mais il n'était pas comte. Au reste, le ms. Suppl. fr. 93 met : le conte de Warhvic et le ms. 8345, Warwich.

2. Le Religieux de Saint-Denis met ad curiam minorem regalis Palacii. On peut concilier ces deux versions en disant que le Religieux de Saint-Denis entendait par cette curia minor, une salle moindre, moins importante, par rapport au Parlement, que celle où il tenait ses séances propres.

3. Benoît XIII.

Après lesquelles six conclusions déclairées furent faictes requestes au roy de France par le dessusdit proposant et par l'Université. La première requeste, que bonne informacion. feust faicte diligemment et soient prins tous les sustenteurs et recepteurs pour les punir et corriger selon le cas, desquelz moult en y a en ce royaume, dénommez par l'Université en temps et en lieu. La seconde requeste, que le Roy dore en avant, ne nul de son royaume de quelque estat qu'il soit, ne reçoive lectre dudit pape Pierre de La Lune. La tierce, qu'il soit commandé de par le Roy à ladicte Université, sa fille, que par icelle la vérité soit preschée par tout le royaume. La quarte requeste, que l'évesque de Flory " qui a esté envoié devers ledit Pierre en ambaxade soit révoqué, et soient prins et retenus maistre Pierre de Courcelles, Çansien Leleu*, le doien de Saint Germain d'Auxerre, et iceulx punis selon leurs démérites. En oultre que la lectre faicte en manière de bulle soit deschirée comme injurieuse et offensive à la majesté royale. Avec protestacions de procéder à plus grans choses touchant la foy, et de expliquer et démonstrer les choses dessusdictes deuement [à] ceulx auxquelz il appartendra, en temps et lieu. Et adonc, devant tous ceulx qui là estoient, ladicte lectre fut deschirée et rompue par le recteur de l'Université. Le doien de Saint-Germain l'Auxerrois fut là prins et mis en chartre. Et tantost après fut prins l'abbé de Saint-Denis en France, et maistre Jehan de Sains, jadis secrétaire du Roy", et plusieurs hommes de nom, et tenus prisonniers au Louvre. Ouquel temps aussi, par la diligence des gens du Roy, le messager qui avoit apporté les bulles devant dictes fut tellement poursuy qu'il fut prins vers Lion sur le Rosne et amené prisonnier à Paris. Avec les dessusdiz, fut prins Sansion Leleu, qui avoit esté prins en l'église de Clervaux. Si estoient lors, le Roy et tous les princes avec le clergié, moult ennuieux et courrouciez contre ledit pape. Et certain brief espace de temps après qu'il fut venu à sa congnoissance comment il avoit esmeu le roy de France, ses princes et l'Université de Paris contre lui, fut de ce en moult grant doubte et cremeur. Et pour ce, se parti du port de Venise* seulement avec quatre cardinaux, par mer, et de là s'en ala en Aragon, et puis après, à Perpignan. Ouquel temps aussi le roy Loys print congié au roy de France en partant de Paris pour aler en Prouvence contre aucuns favorables au roy Lancelot son adversaire. 1. On a nombre de lettres de lui, signées J. de Sanctis. 2. Lis. Porto-Venere, comme plus haut.

1. Le ms. Suppl. fr. 93 met mieux sur la voie. Il porte : l'évesque de Saint-Flory. C'est Saint-Flour. 2. Xanctius Lupi, dans Dupuy. C'est Sanche Lopez.

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