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M. Doujat, M. Du Metz, etles autres, à Tallemant et aux mémoires du temps, oùil en est souvent question. Nous renverrons aussi pour toutes les pièces citées dans cette histoire : lettres patentes, arrêts, brevets, statuts, etc., au recueil in-4° publié en 1664, 16g3 et 1723 par l'Académie elle-même, et au précieux volume: Statuts, ordonnances et règlements de la communauté des maistres de l'art de peinture et sculpture, graveurs et enlumineurs de cette ville et faubourgs de Paris, etc. Paris, Louis Colin, 1698, in-4° de 15o pages et quatre de table sans les suppléments ; les pieces de la jonction ne se trouvent naturellement que là. Les seules notes que nous eussions voulu pouvoir joindre eussent été les dates, omises ici, et qui se doivent trouver dans les registres de l'Académie; mais ces registres , conservés au palais des Beaux-Arts, ne sont pas plus accessibles aux travailleurs qu'aux oisifs. Pour faire pardonner cette interdiction absolue , il faudroit au moins qu'on en tirât quelque chose, et qu'ils ne restassent pas à peu pres aussi inconnus et aussi inutiles que s'ils étoient une propriété particulière.

La première pièce de l'appendice est extraite de l'Histoire de Paris de Sauval. Piganiol (I,2o8,) repousse son témoignage, quoique contemporain, en disant que « l'Academie ne doit point son établissement à sept ou huit jeunes gens qui cherchoient à se perfectionner dans le dessin et à dessiner d'après le naturel, comme le dit Sauval, mais plutôt à l'opprobre que les maîtres peintres et sculpteurs de Paris jetoient sur l'art de peinture et de sculpture, et aux persécutions qu'ils exerçoient contre les peintres et les sculpteurs du roi et de la reine. » Mais ces détails plus familiers nous ont paru mériter d'être rapprochés de l'histoire officielle; on n'invente pas de noms comme ceux de Vaudeschoux et de Branlant. Le second fragment est tiré du rare et curieux Livre commode d'Abraham de Pradel; les détails qu'il donne relativement aux élèves sont importants ; ils ne se trouvent que dans l'édition de 1691 : car dans la seconde publiée l'année suivante, ce qui se rapporte à l'Académie (p. 4o) est réduit à quelques lignes insignifiantes. La troisième pièce est de beaucoup la plus importante : c'est une satire en vers, vive et ne manquant pas de verve, tout à fait dans le goût de Scarron, et dirigée contre Abraham Bosse, dont il sera si souvent question dans ces mémoires, à propos de ses interminables démêlés avec l'Académie. Nous la croyons inédite; car elle est bien moins de nature à avoir été imprimée qu'à avoir couru sous le manteau, pour éviter le procès en diffamation que le processif graveur n'eût pas manqué d'intenter au poète. Nous devons la connoissanceet la communication de ce pamphlet rimé à l'obligeance de M. Taschereau; il en possède une copie contemporaine, qu'il a bien voulu nous permettre , pour la joindre à cette histoire de l'Académie, de détacher de la belle collection spéciale qu'il a formée, de livres relatifs à l'histoire et aux personnages célèbres de la Touraine. Qu'il en reçoive ici tous nos remercîments, et, nous en sommes sûrs, ceux de tous nos lecteurs. Après les faits et les accusations sérieuses, cette pièce donne le côté plaisant de la guerre, et les escarmouches des chevau-légers de l'Académie. Il n'y a pas, je crois, à faire sur son auteur de suppositions, qui ne seroient appuyées sur rien de solide , et ce seroit faire injure à nos lecteurs de leur faire remarquer que l'auteur de l'Art de peindre est Du Fresnoy, et que son traducteur est de Piles, si cela ne devoit servir à donner approximativement la date de cette pièce. En effet, Du Fresnoy, indiqué comme n'existant plus, étant mort en 1665, et la première édition de son poème et de la traduction de Roger de Piles ayant paru en 1668, la pièce est nécessairement postérieure. Du reste, dans toutes ces querelles de l'Académie, soit avec Bosse, soit avec les maîtres, on avoit recours aux caricatures aussi bien qu'aux jugements et aux ordonnances. J'en citerai une fort rare qui existe au cabinet des estampes dans la collection d'histoire de France, et à la Bibliothèque de Rouen,' dans la collection Leber, n° 6018 ; elle se rapporte on ne peut mieux à notre histoire, car on lit au bas l'inscription, très soigneusement gravée par un graveur en lettres : L'Académie des maîtres peintres détruite par l'Académie royale (H. o, 215, L. o, i56). La scène se passe dans la salle du modèle; à droite, une porte au dessus de laquelle est affichée une pancarte avec ces mots: Ordonnance

1664). On voit des ânes autour d'une table

sur laquelle est un pot, et l'un d'eux rendant à terre tout ce qu'il a bu ; à droite, des femmes à leurs fenêtres jettent de l'eau sur des jeunes gens qui s'enfuient. Au milieu de ces deux episodes, le sujet principal se compose d'une femme représentant le Génie de la peinture arrivé sur des nuages; elle

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tient, d'une main, l'ordonnance fleurdel vsce et une palette; de l'antre, un bâton dont elle menace le modèle effrayé qui est couché sur sa table à côté d'un sablier , d'un réchaud de charbon et du support sur lequel il s'appuie quand il est debout. En l'air des tetes de vents sur des nuages éteignent les lumières posées sur un plateau suspendu a une poutre; des chauves-souris volent de tous les cotés, et les élèves, qui étoient assis sur un banc circulaire placé autour du modèle, s'enfuient dans toutes les directions. Leurs cartons sont épars à terre avec ces inscriptions dont l'une avoit peut-être un sens : A—H—M—Bl—F—D—P —BARON BEC—G; enfin sur le milieu du devant se trouve une auge à plâtre avec une truelle. Seroit-ce aller trop loin? A voir tous ces détails accumulés par l'esprit d'un ami très bien pensant, à voir aussi ce plâtre du Mercure antique qui me fait penser aux statues du livre des Sentiments , je ne serois pas éloigné de croire que cette pièce, d'une eau forte légère et assez incorrecte, mais spirituelle, est encore d'Henri Testelin. Ce seroit une pièce de plus à joindre au catalogue de M. Robert Dumesnil.

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