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février,

Venus de Bry, voisin du lieu ,
Respondirent auee rudesse : •
« Ie sons vallets de Son Altesse;
Ce sera pour vne autre fois. »
* Ce fut le cinquiesme du mois
Que quelques trouppes ennemies?
Pour poursuiure leurs volleries
Et le dégat du plat pays, .
Prirent leur vol de S. Denis.
Hélas ! que tu deus estre en trance,
Pauure Mesnil Madame Rance!
Ce iour, c'estoit à toy le dez;
Tes murs n'estoient pas bien gardez.
Ils mirent au fil de leurs lames
Enfans, vieillards, hommes et femmes,
Et firent acte de larrons
Par tous les bourgs aux enuirons.

C'est ce iour si ie ne me blouze,
Que l'Archeuesque de Thoulouze
Reuint icy de Sainct Germain ;
Mais non, ce fut le lendemain.
Nenny, ce fut ce iour-là mesme
Qu'estant allé dès le troisiesme
Y faire prédicationibus illy
De nostre bonne intention, ,
En guise d'vne remonstrance,
Il ne pust auoir audience;
Et sans qu'on l'oüist, il auint
Que le zélé prélat reuint. .

Ce iour mérite quelque notte,
Puisque le Mareschal la Motte
Et le vaillant Duc de Beaufort,
Qu'on appeloit frappe d'abort?,
· Que quelques troupes mazarines
. ? Qui fait tout nostre reconfort.

Sortis auec Cavalerie
Pour purger les chemins de Brie
Des picoreurs de Sainct Denis,
Virent près les bois de Bondisi
Vne forte trouppe et très grande
De Caualerie Allemande.
Demander si nos généraux
Furent aussitost à leur dos ,
C'est péché mortel que ce doute.
L'Allemand fut mis en déroute
Après s'estre bien défendu ,
Iusques là mesme, qu'vn pendu , '
Le Capitaine de la trouppe,
(Quand i’y songe ma voix s'étoupe)
Vint tirer à brusle-pourpoint
Nostre Duc, qui ne bransla point;
Mais d'vn revers de cimeterre
Renuersa ce Reistre par terre;
Les vns disent de pistolet. ..
Enfin le coup ne fut pas laid.
Le drosle en est au cimetière,
Et mord fièrement la poussière.

Le sept, par vous, braue Condé,
Le Duc d'Orléans secondé,
Ayant tiré des voisinages,
Des villes, bourgs, chasteaux, villages,
Autant de troupes qu'il en put,
Sans que Paris debloqué fut,
Il fit bien de caualerie
Trois mille , et cinq d'infanterie,
Qui filèrent, toute la nuict ,
Vers Charenton à petit bruit".

7 février Siege de Cha

renton.

1 Lieu dont il auoit connoissance
9 Qu'vn chef de grande expérience

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Lundy huit , l'aurore esueillée
Vous trouua dans vne vallée,
Que nous appelons tous Fécamp,
Où le volleur est très fréquent
Durant tous les mois de l'année ;
Mais où deuant cette journée
lamais tant il ne s'en compta
Que dans ce jour elle en porta.
Là vostre Gros prit la scéance,
Et se saisit de l'éminence,
Tandis que quelque Régiment
Détaché par commandement,
Alla pour donner l'escalade
A la malheureuse bourgade.
Avant qu'aucun fust assommé,
Chanleu par vos gens fut sommé ?
De leur remettre cette place,
Qui ne leur fit pas cette grâce;
Et sur l'heure les assiégeans
De cette brauade enrageans
Occupèrent les auenues on
Que nos canons rendirent nues.
Sans mentir, le coup le premier
Les fist plus nettes qu'vn denier;
Le second rompit quatre cuisses;
Le troisiesme tua deux Suisses.
Nauarre, braue Régiment
Lascha le pied vilainement.
Vingt de ses officiers à terre

Estoit le fidèle gardien, s o

Et qu'il le défendroit bien. ' Attaque et prise de Charenton, etc. [431]; Prise de Charenton, etc. [2870).

* Le marquis de Clanleu. Louange de feu M. le marquis de Clanleu, etc. [2325].

Maudirent mille fois la guerre
Qui les enuoyoit chez Pluton
Deuant vn chétif Charenton.
Vostre Altesse ayant sceu l'escarre
Qui s'estoit faite de Nauarre,
Pensa creuer dans son pourpoint;
Pourtant elle ne creua point,
Sur l'espérance de combattre *
Le badaud qu'on tenoit à quatre,
Qui comme vn Diable iuroit Dieu
Qu'il vouloit secourir ce lieu.
Il disoit d'elle peste et rage,
Cependant qu'auec aduantage
Elle attendoit ceux de Paris, ,
Comme le chat fait la souris.
Se fiant sur son éminence,
Elle auoit grande impatience
De taster le poux au Bourgeois
Qui ne sortit pas cette fois."
Il est prudent et craint la touche, ,
Foint qu'il n'aime point la cartouche ,
Et qu'elle en auoit fait charger.
Paris n'en vouloit point ronger, .
Et certes auecques prudence
(Puis qu'on dit que cette éminence,
Se pouuoit aussi peu forcer
Que l'autre se pouuoit chasser),
Vostre Altesse faisant fanfare,
Commit pour soustenir Nauarre
Chastillon auec du renfort,
Ou plutost pour chercher la mort";

"On ne compte pas moins de dix pièces sur la mort du duc de Chalillon. Regret de la France sur la mort de M. de Chatillon , etc. [3080]; Lettre de consolation enuoyée à madame de Chatillon, etc. (1921); Dernières paroles de M. le duc de Chatillon, etc. [1036), etc., etc.

Car, hélas ! au bas de son ventre
Vne balle de mousquet entre,
Sans respecter ce Duc nouueau
Ieune , vaillant, adroit et beau'.
Tost après vos troupes filèrent
Par des iardins qu'elles forcèrent,
Si qu'il conuint à nos soudårts,
Enuironnez de toutes parts;
De faire vne retraite honneste.
Ce ne fut pas sans casser teste,
Et percer maints et maints boyaux
De maints et maints et maints Royaux.
Chanleu deuant qu'il deuint ombre,
En tua de sa main grand nombre,
Tant que lardé de plusieurs coups
Ce braue prit congé de nous,
Et finit vaillamment sa vie
Par vne mort digne d'enuie;
Ayant deuant mis par quartier
Vn qui luy présentoit quartier.
Charenton se rendit en suite.
La Garnison se mit en fuite,
Qu'on taschoit de secourir, quand
Il fallut passer par Fécamp;

Et qui deuint en moins d'vne heure
Grand prédicateur, ou ie meure,
Puis qu'au iour qu'il est décédé
Il prescha son cousin Conde;
Tesmoin ses paroles dernières
Qu'il accompagna de prières
Capables de fendre vn rocher.
Aussi ne put pas s'empescher
Condé de lui donner des larmes
Et trahir le Dieu des allarmes,
Ennemis de Dame Pitié;
Mais ce furent pleurs d'amitié
A cause de leur parentage.

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