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II pars

Le Ieudy, vint à l'audience
Auec des lettres de créance
Que dans sa poche il apporta ,
Vn Députté que députta
Monsieur le Duc de La Trémouille
Qui voulant empescher la rouille
De son courage martial,
Monté dessus son grand cheual,
Pour le secours de nostre ville,
Auoit leué près de trois mille,
La moitié grimpez sur roussins,

D'apporter des grains à Paris
Et de les débiter aux prix
Qu'ils priseront leur marchandise;
Ordre à tout boulanger qu'il cuise
Toute la farine qu'il a, te
En pain bis, blanc qu'il pestrira,
Afin que chacun puisse viure ,
L'vn de trois , l'autre d'vne liure;
Permis d'en cuire iusqu'à six ,
Mais passé ce poids, plus permis ;
Veut qu'à la Halle soit conduite
Toute la farine non cuite
Que Paris reçoit chaque jour,
Pour estre, chacun à son tour,
Livrée à diuerse mesure, o
Sçauoir : aux hommes de roture
Auecque modération in
Et selon leur condition;
Pour messieurs de la Bluterie,
Gent qui fait fort la renchérie,
A qui chacun comme à Parquet
Crioit : « Je suis vostre valet, »
Appelant, durant la famine, u
Leur femme commère ou cousine,
Ces gros messieurs, dis-ie , 'en prendront
Autant de septiers qu'ils voudront;
Deffences à tout personnage
D'arrester ou mettre au pillage
Les farines ni leurs charrois;
Commandement fait au bourgeois

L'autre moitié des fantassins".

La nuit, les trouppes ennemies
Que nous croyions estre endormies,
Vinrent voir ce que nous faisions.
Et virent que nous acheuions
Nostre pont dessus la riuière,
Ouurage qui ne leur plut guère
Et qu'elles eussent bien aimé
De voir de loin bien allumé.
Ce fut du costé de la Brie
Que parut leur caualerie
Qui yint reconnoistre ce pont;
Mais son retour fut aussi prompt
Qu'auoit esté son arriuée ;
Heureuse de s'estre sauuée,
Puisqu'elle eust bientost veu beau ieu;
Les nostres affligez fort peu
D'auoir manqué cette couronne,
Et de n'auoir tué personne,
Veu que c'est vn acte cruel
Et que l'on traittoit à Ruel.

D'où le lendemain ils retournerent,
Et des articles apportèrent?

D'empescher cette gribouillette
Qui des charrettes seroit faite,
De courir sus et d'estriller
Ceux qui voudroient ainsi piller.
Qu'il n'attend rien pour mettre en voye
Qu'vn ordre que la Cour enuoye, .
Dont il demande l'vnion
Auecque vne commission
Pour arriuer en diligence;
Sur quoi la Cour à l'audience
Incorpore par son traité

Ce Duc de bonne volonté.
3 Procès verbal de la conférence faite à fiuel, etc. [2892]; Articles de la
paix conclue et arrestée à Ruel, etc. [413].

12 mars. 13 mars.

Tous nos Messieurs les Desputez
Assez tard, mais assez crottez;
Et dès ce jour les deux armées,
Se sont vniquement aimées.'
Il n'est pas resté pour vn grain
De frondeur ny de Mazarin.'

Samedy, la Cour assemblée
Parut extresmement troublée
D'apprendre que nos Généraux '
N'auoient esté qu'en certains mots
Compris au traitté pacifique,
Sans auoir fourny de réplique,
Veu que personne de leur part
N'auoit contesté pour leur part;
Si bien qu'en cette conioncture
Il fut dit qu'auant la lecture
De ce qu'on auoit arresté,
Derechef seroit député
Pour conférer des aduantages
De ces illustres personnages,
Et de tous les intéressez,
Tant qu'ils eussent dit : c'est assez,
Qu'on supplieroit le Roy de mettre
En vne seule et mesme lettre.

Ce iour, on eut aduis certain
Que Monsieur du Plessis-Praslain
Auoit des trouppes ennemies
Fait vn amas des mieux choisies,
Pour s'opposer à l'Archiduc
Qui s'auançoit d'vn pas caduc,
Et de qui la desmarche lente
Ne donnoit pas moins d'espouuante.

Le Dimanche, les Desputez.
En carrosse estoient ià montez,
Quand lettre du Roy fut receue

14 mars.

En termes absolus conceue,
Portant vne interdiction
De faire députation, i
Que les articles qu’apportèrent

N'eussent esté vérifiez.
Sur quoy Messieurs furent criez
Par l'insolente populace,
Qui les poussoit auec menace, , *
Disant tout haut : « le sons vendus.
Ie serons bien tost tous pendus
S'il plaist au bon Dieu, ma commère.
C'est grand pitié que la misère.
Ils auont signé nostre mort.
C'est fait de Monsieur de Biaufort.
Guerre et point de paix pour vn double! ,
Mais en dépit de ce grand trouble,
Il fut par Messieurs résolu .
Que le lendemain seroit lu
Le contenu desdits articles,
Et qu'auec paire de besiclesi
On examineroit de près
S'ils portoient vne bonne paix.

Le Lundy, la teste affublée,
Nos chefs estant en l'assemblée,
Lesdits articles furent leus;
Et la Cour n'en fit point refus;
Mais seulement pour la réforme
De quelqu'vn qui sembloit énorme,
Ordonna qu'on députeroit
Et qu'ensemble l'on parleroit
Pour nos chefs qui feroient escrire
Ce que chacun pour soy désire,
Pour estre au traicté de Paris
Tous les intéressez compris.

15 mars

La Boullaye, qui commandoit les cochers de Paris.

Ce Lundy, le courrier du Maine,
Mit nos esprits hors de la peine
Où longtemps ils auoient esté,
Si le Diable auoit emporté.
Le sieur marquis de La Boullaye',
Qu'il asseura pour chose vraye
Auoir paru vers ces quartiers ?
Auecque force caualliers
Qui sçauoient mener le carrosse
Et ne cherchoient que playe et bosse;
Que le Marquis de Lauerdin
Fuyant deuant luý comme vn din,
Toute la Mancelle contrée
Pour Paris s'estoit déclarée.

Le Mardy, tous nos Desputez
Sous des passe ports apportez,
Pour la troisiesme fois marchérent,
Et comme il estoit dit, allèrent
Pour leurs Maiestez supplier
Que du mois d'Octobre dernier
La Déclaration receue
Après tant d'allée et venue
Pour le commun soulagement
Ne souffrist aucun détriment..

46 mars.

L'effroy de Saint Germain en Laye.
* L'Entrée de M. le marquis de La Boulaye dans la ville du Mans, etc.
(1224].

Ce mesme iour, Messieurs de Ville
Firent vne deffence vtile
De laisser sortir désormais
De Paris poudre ny boulets,
Ny tout ce que la ville enserre
D'autres munitions de guerre,
Et, comme disoit la chanson,
Ny plomb, ny mesche, ny canon;
Mandement à la gent soldate

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