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30 mars.

31 mars

Deffendit de rien imprimer ';
Ce qui ne fit que ranimer
Cette criminelle manie
Que chacun croyoit assoupie;
Mais de qui la démangeaison
S'accroist depuis vostre prison.

Le Mardy, la nuict estoit close
(L'homme propose et Dieu dispose).
Lorsqu'on ne les attendoit plus
Nos Desputez sont reuenus.

Le Mercredy, dans l'audience
Le procez de la conférence
Leu qu'il fut haut de bout en bout,
Au lendemain on remit tout.

Et le premier d'Auril , fut leue
La Declaration receue ?
Qui nous rendit nostre repos,
Dont voicy les poincts principaux :
Nos Arrests, escrits et libelles
Ne seront que des bagatelles
Depuis le sixiesme ianuier
Qu'il fut tant perdu de papier,
Sans que pour chose aucune faitte

fer ayril.

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2 Déclaration du Roy pour faire cesser les mouuemens et rétablir le repos et la tranquillité de son royaume, etc. (944).

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Personne en soit plus inquiette ;
Ce que pour nous rendre plus doux ,
Le Roy voulut que contre nous
Tant de Lettres expédiées,
De Déclarations criées
Du costé de Sa Maiesté,
Tout fut cassé par sa bonté,
Qui prit la place de la haine.
On dit que sa Mamman la Reine,
Dès le premier beau iour d’Esté,
Enuoiroit au fleuue Lethé
Quelqu'vn qui prist de cet eau forte,
Qui fist oublier toute sorte
D'unions, ligues et traittez,
Dont ne seroient inquiétez
Ceux qui pour faire telle ligue,
Non contens de faire vne brigue,
Ont leué soldats, pris deniers,
Tant publics que particuliers“,
Qu'on maintiendra dans leurs offices
Biens, honneurs, charges, bénéfices,
Au mesme estat qu'ils se treuuoient
Quand les Parisiens beuuoient,
La nuict des Rois, nuict qu'ils perdirent
Le vray pour mille faux qu'ils firent,
Pourueu qu'ils mettent armes bas,
Et ne s'opiniastrent pas
Aux ligues, s'ils en ont aucune,
Sous couleur de cause cominune;
Tous les prisonniers renuoyez;
Tous nos soldats congédiez;

Mesme que Princes, Gentils hommes,
Seigneurs, Prélats, tous autres hommes,
Qu'on sçait auoir contribué
Ou quelque Mazarin tué.

Ce qui fut fait '. La Cour joyeuse
D'vne fin de guerre ennuyeuse ,
L'enregistra , la publia,
Vérifia, ratifia,
Et quand elle fut publiée ,
Registrée et vérifiée,
Dit qu'on priroit leurs Maiestez
De rendre à Paris ses beautez,
Sa splendeur et Son Eminence
En l'honorant de leur présence ;
Ce qui ne se fit pas si tost
Qu'auroit désiré le courtaut;
Car le Roy partit pour Compiègne,
Où trois mois il tint comme teigne,
Et ne reuint de très longtemps
Au grand deuil de nos habitans.

Ainsi la paix nous fut donnée,
Et nostre guerre terminée.
Ainsi finit nostre blocus.
Ainsi ny vainqueurs ny vaincus,
Nous n'eusmes ny gloire ny honte.
Nul des partis n'y fit son compte.
Le vostre y souffrit moult ennuis,
Y passa de mauuaises nuicts
Dans vn si grand froid, qu'on presume
Qu'il y gagna beaucoup de rhume.
Le nostre en fut incommodé;
Le Carnaual en a grondé.

· Enfin veux tu que ie te die ?

Cher Lecteur , si ie ne poursuie ,
Ie suis malade et ne puis;
Et s'il m'est permis de tout dire,
Il m'est impossible de rire,
Que du bout des dents, d'vne paix
Où deuient plus grand que iamais...
Mais brisons là.

Le Caresme en a fait sa plainte.
Philis, Cloris, Siluie , Aminte
Y perdirent tous leurs galands.
Le Palais n'eut plus de chalands.
Le procureur fut sans pratique,
Le marchand ferma sa boutique.
L'Arthamène fut sans débit";
Et l'on pensa chanter l'obit
De Lybrahim, de Polexandre,
De Cléopâtre et de Cassandre,
Auec celuy de leurs autheurs,
Leurs libraires et leurs lecteurs.
Le sermon n'eut plus d'audience ;
Le charlatan plus de créance.
L'hostel de Bourgogne ferma.
La trouppe du Marais s'arma.
Iodelet n'eut plus de farine
Dont il put barbouiller sa mine.
Les marchez n'eurent plus de pain;
Et chacun plus ou moins eut faim.
Mais sitost que par sa présence
La paix nous promit l'abondance
Que le Roy seul nous redonna ,
Quant sa Maiesté retourna,
Aussitost disparut le trouble.
Plus de misère pour vn double.
Paris a repris sa beauté.
Tout est dans la Prospérité.
Le marchand est à sa boutique;
Le procureur à sa pratique;
Les hommes de robe au Palais;
Les comédiens au Marais;

* L'Arthamène et l'Ibrahim sont de Mille de Scudéry, Polexandre de Gomberville, Cléopâtre et Cassandre de La Calprenede.

Les artisans à leur ouurage.
Les bourgeois sont à leur ménage;
Les bonnes femmes au sermon.
Cormier est à son Galbanon;
L'apothicaire à sa seringue;
Et vous, le vainqueur de Nortlingue,
De Rocroy, de Fribourg, de Lens,
L'effroy de tous les Castillans,
Estes dans le bois de Vincenne.
Dieu vous y conserue et maintienne
En santé.

Manifeste de madame la duchesse

de Longueville (2363]'.

(9 mai 1650.)

Puisque la Paix de la France, la liberté des Princes, le maintien de l'authorité des loix et des dernières déclarations, le soulagement du peuple, la conseruation du royaume et le repos de la Chrestienté, à quoy le Cardinal Mazarin s'oppose et qui ne peuuent désormais

puisque i'ay esté portée par le conseil des gens de bien de repousser auec force la violence de la Tyrannie de ce · Ministre, et qu'on a cru nécessaire d’arrester le cours de ses noires perfidies par la bonne foy d'un traitté qui se propose pour sa fin des biens si grands et si souhaitables, ie seray fort aise de rendre compte au publicq de la con

"Mme de Motteville ne doute pas que cette pièce ne soit de Mme de Longueville elle-même. Villefort se contente de dire que si la duchesse ne l'a pas faite, elle était bien capable de la faire.

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