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Supprimé le Neueu du Pape",
Pour plaire à ce beau Cardinal
A qui tu seruois d'vrinal;
De la paix que tu pouuois faire,
A l'Europe si nécessaire,
Et qui fut par toy neantmoins
Refusée aux yeux de témoins
Qui comme ils sont tous gens notables,
Ne peuuent estre reprochables;
De nostre Monarque enleué,
En quoy ton Altesse a resué;
De la grande ville bloquée;
De toute la France attaquée,
Laquelle te l'a bien rendu,
Dont ie te tiens très confondu;
D'auoir appaisé la Guyenne
Selon ta méthode ancienne;
Et de Richon qui fut pendu,
Plaise à Dieu qu'il te soit rendu!
Comme aussi du pauure Canole,
Puisses tu perdre la parole
De la façon qu'il la perdit
Quand à Bourdeaux on le pendit ?!
D'auoir perdu par ignorance
L’authorité des Rois de France;
D'auoir au soldat estranger
Offert la France à saccager;
Mais par grand bonheur Léopolde
S'est deffié d'vn manigolde,

• Francesco Pamphili, neveu d'Innocent X. Le Tableau funeste des harpies de l'Estat, etc. (3748).

Le chevalier de Canolle, lieutenant-colonel du régiment de Navailles, fait prisonnier dans l'ile de Saint-Georges par les Bordelais, fut pendu en représailles de l'exécution de Richon, gouverneur du château de Vayres pour le parlement de Bordeaux.

Dont la parole et le cachet
Ne seruent que de trébuchet,
Et (deffendez-luy la caballe)
Qui n'est qu'vn Ministre de balle;
D'auoir fait éloigner Séguier ,
Ce grand, ce digne Chancelier;
De Gondy dont tu prens ombrage
Pour son esprit et son courage
Et cent vertus que tu n'as point,
De toy différent en ce point,
Que la dignité Cardinale
D'un Cardinal Sardanapale,
En tous ses plaisirs criminel,
Reçoit vn opprobre éternel,
Et que de ce Prélat illustre
La pourpre receuroit du lustre;
D'auoir osé choquer Gaston,
Prince en sagesse vn vray Caton,
En valeur yn autre Alexandre;
Estoit-ce à toy de l'entreprendre?
Pauure rat qu'on vit autrefois
En petit pourpoint de Chamois,
Quand, de Sachetti secrétaire,
Honorable employ pour vn hère,.
Tu seruois aux plus débauchez
Au ministère des Péchez;
De Crémone, et de son sot siège;
De la principauté de Liège,
Dont eust esté Coadiuteur
Le frère de ton Protecteur",
Si par mille pratiques sourdes,
Ton esprit trop fertile en bourdes
N'eust traistreusement éludé

* Le prince de Conty.

Les desseins du vaillant Condé,
Qui depuis, ô le plus grand traistre
De ceux qui se meslent de l'estre,
Pour t'auoir si bien protégé,
Se voit dans le Haure logé,
Luy dont le bras fut ton Ægide,
Qui te tira comme on Alcide
Des mains du peuple, yn autre Hydra,
Lequel enfin se préuaudra
Des fureurs dont il est capable;
Et lors, Ministre détestable,
Bougre, des Bougres le maieur,
Des politiques le mineur,
Par qui la France est décriée,
De ses amis désalliée,
Par qui le commerce est perdu,
Enfin tout l'Estat confondu,
Alors, dis-ie, le plus sot homme
Qui soit iamais sorti de Rome,
Reietton de feu Conchini,
Pour tout dire Mazarini,
Ta carcasse des-entraillée
Par la canaille tiraillée
Ensanglantera le paué;
Ton Priape haut esleué
A la perche sur vne gaule
Dans la capitale de la Gaule,
Sera le iouet des laquais,
L'objet de mille sobriquets,
De mille peintures grotesques,
Et mille Epitaphes burlesques.
Hé bien, ô Cardinal pelé!
N'est-ce pas à moy bien parlé?
Tu ne sçauras pas qui te tire
Par derrière cette satyre?

Iule, iadis l'omnipotent,
Tu voudrois bien m'en faire autant;
Et tu me voudrois bien pis faire,
Prince malgré toy débonnaire.
Pouuant bien faire à tous, dy-moy,
Pour quoy n’as-tu faict bien qu'à toy?
Sergent à verge de Sodome,
Exploittant par tout le Royaume,
Bougre bougrant, bougre bougré,
Et bougre au suprême degré,
Bougre au poil et bougre à la plume,
Bougre en grand et petit volume,
Bougre sodomisant l'Estat,
Et bougre du plus haut karat,
· · · · · · · · · · ·
Bougre à chèures, bougre à garçons,
Bougre de toutes les façons,
Bougre venant en droite ligne,
. . . . . . . . . . .
Bougre Docteur in vtroque,
Pippeur, Magicien quoque ,
Homme aux femmes et femme aux hommes
Pour des poires et pour des pommes,
Comme deffunt Iean Foutakin”,
Fils et petit fils d'vn faquin
Qui diffames la Caze Vrsine
Par l'alliance Mazarine,
Qui de Maraux fais des Abbez,
Aux liures préfères les dez,
A tous les gens d'esprit est rogue,
Et pourtant d'vn Roy Pédagogue,

Ha! que ne puis-ie d'vn reuers · Lettre de la signora Foutakina à messer Iulio Mazarini, etc. (1948).

. Le père du Cardinal avait épousé en secondes noces une dame de la maison des Ursins.

Accompagner ces petits vers,
Ou sur ta teste chauue et folle
Appliquer vne croquignolle!
Mais le temps tout amènera;
Et la fronde t'acheuera.
Ministre à la teste de courges,
En fauteuil les armes de Bourges,
On te reuerra dans Paris;
Et là comme au trébuchet pris,
Et de ta rapine publique,
Et de ta fausse Politique,
Et de ton sot gouuernement,
Au redoutable Parlement
Dont tu faisois si peu de conte,
Vltramontain, tu rendras compte;
Puis après ton compte rendu,
Cher Iule, tu seras pendu
Au bout d'une vielle potence,
Sans remors et sans repentance,
Sans le moindre mot d'examen,
Comme vn incorrigible; Amen!

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