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pendant lequel temps les Religieux sont tous à genoux ; et estant remontée, l'on commence tout aussitôt Vespres, lesquelles dites chacun s'en va se lauer pour se réchauffer.

Le reste de la iournée, tant les religieux que les Porteurs de ladite Châsse se doiuent comporter le plus déuotement que faire se peut, en prières et Oraisons, afin d'appaiser l'ire de Nostre Seigneur et le rendre propice enuers son peuple.

Et faut remarquer que tout le luminaire , tant la veille que le iour, soit cierges, torches , flambeaux , armoiries, doiuent estre fournis par Messieurs de la Ville; et faut que ce soit toute cire blanche.

Le Cheualier du Guet doit estre soigneux auec tous ses Lieutenans, Exempts et Archers tant à cheual qu'à pied de se promener par les rues, estant armez de leurs armes pour empescher les séditions qui se pourroient commettre par quelques insolens. Dieu nous donne la grâce que nous le puissions appaiser par les prières de sa Mère et de la bien heureuse Vierge Saincte Géneuiefue, à l'honneur de quoy ce présent traicté a esté fait. Ainsisoit-il.

L'Esprit de paix [1284] •.

(25 juin 1652).

le ne suis ny Prince, ny Mazarin; ie ne suis ny de party, ni de cabale; ie ne suis qu'Esprit et ne fais point de Corps; ie veux la Paix et ie déteste la Guerre; ie suis bon François et ie ne prends part qu'aux seuls intérests de ma patrie.

PEUPLES. Croyez cet auis aussi désintéressé que véritable; n'entrez point dans vne querelle où vous ne pouuez que périr. Elle a esté assez fatale à tout le Royaume pour vous en détourner par le souuenir des choses passées et par l'exemple des malheureux. Vous voyez tout l'Estat en combustion, les Prouinces désolées, les Peuples fugitifs, les Loix mortes, le Commerce rompu partout où l'animosité des partys a porté ses ressentimens; il n'y a liberté de respirer que dans les lieux où la guerre n'a point encore esté, et dans ces climats heureux que les factieux n'ont pu séduire par leurs intrigues, ny tirer par leurs promesses de leur deuoir, pour les ietter dans le désordre.

Quel intérest auez vous dans celuy des Princes ? Com

' Il est dit dans l'Esprit de guerre des Parisiens, etc. [1282], qui est une réponse du parti des princes, qu'un porteur de l'Esprit de paix ayant été arrêté, il déclara que ce pamphlet lui avait été remis chez le Coadjuteur. C'est possible; mais l'auteur ne me paraît pas moins être le père Faure, prédicateur, confesseur de la reine et successivement évêque de Glandèves, de Montpellier et d'Amiens.

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batent ils pour vous? Sont ils vnis auec vous? Ne traiteront ils point sans vous ? Serez vous dédommagez de toutes vos pertes ? Et ce peu qui vous reste, sera-t-il conserué par vos armes ? Pauure Peuple, qui t'exposes iournellement à la peste et la famine, en faueur d'vne ingrate grandeur dont tu as esprouué si souuent ou l'inconstance ou l'infidélité! Vse de ta raison ou de ton expérience; ne crois plus ces supérieurs intéressez ou corrompus qui t'engagent à les seruir pour se dégager de leurs téméraires entreprises. Ne vois tu pas bien que le Parlement se dégage le plus adroitement qu'il peut, d'vne liaison qu'il auoue auoir mal faite, et que les mieux sensez pratiquent sourdement leur accommodement, pour se libérer de la punition qui pend sur la teste des malheureux ou des coupables et dont la foiblesse ou l'indifférence des Princes ne les tirera iamais ?

le ne parle point en faueur de qui que ce soit; et si tu fais réflection sur la vérité de ce que je te dis, tu verras bien que l'esprit de Paix parle par ma bouche et que cet auis est également sincère et véritable. C'est à toy d'en profiter et de régler là dessus tes mouuemens et tes pensées.

Demande la Paix, pour iouir ou du fruit de ton trauail et de tes peines, ou du bien de tes pères. Demande le Roy pour l'asseurance et le sacré gage de cette paix, la prompte punition des coupables et des interrupteurs de la Paix, qui ne veulent que la confusion pour pescher en eau trouble et se rendre importans et redoutables à tes despens, qui ont eux mesmes fait venir le Cardinal Mazarin pour donner prétexte à leurs mouuemens, qui ont autant de peur de voir esteindre l'incendie qu'ils ont eu d'ardeur à l'allumer.

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S'ils veulent combattre le Mazarin, il faut que ce soit par eux mesmes; c'est vn coup de Cabinet et non pas de Rébellion. C'est vne affaire particulière qu'il ne faut pas rendre publique, et qu'ils ont deu démesler dans le secret, par l'authorité de leur naissance et non pas par l'oppression de l'Estat et du Peuple. Ils ont deu mesurer leur ressentiment et prendre garde que leur iniure particulière ne deuinst générale et uniuerselle et que le succez de leur vengeance n'enuelopast la perte du Royaume dans celle de leurs ennemis. Mais, pauure peuple, ouure tes yeux; considère si leur dessein est la perte du Cardinal Mazarin. Ont-ils voulu empescher son entrée? Tu sais bien que les troupes de S. A. R. estoient en assez bon nombre et assez bien postées sur la riuière d'Yonne et depuis sur Loire. La haine des peuples estoit presque capable de l'arrester, si elle eust esté soustenue par celle des Princes. On a fait la guerre. L'ont ils faite à leurs despens? Soldoyent ils leur armée ? Ne subsiste elle pas sur le paisant et sur le plat pays ? Mais cependant n'ont ils pas fait des propositions, n'ont-ils pas dressé des articles et cherché les occasions fauorables à leurs desseins, sans y appeller ny le Parlement qu'ils ont embarqué, ny les Peuples qu'ils ont affligez?

Si le Roy ne leur accorde pas ce qu'ils demandent aux despens des peuples, et si l'on ne donne pas à M. le Prince le meilleur reuenu du Royaume, pour l'indemniser de la dépence qu'il a faite pour te ruiner, aux despens de tes rentes et des gages des Officiers; si l'on ne fait pas Marchin Mareschal de France, ce lasche déserteur de la Catalogne; si l'on ne satisfait pas M" de Montbazon, les chères délices de ce grand

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génie le Duc de Beaufort; si l'on ne contente pas le Marquis de La Boulaie; enfin si le Roy ne souffre pas le partage de son Estat, pour contenter tous ceux qui se sont iettez dans leurs intérests, l'on verra à l'instant des menaces de l'establissement d'une tyrannie. L'on se vante de faire des assassins en plaine rue; l'on promet à la canaille des billets pour piller les maisons, exposer chacun à ses ennemis particuliers, et ceux qui ont du bien, à l'auarice des filoux.

Il est temps que tu y donnes ordre et promptement. Aussi bien la misère de tant de pauures qui ont amené leurs bestiaux, va te donner la peste, qui n'espargnera ny les grands ny les petits et qui aura bien tost déserté Paris et désolé la face de cette grande ville, le séiour des Roys et l'ornement de l'Estat.

Crois donc l'Esprit de Paix; demande le à Dieu à quelque prix que ce soit. Que le Roy soit Maistre sans condition; le Peuple sans oppression ; le Royaume sans guerre; les Princes en leur deuoir; les Loix en leur iuste force ; le Bourgeois en paix; la Campagne libre; le Paysan dans sa maison ; les armées sur la frontière et enfin l'ordre restably, pour vser doucement de la vie et pour faire réussir le dessein légitime que tu dois auoir de iouïr de tous ces aduantages. Va t'en en foule au Palais d'Orléans à S. A. R. dire que tu es las de tant de misères, que tu demande ton Roy et la Paix, et qu'il vienne sans condition receuoir dans sa bonne ville de Paris l'obéïssance et l'amour de ses peuples.

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