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Or dessus vous vn chacun glose Et produit bien plus d'vne cause Pour clore vostre digne bec Et mettre vos Arrests à sec. Primo, l'on vous tient vn peu bestes (Vous verrez tantost si vous l'estes); Secundo, pour intéressez ; Et si cela n'est point assez, Tertio, pour gens de qui le nombre De son corps ne peut faire l'ombre; Quarto, pour des gens vacabons, Et comme vn huis hors de ses gonds; Enfin pour gens de Triquenique, A qui l'on doit faire la nique, Et qu'on va chiffler au Palais Si vous y reuenez iamais. Primo, si bestes on vous nomme, Qui de vous se pourra dire homme? Et n'est ce pas vn trait d’oysons D'auoir délaissé vos maisons, Paris et la Chambre dorée, Où la Justice est adorée, Pour suiure ce Maistre Jean-cû Qui vous a fait placer le cû Dans yne ville de Pontoise, Pour trancher, dans ce nid à rat Des luges du plus haut karat. Secundo, n'est il pas visible Que celuy qui rend tout possible, l'entens le diable d'intérest , Vous a fait player le iarret Et prosterner deuant la beste Dont vous auez proscript la teste?

Premièrement, vous président Dont la barbe eut tant d'ascendant

Sur la pauure badauderie',
Et pourquoy si sainct et pieux,
Estes vous si peu soucieux
Du bien de nostre ieune Prince,
Dont on rend le crédit si mince,
Si ce n'est que vos interests
Vous touchent vn peu de plus prests?
La Mitre et la rouge Calotte,
Dont vostre espérance on balotte,
Les abbayes et les Sceaux
Sont, direz-vous, de bons morceaux,
Et méritent bien que l'on choye
La main qui tient si belle proye.
Et vous Président de Noyon”.
Pourquoy faites-vous le coyon;
Vous, qui iadis aux assemblées,
Donniez de si rudes sanglées
A ce faquin que vous suivez?
Nous iurerions que vous creuez,
Si nous ne sçauions qu'vne crosse
D'vn Genest peut faire vne rosse,
Comme l'Éuesché de Beauuais,
D'un homme de bien vn mauuais.
Et vous Coigneux, que la grand'chambre
Rend plus froid que neige en décembre,
Qui vous rend si fort différend
De feu Monsieur vostre Parend?
le veux dire feu vostre père,
Qui fuioit comme vne vipère

'Le premier président, Mathieu Molé. Poème sur la barbe du prem. présid. (2305).

* Nicolas Potier de Novion, président au mortier. Il était désigné pour être chassé de Paris, ainsi que Menardeau, dans la Très humble remontrance des bons bourgeois de Paris à nos seigneurs du parlemeni, etc.

Les cardinaux et leur faueur.
Et vous tout de contraire humeur
Courez après son Éminence,
Et prenez en main sa deffence?
Ah! ie comprens vostre raison : .
Vn Breuet en vostre maison
(Mais le Breuet d'vne abbaye)
Vous peut faire aymer chose haye.
Ainsi vous aymez Mazarin";
Et Faideau suit le mesme train?,
Faisant voir qu'vn grand lanseniste
Peut estre grand Mazariniste,
Et qu'on peut sans difficultez
Conioindre ces deux qualitez
Auecque vne bonne abbaye,
Portant tiltre de Baronnye,
Comme fait celle de Berné
Dont on luy bailla par le né,
Lorsque feu son oncle fit flandre
Pour en l'autre monde se rendre,
Et là voir si le Cardinal .
Fait loger les siens bien ou mal.
Perrot, Tubeuf et Bragelonne,
Nous sçauons bien ce qu'on vous donne,
Et ce qu'on ne vous oste pas

· · Le Mercure de la Cour, etc. (2452) suppose que c'est Bautru qui a conseillé au cardinal Mazarin d'appeler le parlement à Pontoise. Il le fait parler ainsi : « Le Coigneux et Perrot seront les deux espaules , parce que ce sont deux bons soutiens de iustice; et s'il y a des coups à receuoir, ils sont capables de les porter. »

* Feydeau , abbé de Bernay, conseiller clerc. Il faut voir le Parlement burlesque de Pontoise, etc. (2701).

* Charles Tubeuf, baron de Blansac, président au mortier, un des familiers du cardinal Mazarin.

« Bragelogne et Tambonneau seront les cuisses parce que ce sont deux bons gros piliers. » Le Mercure de la Cour, etc.

Pour suiure de Seue Mandas“,
De la Barre et de Ville-Neufue,
Gens qui font tout pourueu qu'il pleuue ;
Aussi bien comme Tambonneau,
Lefèure? et le gros Menardeau
Qui pour obtenir l'intendance
Est Mazarin à toute outrance.

Quant à vous, Monsieur Champlastreux,
Vous seriez vn malencontreux,
Et de Saincte Croix vostre Frère;
Si le tran tran de vostre père
Vous ne suiuiez de point en point;
Car aussi bien n'en est-il point
De plus lourd ny de plus facile
Pour enrichir vostre famille,
Et vous faire bien tost bailler
L'écritoire de le Tellier.
Vous enfin Maistres des Requestes,
Et tout ce que de Iuges estes
En vostre Parlement chétif,
Auez vous quelqu'autre motif,
Pourquoy vous laissiez vos confrères,
Qui pourtant disent des lanlères
Et de vous et de vos Arrests,

' « Mandat, le ventre, parce qu'il a bon appétit, » Le Mercure de la Cour, etc.

? « Lefèure et Fraguier, les iambes, parce qu'ils sauent se sauuer du danger; et comme on dit, au diable les iambes qui ne sauuent pas le corps. » Le Mercure de la Cour, etc.

* Jean Molé, sieur de Champlastreux, et François Molé, abbé de Sainte-Croix, fils du premier président et conseillers, « Champlastreux, Sainte-Croix et Menardeau en seront les parties honteuses parceque ce sont des gens à cacher plutôt qu'à produire. » Le Mercure de la Cour, etc. On avait parlé de Champlâtreux pour remplacer le secrétaire d'État Le Tellier, éloigné de la Cour sur les instances du prince de Condé.

C'est Menardeau, le conseiller, qui est le héros de la Guerre des Menardeaux, etc. [15241.

Que celuy de vos interests?
Sans vous bouffer de colère,
Auouez le nous, la Berchère,
d'Orgeual et vous Balthazar,
Et sans vous ietter au hazar.
De demeurer dedans Pontoise
Pour iuger Perrette et Françoise.

Reuenez ioindre vostre Corps,
Qui dans Paris et non dehors,
A son siége et son domicile,
Où mesme l'homme de Sicille
Qui vous mesprise et qui les craint,
Bongré malgré sera contraint
De rendre compte à nostre maistre,
(Quand tout de bon il voudra l'estre)
Des désordres qu'il a commis.
Et pour lors Messieurs mes amis,
Vous cognoistrez que frénésie
Auoit vostre teste saisie,
Et qu'elle auoit besoin de sens,
De croire que malgré deux cens
Qui n'ont ceruelle ny mains gourdes,
Quatorze ou quinze happelourdes
Pouuoient absoudre et maintenir
Ce fat qu'on ne peut trop punir ;
Et qu'enfin ni loix ni prophètes,
N’authoriza ce que vous faites,
Quand Parlement vous appelez,
Quatre teigneux et deux pelez.

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