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il surpasseroit en grandeur et en vertu tous les Roys ses prédécesseurs.

Le Roy pressé de douleur et de tendresse, ayant peine à luy respondre, dit seulement qu'il les remercioit; et la Reyne en continuant dit qu'il ne falloit point douter de la bonne volonté du Roy, et qu'il estoit asseuré de la fidélité et affection de ses fidels suiets et des bons Parisiens; fit leuer la Compagnie qui auoit tousiours parlé à genoux et la face contre terre; et après auoir dit qu'en peu on feroit en sorte de les satisfaire et que l'on en rechercheroit incessamment les moyens, le sieur de Saintot eut ordre de les faire retirer ; et sortirent par vne autre porte après s'estre deux à deux prosternez aux pieds du Roy. Ils s'en retournèrent au Couuent des Cordeliers où ils furent conduits par Monsieur le Comte de Nogent, qui les asseura de la bonne volonté de la Reyne et que tout iroit à leur contentement.

l'espère, Dieu aydant, donner à ma Patrie la satisfaction qu'elle pourra désirer des véritables relations de ce qui se passera en Cour pendant que i'y feray séiour, espérant continuer celle cy dessus auec autant de vérité et d'affection pour mes Compatriottes.

Virelay sur les vertus de sa faquinance [4030).

(1652.)

Il est de Sicile natif.
Il est tousiours prompt à mal faire.
Il est fourbe au superlatif.
Il est de Sicile natif.

Il est d'vn naturel tardif :
Il est lasche. Il est mercenaire.
Il n'est pas trop persuasif.
Il n'a iamais eu l'esprit vif.
Il n'est ni galant, ni naïf.
Il n'est qu'à son bien attentif.
Si le nostre le rend pensif,
Ce n'est que pour nous le soustraire;
Et d'un accord consécutif
Le peuple ne cesse de braire :
Il est de Sicile natif.
Il est tousiours prompt à mal faire.

On ne sçait quel est ce chétif,
Quel est son père présomptif,
D'où nous est venu ce faussaire,
S'il est noble ou s'il est métif;
Et la Cour, comme le vulgaire,
Chante pour tout point décisif :
Il est de Sicile natif.
Il est tousiours prompt à mal faire.

Puisqu'il est si vindicatif, Que son poison est corrosif, Et qu'il a l'asme sanguinaire, Qu'vn diable est son maistre instructif, Qu'il n'est point de préseruatif, De remède confortatif, De vuide, ni de lénitif, Qu'on manque de restauratif Et qu'il n'est aucun correctif Contre ce ministre offensif Dont nostre perte est le motif, Il n'est rien de plus positif Que le Chrestien, comme le Juif,

Peut d'vn accent alternatif
Dire au moins pour se satisfaire :
Il est de Sicile natif.
Il est tousiours prompt à mal faire.

Ce faquin est gras comme suif Et n'est pas beaucoup maladif. Il n'est ni fourbu ni poussif; Mais pour le point génératif Il aime le copulatif; . . . . . . . . . . Autrefois on le vit passif; Maintenant 'on le croit actif; Et quoique pour chose si claire Il est fort sur le négatif, On peut soustenir le contraire : Il est de Sicile natif. Il est tousiours prompt à mal faire.

Chez lui, tout est impératif; Et comme il sçait peu la grammaire , Il ne connoit point le datif; Il prétend faire vn positif De tout pronom démonstratif. Il fait vn grand préparatif Dont il sera mémoratif; Mais on sçait que ce fugitif Ne fut iamais expéditif, Qu'il n'a pas l'esprit inuentif Et que ce n'est qu'vn apprentif Dans la science militaire. Il est meschant. Il est craintif. Il est de Sicile natif. Il est tousiours prompt à mal faire.

Quoiqu'il soit fort apprehensif,

Il pille tousiours en corsaire.
Il charge d'vn bien excessif
Aussi bien galère qu'esquif.
Il a des tables d'or massif,
Dont on fait ailleurs inuentaire.
Sous lui tout le peuple est captif.
Il est de Sicile natif.
Il est tousiours prompt à mal faire.

Mais qu'il ne soit plus si rétif De peur qu'vn bois de chesne ou d'if N'empesche vn bourreau d'estre oisif Et qu'une lettre circulaire Ne prône encore d'vn ton plaintif :

Il est de Sicile natif. Il est tousiours prompt à mal faire. Il est fourbe au superlatif. Il est de Sicile natif.

Relation véritable des particularitez obseruées

en la réception du Roy dans sa bonne Ville de Paris, et tout ce qui s'est fait et passé en Parlement le Lundy 21 octobre 1651, en présence de son Alt. Royalle et autres Ducs et Pairs de France , auec la Harangue faite par M. le Préuost des Marchands à sa Maiesté [3260).

(21 octobre 1652).

Monseigneur le Duc d'Orléans s'estant rendu au Palais sur les huict heures du matin, accompagné de Monsieur le duc de Beaufort, Monsieur le Mareschal d'Estampes et autres Seigneurs, et ayant pris sa place à l'accoustumée, Monsieur le Président de Nesmond luy a adressé la parole et dit qu'il auoit reçeu Lettre de Cachet de la part du Roy, qu'il a présentée à la Compagnie, sur la suscription de laquelle il y auoit : A nostre amé et féal Monsieur de Nesmond, nostre Conseiller d'Estat et Président en nostre Parlement, qui porte :

Qu'il aye à se trouuer le Mardy 22 d'Octobre en son Chasteau du Louure pour receuoir et entendre ses volontez sur toutes les affaires présentes.

Aucuns de Messieurs se sont plaints de ce que plusieurs d'entre eux auoient été obmis et auxquels on n'auoit pas escrit, qu'il sembloit qu'il y eust du particulier, que l'on vouloit demeurer dans vne dissimulation trop secrette, pour leur iouer quelque pièce dans ce temps.

Il est arriué qu'vn particulier est entré dans l’Assem

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