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A cet appuy de la couronne
Qui sembloit courbé soubs le faixa.
On fit en suitte deux arrests :
Le premier que son Eminence
Obeïroit sans résistance
A l'arrest que rendit la cour
Contre elle, le huictiesme iour;
Enioint qu'on prenne prisonnière :
Toute la nation guerrière,
Autant que nous en trouuerons ·
A dix postes aux enuirons ;
Ordre aux villes, bourgs et villages,
D'en faire de cruels carnages;
Deffense de luy rien fournir
Que de bons coups à l'aduenir;
Qu'en toutes les places frontières
Les garnisons seroient entières,
Et de ceux qui contreuiendroient,
La vie et les biens respondroient.
Par l'autre Arrest on donnoit ordre “
Aux Escheuins de ne desmordre
Des nobles charges qu'ils auoient,
Et de faire comme ils deuoient;
Au Prévost des Marchands de mesme;
Et parce qu'il estoit fort blesme
Depuis que le peuple zelé,
Avoit sur luy crié Tolle ,
La cour donna des sauues gardes

"A ce fleuron de la couronne. s 3 Tout le monde sait que le prince de Conty était contrefait.

Arrêt de la Cour de parlement.... par lequel il est défendu à tous gouuerneurs des villes frontières ou autres places de laisser sortir aucuns canons, etc. [224].

· Arrêt de la Cour de parlement, toutes les chambres assemblées, etc.

Pour sa personne et pour ses hardes.
Le Lundy (si ie n’ay menty),
Monsieur le Prince de Conty
Fut receu Généralissime
D'un consentement vnanime,
Ayant soubs luy trois Généraux ",
Dont on feroit bien six Héros :
Scauoir, le Mareschal La Mothe,
Dont la mine n'est point tant sotte ,
Bouillon, et le grand Duc d'Elbeuf,

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Ce iour, on enroolla soldats ;
Et des canons, gisants à bas
Dans l'Arsenal, furent de terre
Leués sur leurs affusts de guerre.
Sçauoir le Duc d'Elbeuf pour vn,
Braue homme s'il en fut aucun;
Le duc de Bouillon , dont l'estime
Vient fort à propos pour ma rime;
Et le grand La Mothe Houdancourt
Deuant qui tout le monde court.
Pour Monseigneur de Longueuille ,
Son humeur honneste et ciuile
Et son zèle à seruir le Roi
Lui fit refuser de l'emploi,
Soit qu'il craignist que ialousie
S'emparast de la fantaisie
(C'est comme en parle le Courrier)
Du Duc d'Elbeuf, fait le premier
Général des troupes Royales;
Soit qu'il voulust fuir les scandales
De cette contestation,
Il fit vne belle action ;
Car ce Seigneur prudent et sage
Donna ses enfans en ostage
Auec Madame leur mamman
Qui n'est superbe comme vn pan,
Mais dont l'humeur douce et courtoise
Cause auec la moindre bourgeoise.
Le duc de Bouillon l'imitant
En a bien voulu faire autant.

Qui dans la guerre n'est pas neuf;
Mais quand au Duc de Longueuille,
Comme il est d'humeur fort ciuille,
Il refusa de prendre employ,
Et pour nous témoigner sa foy,
Laissa ses enfans pour ostages,
Auec sa femme pour les gages.
Et c'est tout ce qui nous resta
De tout ce qu'il nous protesta.

Dès lors Mars du party contraire
De celuy de son petit frère
(Car si Mars estoit contre nous,
Prince, sans doute c'estoit vous)
Commandoit les trouppes Royalles,
Qui festèrent les Bacchanales,
Et qui respandirent du vin
Iusques sur l'autel de Caluin..
A Charenton, dis-ie, vos trouppes,
S'enyurèrent comme des souppes;
A vostre barbe, à vostre nez,
Force pucelages glanez,
Où quelques ieunes blanchisseuses
Se trouuèrent assez heureuses.
Dans les enuirons vos soldats
Firent de notables dégats,
Des assassinats, des pillages,
Des rauages, des brigandages.
Le Comte d'Harcourt à Saint Clou
En fit moins, et tousiours beaucoup.
Nous n'y pouuions donner remède.

Lors vn Président fut fait aide
De Monsieur des Landes Payen,
Qui n'a que le nom de Payen,
Homme vtile en paix comme en guerre,
Qui sçait ioüer du cimeterre,

Et s'escrimer dans vn combat,
Bon conseiller, et bon soldat;
Il auoit depuis ces vacarmes
Sur les bras tout le fait des armes,
Quand Broussel auec Menardeau
Prirent la moitié du fardeau'.

Le Mardy, le Conseil de Ville
Fit vn règlement fort utile,
Scauoir que pour leuer soldats
Tant de pied comme sur dadas,
L'on taxeroit toutes les portes,
Petites, grandes, foibles, fortes ;
Que la cochère fourniroit
Tant que le blocus dureroit,
Vn bon cheual auec vn homme,
Ou qu'elle donneroit la somme
De quinze pistolles de poids,
Payables pour la première fois ;

1 Ce iour, yn arrest donné porte,

Pour rendre la ville plus forte,
Qu'on trauaillera tous les iours
Aux retranchements des faux bourgs,
Et qu'à cette fin sera prise
La terre qui sera de mise,
Sauf d'indemniser par après
Et de payer les intérests
A Messieurs les propriétaires
Quand on sera sorti d'affaires.

L'on députa , ce mesme iour,
Quelques Conseillers de la Cour;
Les yns pour voir si la police
S'exerçoit auecque iustice,
Pour le commerce des marchands,
Pour le supplice des meschants;
Les autres pour d'autres affaires
Et pour les choses nécessaires
Tant au dedans comme au dehors;
Quelques-vns pour les passeports.

Les petites, vn Mousquetaire, is Ou trois pistolles pour en faire : Hommes chez le marchand sortansEt tous fins neufs, et tous battans.

Ce iour, en leuant sa béquille Le Gouuerneur de la Bastille, Qu'on nommoit Monsieur de Tremblay, Luy qui iamais n'auoit tremblé, Viel soldat et viel gentilhomme, A Monsieur d'Elbeuf qui le somme De luy remettre ce Chasteau, mis Respondit très-bien et très-beau Qu'il ne luy plaisoit de le rendre, Et qu'il prétendoit le deffendre; Mais il ne fut pas si méchant Que six canons dessus le champ Ne nous ouurirent cette place Sans auoir touché la surface. Ce n'est pas qu'il ne fissent pouf, Que la garnison ne dist ouf, Qu'elle ne parust sur la brèche,.. Qu'elle n'employast poudre et mèche, Que maint coup ne fust entendu; Mais c'est qu'il estoit deffendu, Que dans ce beau siége de balle Aucun costé chargeast à balle Qu'il n'eust crié : Retirez vous,

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