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Dieu, qu'elles ont fait de cocus
Pendant ce malheureux blocus !
Que cette race Polonoise
En mettant Ville Iuif dans Ponthoise,
Nous a laissé d'enfans métis !
Qu'il nous en reste de petits
Depuis que les grands sont en voye!
Iamais le Grec ne fit dans Troye
Ce que dans Meudon elle a fait,
Où sans laisser vn seul buffet,
Elle rompit auec rage
Les reliques de ce naufrage,
Entr'autres plusieurs pleins tonneaux,
Tant de vins viels que de nouveaux ;
Action qui fut si vilaine
Que deux de leurs chefs pour leur peine
Par les habitants de ce lieu
Furent enuoyez devant Dieu,
Où ie croy qu'ils ne furent guère ;
Car Noë se mit en cholère,
Sachant qu'ils auoient mal traitté
Le ius du fruict par luy planté,
Qui le coucha par récompense.

Ieudy, fut leue à l'audience
La lettre que l'on escriuoit ?
Le plus humblement qu'on pouuoit,
A la Mamman de nostre Sire,
Où vous pouuez encore lire
Les raisons que le Parlement
Alléguoit de son armement ?

24 janv.

"Remontrance du Parlement enuoyée au Roi et à la Reine régente, etc. (3319].

Le désordre et la tyrannie
De son Ministre d'Italie ;

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22 janv.

Qui sont assez considérables.

Vendredy, contre les notables,
Et quelques Escheuins d'Amiens,
Arrest fut contre ces Chrestiens
Rendu sur la plainte ciuille ,
De l'habitant de cette ville
A la teste chaude et hardy.
L'arrest portoit, du Vendredy
Le vingt deux de cette année,
Que sur la requeste donnée s
Sous l'aueu du grand Duc d'Elbeuf,
Ce jour là vestu tout de neuf,
L'vn de nos chefs, illustre prince,
Gouuerneur de cette Prouince,
Que le Picard s'assembleroit
Et d'autres Escheuins feroit 2.

L'insolence de ses supposts
Ennemis de nostre repos;
Les ruines ineuitables
Sous qui ces monstres détestables
Auoient engagé tout l'Estat.
On députa , le mesme iour,
Quelques Conseillers de la Cour
Pour faire exécuter eux-mêmes
Vn arrest rendu le quinzième
Qui portoit que seroient saisis,
Et dans l'Hostel de Ville mis,
Les deniers deus par les Comptables.
Deffend aux présens l'exercice
Comme par lettre subreptice
Qu'on nomme Lettre de Cachet,
Maintenus ; dit qu'on a mal fait
De leur donner telles épistres
Contre la ville et ses viels titres.
L'Arrest estoit fort important
Pour conseruer cet habitant
En l'obéyssance royale
Contre la ligue cardinale,

Ce iour, il arriva deux hommes
De la capitale des pommes,
Qui disoient que leur Parlement
Auoit enuoyé promptement
A leurs Maiestés très chrestiennes
Porter les très humbles Antiennes.

Samedy, le bruict a couru
Que l'Archiduc auoit paru
Sur les asseurances receues
De nos frontières despourueues,
Dont on tiroit des garnisons

23 janv.

Estant ces premiers Escheuins
Accusez d'estre mazarins.

Ce iour, mon cour estoit en ioye;
Et fist la Cour de la Monnoye
Arrest que ses maistres batteurs,
Monnoyeurs et fabricateurs
Payeront toutes choses faites
D'or massif, soit plats, soit assiettes,
Bref tout marc d'or, quatre cens francs
Ioincts à vingt et huict escus blancs;
Pour les cuillers et les escuelles
Et toutes les autres vaisselles
Qu'ils trouueront de bon argent,
Ils payeront le marc content
Vingt et six liures et demies ;
Entend qu'elles soient conuerties
En des espèces du pais,
C'est à dire de beaux louis;
Commandement au Contre garde
De l'escrire et d'y prendre garde;
Et les Monnoyeurs les rompront
Deuant ceux qui les porteront,
Sur peine de payer d'amende
Cinq cens liures, somme assez grande :
Sur mesme peine leur enioint
D'en prendre et n'en refuser point,
Et de cette taxe susdite
Ne rabattre pas vne pite.
Par les ordres du Cardinal.

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Monsieur le Féron, quand i'y pense,
Fit vne très-belle ordonnance,
Ce iour vingt et trois de Ianuier,
Commandant à tout Officier
Qui sera de garde à la porte,
De faire par ses soins en sorte
Que dans le Louure soit conduit
Le bled qui passe et n'est pas cuit,
Orge, Froment, Seigle, Farino,
Pour estre durant la famine
Deliurez par des Officiers
Aux boulangers et patissiers,
Afin qu'incessamment ils cuisent,
Et que, si lesdits grains leur duisent,
Ils viennent tous les acheter
Au Louure où l'on les fait porter,
Et ce que i'y trouve le drolle,
Sans auoir crédit d'vne obolle;
Car l'Ordonnance dit exprès
Qu'ils porteront argent tout frais,
Outre qu'ils promettront de rendre
Autant de pain qu'il s'en doit vendre
Dans les ordinaires inarchez ;
Deffenses d'auoir grains cachez,
Ny sous ombre d'humeur ciuille
En vendre aux habitants de ville;
Que tel courtois sera pendu;
Aux Bourgeois aussi deffendu
D'en achepter d'eux sur la peine
D'amender vne cinquantaine
De pistolles ou de louis
Dont ils seroient peu réiouis.
Aussi sçachez la conséquence
De cette prudente ordonnance :
Le marché suiuant de pain eut
Autant et plus qu'il n'en fallut.

En souliers noirs, en bas de soye, Tels. que ceux qui vont tirer l’oye. Gageons, Prince, que tu m'attens A nommer nos fiers habitans, Qui contre la pluye et l'orage N'auoient porté que leur courage, Et dont ils auoient peu porté Pour plus grande légèreté. Ouy, ie veux chanter la iournée La plus celebre de l'année, Depuis ditte de Iuuisy, Alorsque le Bourgeois choisy, La pluspart la plume à l'oreille, Iurant Dieu qu'il feroit merueille, Et portant la fureur dans l'ail, Marchoit pour assiéger Corbeil, Si la maison du sieur Des Roches N'en eust empesché les approches. Sotte et misérable maison, Qu'on te maudit auec raison ! Iuuisy, malheureux village, Où manqua si peu de courage Qu'ils en auoient apporté tous, Sans toy Corbeil estoit à nous. Le Bourgeois alloit en furie, Ioint qu'on auoit caualerie, Des fantassins et du canon. Et puis tu me diras que non! Ah! maison de Monsieur Des Roches, Que tu nous coustes de reproches! Pourtant la sortie eut effet. Le Pont de Sainct Maur fut deffait, Tandis que nos gens en désordre Assez bons chiens s'ils vouloient mordre, Le lendemain sont reuenus

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