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vouloir palier et couvrir son mauvais homicide. Et après ladicte proposicion faicte par nostre trèsredoubtée daine et mère ', elle fist faire et prendre ses conclusions selon l'usage, coustume et stile de vostre règne, et requist que vostre procureur feust avec elle adjoinct à faire ses conclusions criminelles au cas appartenant par intérêt rde justice. Lesquelles choses ainsi faictes, après ce nostre trèsredoubté seigneur monseigneur le duc d'Acquitaine, par le conseil des seigneurs de vostre sang et autres de vostre conseil estant avecques lui en vostre chastel du Louvre, fist respondre à nostredicte dame que il, comme vostre lieutenant en ceste partie représentant vostre personne, et les seigneurs de vostre sang et ceulx de vostre conseil, estoient bien contens et avoient bien agréables ses justificacions proposées par nostre dame et mère pour vostre frère, nostre trèsredoubté père et qu'ilz le tenoient pour bien excusé et deschargé, et que en oultre lui seroit faicte si bonne provision de justice par elle requise sur les choses dessusdictes, qu'elle en devroit estre bien contente. Et jà soit ce que nostredicte mère et dame eust poursuivy et eust fait poursuir très diligemment et très instamment ladicte response, et de rechef eust fait faire une supplicacion et narracion de toutes les choses dessusdictes, faisant, concluant et tendant aux fins devantdictes, afin qu'elle peust obtenir aucune provision de justice, laquelle vous fut baillée en vostre main, et aussi qu'elle fist en vostre matière plusieurs grandes et notables diligences à vous et aux vostres de vostre sang et gens de vostre tous les royaumes du monde. En après; que ladicte requeste fut causée de faulses et notoires mençonges. Car il a faulsement et traîtreusement fait occire vostre seul frère germain par mauvaise hayne couverte de longue main , appensée par convoitise de dominer et avoir le gouvernement de vostre royaume comme dit est dessus. Lequel aussi, en la présence de ses serviteurs et officiers a dit en appert, qu'onques en ce royaume ne fut fait si mauvais, ne si traistre homicide commis et perpétré. Et toutesfois il dist en la requeste, qu'il l'avoit fait pour le bien de vous et de vostre royaume. Par quoy la chose est moult clère selon tous drois et raisons escripz, que tout ce qui fut fait à Chartres ledit jour, est nul et de nulle valeur. Et qui plus est, la chose est plus digne de grant peine et de grant punicion au regard de lui. Car onques il ne vous daigna tant révérer ne honnorer, que de si grant grief et détestable forfait dont il estoit et est si notoirement chargé , vous requeist pardon , rémission , grace ou misericorde quelconques. Et toutesfois veult il maintenir que sans confession de son forfait et sans demander grace vous lui avez remis; qui est contre tout droit et raison, une chose délusoire et à proprement parler une vraie derrision de justice, c'estassavoir pardonner et délaisser à ung pécheur sans congnoissance de son forfait, sans contricion, sans pénitence et sans de ce faire requeste ne quelconque supplicacion. Et qui pis est, en persévérant notoirement, et mesmement en la présence de son seigneur, en l'ostinacion de son péchié, oultre ce qui fait est ledit jour, il contient erreur manifeste, deshonneur, détriment, clèrement et évidemment de vous et de

1. Valentine de Milan.

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vostre justice et ne souffrit aucunement que vous, ne voz officiers, eussent ne aient encores de présent aucune congnoissance sur son péchié et sur son forfait, et ne s'est daigné aucunement humilier devers vous, lequel il a tant troublé et offensé par ce que dit est, ne aussi devers vostre justice, ne soy mectre en quelconque terme de raison. Mais à vous et à toutes autres choses a esté inobédient, et qui plus est, l'a efforcée et violée. Par lesquelles choses et par ce que cy-après sera dit, selon tous les drois et raisons escriptes est tout cler que tout ce qui oudit jour fut fait, est et doit estre dit nul et de nulle valeur. Ouquel lieu , à Chartres , en vostre présence à un certain jour, en l'église cathédrale dudit lieu, ledit traistre vint, et par l'un de ses conseillers vous fist dire et exposer comment pour le bien de vous et de vostre royaume il avoit fait mourir vostre frère, et pour ce vous prioit que, se aucune indignacion aviez conceue contre lui, qu'il la vous pleust ester de vostre cuer. Et si maintenoit et mectoit avant, que par vous lui fut dit que de la mort de vostredit frère n'aviez prins aucune desplaisance et que vous lui remectiez et pardonniez tout. Pour quoy, nostre trèsredoubté seigneur, plaise vous considérer et bien peser la forme et manière de ceste requeste et supplicacion, et les manières lesquelles ledit traistre et homicide a en ce tenu. Et premièrement, au regard de vous son souverain roy et seigneur, car il vous avoit tant troublé et offensé qu'on n'en pourroit plus dire, et que selon droit et raison n'est mie capable de rémission, ne de quelque grace. Et encores, qui plus est, n'est mie digne, ne lui est licite de venir en vostre présence ne d'avoir aucun accès d'y venir, ne autre

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