ページの画像
PDF

XIV

AVERTISSEMENT. sance extrême, le baron James de Rothschild, a bien voulu nous adresser de nombreuses et importantes communications.

Ainsi a fait le baron Jérôme Pichon, le célèbre collectionneur, le digne président de la Société des bibliophiles, qui a mis à notre disposition le résultat de ses recherches savantes, et dont nous sommes heureux de nous dire l'obligé.

Nous avons parlé plus haut de ces intrépides libraires qui depuis quelques années avaient pris haut la main la direction du mouvement littéraire et bibliographique que nous avons signalé.

C'est à ces libraires, c'est à leurs catalogues descriptifs, que nous devons en partie d'avoir pu mener à bonne fin notre long travail; aussi ne saurions-nous trop louer, de l'aide qu'ils nous ont fournie, MM. Auguste Fontaine, Maisonneuve, Morgand et Fatout, Claudin, Labitte, etc.

Ils ont fait æuvre de bibliographes; au lieu de ces sèches nomenclatures que nos voisins d'outre-Rhin et d'outre- Manche baptisent du nom de Catalogues, ils nous ont donné, nous ne saurions trop le répéter, de véritables livres de bibliographie, où nous n'avons eu qu'à puiser à pleines mains.

Le mouvement de recherches rétrospectives, de rénovation bibliographique, s'est étendu à la province tout entière; de nombreuses monographies consacrées à l'histoire des typographies locales nous ont révélé certains livres précieux jusque-là restés enfouis dans la poussière des archives départementales.

Les consciencieux travaux du respectable docteur Desbarreaux-Bernard, de Toulouse, ceux de MM. Martial Millet, Vaschalde, H. Gloria, Aug. Denis, Vayssière, et de beaucoup d'autres écrivains provinciaux, nous ont rendu de vrais services.

Les beaux ouvrages si recherchés de M. Harrisse, le bibliographe américain, les très-savantes lettres de M. Madden, si pleines d'ingénieuse perspicacité, la Bibliographie Cornélienne de M. Picot, les notices intéressantes de M. Hipp. Destailleur sur les artistes français depuis la Renaissance, les livres à vignettes de M. Cohen, tous ces excellents et savants ouvrages ont été mis par nous à contribution, « sans scrupule, mais non sans profit ».

Pendant la composition et l'impression de ce livre de longue haleine, nous avons eu la douleur de voir disparaître deux libraires de Paris, qui, depuis bien des années, portaient le plus vif intérêt à nos travaux, et dont le premier, plus particulièrement, nous avait fourni, à mainte reprise, les plus curieux documents, MM. Edwin Tross et Auguste Aubry. Personne, AVERTISSEMENT.

dans le monde des bibliophiles, n'a été mieux placé que nous pour apprécier à leur valeur les services qu'ils ont rendus à la bibliographie... et aux bibliographes.

Mais le deuil qui s'impose à tous, le deuil que les bibliographes et les bibliophiles des deux mondes ont le plus douloureusement ressenti, c'est celui qu'a provoqué la perte récente de notre respectable éditeur, M. Ambroise Firmin-Didot, le promoteur de ce livre, le maître et l'ami dont nous ne pourrons jamais oublier ni les enseignements ni la cordiale affection! C'était l'âme de tous les travaux consacrés à l'histoire de la Typographie, et les savantes recherches qu'il avait, à diverses reprises, publiées sur ces difficiles problèmes, étaient devenues classiques. Il est mort plein de jours, plein d'honneurs, sans laisser un seul ennemi! Son nom s'impose à notre admiration, comme son caractère s'imposait aux respects de tous.

C'est sous l'égide de ce nom vénéré que nous avons placé notre livre ; nous sommes heureux que son fils, M. Alfred Firmin-Didot, qui continue dignement l'œuvre et les traditions de son glorieux père, ait bien voulu nous le permettre.

Un seul mot encore, et nous finissons.

S'il est un métier au monde, ingrat, pénible, ardu, mal rétribué, peu considéré, c'est, à coup sûr, celui de bibliographe. « Un bibliographe ! qu'est-ce que c'est que ça ? » disent les gens du monde, et ça est un euphémisme...

« Un bibliographe! disent les savants et quelques lettrés; mais c'est un sons-ordre qui a son utilité ! D'abord il ne porte ombrage à personne, attendu qu'il est systématiquement écarté de l'administration des bibliothèques publiques; puis il peut, dans sa sphère modeste, nous rendre quelques services; quand nous sommes embarrassés, il nous renseigne à l'endroit des sources spéciales; il nous indique les curiosités scientifiques ; c'est un catalogue ambulant..., etc., etc. »

Et Dieu sait s'il est quotidiennement consulté, ce catalogue!
Bref, un bibliographe peut, à tout prendre, mériter quelque intérêt.

Eh bien! vous tous, à qui j'adresse ces dernières lignes, « Lecteurs trèsillustres, et vous, Abonnez très-précieux (car à vous tous, non à d'autres, sont desdiez mes escritz... »), si un bibliographe rend des services (et non point des arrêts), s'il est à certains égards digne de quelque indulgence, daignez lui savoir gré de ses efforts, et ne lui reprochez pas avec trop d'amertume ses faiblesses, ses oublis, ni même ses erreurs.

[ocr errors]

MANUEL

DU LIBRAIRE

DE L'AMATEUR DE LIVRES

(SUPPLÉMENT)

A

(Les chiffres entre crochets se rapportent soit aux mêmes ouvrages, soit aux mêmes éditions, déjà décrits dans le Manuel de Brunei. )

ABACO ( Libro de ). [7801]

A la «ente Ubri de 1861, figurait un eicmpl. complet de la première édit. de l'haro de 1&78.

Line édition s. d., mais imprimée vers 1510, est indiquée dans le calai, du libraire Fricdlander, de Berlin (1882) ;c'est un petit in-8, de 80 pp. Une autre édition également de 80 pp. et sans date, est portée au même catal.; elle offre de grandes différences et parait postérieure d'une dizaine d'années.

L'édition donnée à < Milano pur lo. Antonio Borgo s. d., in-8, est de 15Ù7, et celle de « Venetia, Ant. de' UOerti, 15&8 », est la réimpression pure et simple de la précédente; la première a été vendue, en mar. de Capé, 52 fr. Yéméniz.

A cette vente figurait une édition non décrite:

— Libro de Abaco. Qui comëza la nobel opéra de Arithmeticha nelaqual se tratta tutte le cose a mercantia pertinente fatta f compilât! per Piero Borgi da Venezia. — impressa in fenezia per Zuane Baptista Sessa. M. D t., in-4. Bel excmpl. en mar. de Capé, 140 fr. ïéméniz.

ABC ou l'instruction des chrestiens. Pour bientost apprendre à lire, et former les lettres, tant pour les grands que pour les petits. Auec la figure et noms des lettres grecques à la fin. S. I. [Genève), 1568, pet. in-8, de 16 ff.

2 Petit abécédaire i l'usage des Jeunes protestants. 5 à 50 fr.; 70 fr. cal. Tross (1870).

Tome I.

ABC (L'J avec plusieurs prières, fort propre pour instruire la ieunesse ( GallicoGermanice). Nùrnberg, Christoph. Lochner, 1591, in-8. Non moins rare que le précédent.

ABDIAS. L'histoire apostolique d'Abdias,

r»remier Euesque de Babylon institué par es apostres, mise en François. A Paris, chez Thomas Belot, 1569', in-16.

Petit vol. rare; hagiographequelque peu romanesque. 12 à 15 fr.

ABECED.4RIUM. Sur vélin. 8 pp. de trèspetit format in-16.

Ce célèbre petit volume a été découvert par M. J. Enschedé, imprimeur-libraire à Haarlcm,cn 1751; il était dissimulé dans un bréviaire hollandais, Ms. du XVe s., auquel les deux ff. sur vélin, dont il se compose, servaient de garde.

Le regrettable M. Ilollrop a consacré a ce très-précieux incunable une longue dissertation, que, par respect pour sa mémoire et par souvenir pieux d'une honorable amitié, l'on nous excusera de donner in extenso.

Ce petit livre, dit-il, contient un Alphabet, le Pater, Y Ave Maria, le Credo, l'Ave salus Mundi et autres prières très-courtes. Quoiqu'il ne porte ni nom d'imprimeur, ni indication de lieu, ni date, il suffit de jeter un coup d'œil sur le fac-similé {Monum. typogr. des Pays-Bas, pl. 12 (115), pour reconnaître dans les types leur origine hollandaise; les pages 1—8 et 4—5, qui ont été collées contre

1

[ocr errors][merged small][ocr errors]

la n;lîure, ont souffert lorsqu'on les en a détachées, ce qui leur donne un aspect usé; les autres pages sont mieux conservées. Les types sont mal faits; l'encre dont l'imprimeur s'est servi est d'une trèsmauvaise qualité; les lignes sont en général inégales ; les pages mal enchâssées; les lettres « et u sont pour la plupart renversées; il y a môme des syllabes a la fin de la ligne coupées en deux, comme à la p. 8% ou les deux premières lettres du mot « spirilu a se trouvent à la fin de la 5* ligne, tandisque le reste du mot est transporté à la ligne suivante...

• M. Chatto [Histovy of Wood-Eugraring, pp. 198-199),qui n'est pas partisan de lacausedellarlem, a vu probablement dans ces fragments une preuve en faveur de cette cause, et, pour l'écarter, il s'est permis d'accuser M. Enschedé, un habile fondeur de caractères et imprimeur, d'avoir fabriqué ces pages. 11 ne regarde pas cet Abecedarium comme une ancienne édition, mais, au contraire, comme l'essai d'un imprimeur hollandais, destiné à abuser de la crédulité populaire.

■ Mais, si M. Chatto eût mieux connu le caractère respectable de celui sur lequel il ose jeter un pareil soupçon, et surtout s'il eût mieux étudié les fragments en question, il se serait épargné la honte de voir retomber sur lui-même le ridicule et l'odieux de son insinuation.

t Du reste, la trouvaille des fragments d'un Donat imprimé avec les mêmes types suffi! pour réfuter complètement l'accusation de M. Chatto.

« Les bibliographes ne sont pas d'accord sur le titre qu'il faut donner à ce petit livre. Mcerman ctkôning le nomment un Horarium; M. Enschcdé le nomme un Abecedarium, et je crois qu'il a raison; car, si rc livret était réellement un Horarium ou livre de prières, Ton n'y trouverait ni un Alphabet ni le Credo. Cest un livre d'école à l'usage des jeunes élèves.

« Meerman a cru voir dans ce livret tant de preuves des premiers essais de la typographie, qu'il lui a donné le pas sur le Spéculum et même sur les Donat.

• M. Bernard {De l'Orig. de t'impr., p. 91), ne partage pas cette opinion : « Ce n'est pas, dit-il, dans le début de l'art qu'on a résolu la diniculté des impositions. *

« J'avoue que je m'étais aussi arrêté à cette difficulté, et l'opinion d'un homme tellement versé (buis l'art typographique que M. Bernard me confirmait dans mon doute.

• Mais un autre bibliographe, M. Berjeau, n'accepte pas cette objection de M. Bernard : » Au fond, dit-il (dans son édition du Spéculum, Introduction, p. LX.V), l'idée de l'imposition ne parait compliquée que dans les manuels modernes de typographie, où la forme d'un in-8, par exemple, montre la p. 8 audessous de 1; 6 opposé à 16; 13 a 12; 5 à £i, etc.; sans aucune raison frappante de cette étrange répartition. Mettez au contraire un homme de génie, un inventeur enfin, en présence du problème à résoudre et qui consiste à imprimer, des deux côtés du papier, une feuille qui doit offrir huit pages. Quoi de plus simple que de plier la feuille en quatre et d'inscrire sur chaque page du cahier ainsi formé, le chiffre de la page que doit présenter le livre? En déployant la feuille sans la couper, on voit tout de suite la place que chaque page doit occuper dans la forme. Le problème de Vimposition n'a pu arrêter un seul instant l'inventeur de la typographie. «

« D'ailleurs, M. Bernard reconnaît lui-même que Vimposition n'a point été un obstacle pour l'imprimeur du Spéculum, puisque tous les exempt, de ce livre ont été imposés pour former des cahiers uniformes dans toutes les éditions, excepté pour la préface, etc. »

M. Holtrop fait remarquer que l'alphabet en tête de VAbecedarium renferme la lettre K, qui ne fait pas partie de l'alphabet latin; il en tire cette conséquence que cet alphabet était destiné à un texte hollandais; d'autre part le VV ne s'y voit pas, mais ceMc lettre est souvent remplacée dans les im

pressions anciennes par les lettres v et u, comme dans le Spéculum hollandais, ou par v et o; d'oh cette conclusion, qu'en admettant l'hypothèse, il faut reconnaître que les livres hollandais imprimés a\cr ces types ont disparu.

L'cxempl. de cet Abecedarium, retrouvé par M. J. Enschedé, figure sous le n° 1 au catal. de la bibliothèque de cette illustre famille d'imprimeurs, rendue à Amsterdam en 18C7, par MM. Mullcr et Ntjhoff; il a été adjugé au prix de 1000 florins.

A BIEN vienne tout. ABC... L'Oraison dominicale, la Salutation Angélique...etc. Imprimé à Paris par Nicolas Hrusle: pour Guillaume Merlin^ s. d. (vers 1500), in-8, goth., de 8 fT.

Vendu en mar. de Trautr, U0 fr. vente baron Pichon. — le même cxempl. 115 fr. Potier (n° 599).

ABR1GÉ des Empereurs Romains et Alemans, qui subsécutivement ont régné depuis Tan premier de Jésus-Christ. A Paris, chez rincent Serfenas, 1561, in-8.

Vol. peu commun. 8 & 10 fr.

ABSOULTE (La Grant) de Pasques (vers 1484). S. I. n. d. Pet. in-4, goth., de 4 ff.

Cette pièce peu intéressante,mais fort rare, porte aux premiers et derniers ff. la marque de Jehan Alexandre, libraire à Angers, en 1492; elle avait été citée par Zaccaria, dans la Bibliotheca Ritualis.

En mar, de Dura, 92 fr. Desq, pour M. Giraud de Savines.

(A) B t der Abt sol vor lehen entphaen || demie die beisorge ehner lehe ent - jj phet so kan er nicht leherecht ge - jj thun. (A la fin) : Wunden mit wunden adder mit gewunten czimmer mag man wol || heymsuchunge beweisen wien, av. Lxxxvi.' B. R. S. /. n. d. (Basilex, apud Iiernardum Hichel ? c- 1470), sans chif., réel, ni sign., in-4, de 199 ff., à 37 lig. par page.

Dictionnaire de droit appliqué à la jurisprudence des pays Saxons et Souabès. 150 fr. Tross, (1870).

ABUNDANCE (Jean d'J. [16265]

a Du Verdier, dit M. Brunet, qui connaissait fort bien les livres imprimés A Lyon au milieu du XVI* siècle... » Du Verdier possédait évidemment les catal. des Foires de Francfort, et il trouvait là les titres, malheureusement trop succincts, des livres rares qu'il citait; ainsi', de J. d'Abundance:

Les Fauxbourgs d'Enfer, la prinse de l'acteur, etc. Lyon, par Jacques Moderne, s. d., in-8, goth.

La Captivité du bien public, auec plusieurs aultres matières. Lyon, par te Grand Jacques, 3. d., in-16.

Prosopopeie de la France a l'empereur CharlesQuint, sur la nouvelle entrée à Paris. Toiosc, A'tcolas Vieillard, s. d. (1539), in-û.

Adresses véritable à tous viatiques, allans et retourna n s par divers païs et spécialement par U France, pour sravoir les bons logis et dangereux passages. Lyon, par Jacques Moderne, s. d., in-4. Ces vol. auraient évidemment aujourd'hui une valeur considérable.

Voici comment la Bibtiotheca Exotica (cat. des Foires de Francfort, 1610), donne le titre ô?un livre de Jean d'Abondance, cité au Manuel, à l'art. « Quinze signes ■:

« 前へ次へ »