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publièrent un tournoi où furent invités tout ce qu'il y avoit de plus braves en France et en Angleterre. Les chevaliers Bretons ne voulant pas céder en magnificence aux chevaliers des deux nations conviées, parurent au tournoi avec des équipages superbes.

Du Guesclin avoit vu les préparatifs de ceux de son père, et il se promettoit de l'accompagner dans cette fête brillante; mais Renaud, avant de se rendre à Rennes, lui défendit de sortir de chez lui, sous pretexte que sa jeunesse le mettoit hors d'état de combattre contre des chevaliers robustes et aguerris, tels que ceux qui devoient se trouver au tournoi. Le jeune Bertrand, mécontent de l'ordre qu'il avoit reçu, ne songea qu'aux moyens de pouvoir l'enfreindre ; et, s'étant échappé secrétement, il se rendit à Rennes. Là il suivit la foule qui le conduisit à l'endroit où se célébroit le tournoi. Du Guesclin contemploit avec une envie chagrine ces chevaux si richement enharnachés, ces chevaliers tous brillans d'or, et de pierreries. Le bruit des trompettes qui animoit les combattans, et les acclamations qu'on donnoit aux vainqueurs, le mettoient hors de lui-même. Il poussoit, il pressoit de tous côtés pour s'approcher de la barrière. Sa mauvaise mine lui attiroit des injures de la part de ceux qu'il deplaçoit, et on le repoussoit sans considération. Du Guesclin se trouva enfin dans une place d'où il pouvoit voir commodément; mais il n'en fut pas plus tranquille. Après avoir été long-temps spectateur, il découvrit un chevalier de ses parens, qui, fatigué de plusieurs courses, se retiroit; il quitte alors sa place, court, et arrive en même temps que le chevalier dans l'hôtellerie où il logeoit. S'étant approché de lui, il se jetta à ses genoux, et le conjura par la gloire qu'il venoit d'acquérir, de lui prêter ses armes et son cheval. Le chevalier, qui reconnut son émotion au feu de ses yeux, charmé de trouver tant d'ardeur et de courage dans un jeune homme tel que lui, accorda à du Guesclin ce qu'il lui demandoit; il l'arma lui-même, et lui fit donner un cheval frais. Les victoires les plus signalées qu'il remporta dans la suite lui causèrent moins de joie que cet événement. Il s'avance vers la place du tournoi, se fait ouvrir la barrière, et demande à combattre. Un des tenans ne se présenta que pour être vaincu. Du Guesclin le heurta avec tant de violence, que le chevalier fut renversé de dessus son cheval. Il se releva, et fut terrassé une seconde fois ; mais cette chute lui fut plus funeste que la première ; il en resta dangereusement blessé. Du Guesclin appella alors. Il vint un autre chevalier. Son père se présenta pour courir contre lui. Bertrand, qui le reconnut à ses armes, accepta le défi; mais les trompettes ayant sonné la charge, au lieu de s'avancer pour combattre, il baissa la lance, et lui fit une révérence profonde. Tout le monde fut étonné de cette action. Quelques uns crurent que c'étoit par crainte pour Renaud, qui passoit pour un des plus braves chevaliers de son temps ; d'autres, que le vainqueur étoit las de ses deux premières courses. Mais il recommença à courir, et à vaincre. Plusieurs chevaliers se virent terrassés les uns après les autres ; en sorte que personne n'osoit plus se présenter devant lui. On admiroit sa force et son adresse; mais on étoit encore plus surpris de son attention à se tenir caché sous son casque. Renaud du Guesclin voyoit bien à ses exploits qu'un autre motif, que la crainte d'être vaincu, avoit empêché l'inconnu de le combattre ; et il souhaitoit d'autant plus de savoir à qui il étoit obligé de ce ménagement respectueux. Tous les spectateurs avoient la même curiosité ; mais, comme on n'espéroit pas de le vaincre, on désespéroit aussi de le connoitre. Un chevalier Normand dont la force et l'adresse étoient reconnues de toute l'Europe, s'étoit presenté au tournoi, moins pour y acquérir de la gloire, que pour rappeler le souvenir de celle qu'il avoit si souvent eue dans ces sortes de jeux. Après avoir terrassé deux ou trois chevaliers, il s'étoit retiré à l'autre bout de la carrière, où il s'entretenoit avec les dames, comme un homme qui en avoit assez fait. Les exploits du jeune inconnu attirèrent ses regards; et les dames l'ayant prié de le combattre pour savoir son nom, il demanda à courir avec lui. Du Guesclin accepta le défi. On le voit partir avec une vitesse incroyable. Le chevalier Normand exécuta son dessein, et enleva le casque du Breton. Mais celui-ci, outré de se voir découvert, saisit son adversaire avec tant d'adresse et de force, qu'il l'enleva de dessus son cheval et le mit au nombre des vaincus. Si l'étonnement des spectateurs fut grand à la vue de ces exploits, quel fut celui de Renaud ! Il accourt vers son fils et l'embrasse transporté de tendresse et de joie. Du Guesclin, charmé de se voir applaudi par son père, en gouta mieux sa victoire. Il alla recevoir le prix destiné aux vainqueurs ; et suivi de toute la noblesse qui l'accompagnoit, il fut offrir sur le champ le prix au chevalier qui lui avoit prêté son cheval et ses armes. Cette dernière action acheva de lui gagner l'estime de ceux qui en furent les témoins ; on vit avec plaisir qu'il allioit au courage et à l'adresse un cæur généreux et reconnoissant.

PAGE 115.

: By some accidental omission of a sentence or two, it appears as if the conduct of Civilis the Gaul, who set his young son to shoot at the Roman prisoners with his little arrows, were held up as an object of approbation ; and hence it might be deduced, that the author would approve of Bonaparte's shooting his English prisoners; but in fact it was intended to point out Civilis as a barbarian, who taught his son cruelty instead of courage.

Page 133.

Among the books recommended to young military pupils, the Memoirs of Baron Trenck should have been particularly mentioned. This extraordinary man seems to have had an unconquerable mind in a body of iron. Baron Trenck was more than a match in powers of endurance for all that the cruelty of Frederick the Great could invent or inflict. Ten years Frederick kept him in the dungeon of Magdeburgh, a dungeon built expressly for him, loaded him with fetters, chains, and collars, of which the monarch had himself prescribed the form and weight; sometimes without a bed to lie upon, sometimes without light, sometimes deprived of sleep by sentinels appointed to waken him every quarter of an hour; yet during these torturing years, never could tyranny break or bend the spirit of Trenck. The example of such sufferings, such fortitude, and such unremitting inventive exertions, is unparallelled in history, ancient or modern : it is the strongest instance upon record of the powers of an individual to resist oppression. Trenck's memoirs alone have been sufficient, with the good and wise of all countries and ages, to deprive Frederick of the title of Great. This is per. haps the most striking effect, that has been produced by any one literary work for many centuries. This book is written, in general, with simplicity; and in many parts with great eloquence. It inspires the enthusiasm of fortitude and courage, and the detestation of tyranny ; and it will be easy for a judicious preceptor to prevent it from infusing a taste for obstinacy, or resistance to the just authority of superiors. A finer text than Trenck's history can scarcely be found for giving useful lessons on conduct to military youth. He is by no means a model for imitation, but he affords an illustrious example of some of the greatest qualities of head and heart failing to advance their possessor in his profession, or to make him prosperous in life, because they were not governed by prudence. It may be pointed out, that early in life he had the fairest prospects, and that the very king, who afterwards became his most implacable enemy and persecutor, was originally disposed to be his best friend and protector. Frederick said to him, “ Trust to me, behave well, and I will make “ your fortune.” After this, Trenck, instead of winning his monarch's esteem by obedience and confidence, showed in several instances a spirit of insubordination and a want of openness. On one occasion, where he committed a great fault as a military man, he concealed the truth from his sovereign, and accepted of a reward, at the moment when he deserved disgrace. When he afterwards confessed the truth, Frederick

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