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Nomen et arma locum servant; te, amice, nequivi
Conspicere, et patria decedens ponere terra. »
Ad quae Priamides: « Nihil o tibi, amice, relictum;
Omnia Deiphobo solvisti et funeris umbris.
Sed me fata mea et scelus exitiale Lacaenœ
His mersere malis; illa haec monumenta reliquit.
Namque, ut supremam falsa inter gaudia noctem
Egerimus, nosti; et nimium meminisse necesse est!

Quum fatalis equus saltu super ardua venit Pergama, et armatum peditem gravis adtulit alvo: Illa, chorum simulans, evantis orgia circum Ducebat Phrygias; flammam média ipsa tenebat Ingentem, et summa Danaos ex arce vocabat.

Tum me, confectum curis, somnoque gravatum,
Infelix habuit thalamus, pressitque jacentem
Dulcis et alta quies, placidaeque simillima morti.
Egregia interea conjux arma omnia tectis
Emovet, et fidum capiti subduxerat ensem;
Intra tecta vocat Menelaum, et limina pandit.
Scilicct id magnum sperans fore munus amanti,

Ton nom y vit encor; mais tes amis fidèles

N'ont pu mêler ta cendre aux cendres paternelles;

Je n'ai pu découvrir tes restes malheureux! »

Déiphobe répond: « Ami trop généreux!

Tes soins compatissants (pouvois-je plus attendre?)

Ont honoré mon ombre, ont protégé ma cendre.

C'est mon sort; c'est ce monstre en horreur aux Troyens,

C'est Hélène, qui fit et vos maux et les miens:

Voilà les monuments de sa tendresse extrême!

Dans notre nuit dernière, à notre heure suprême,

Quand ce colosse altier, apportant le trépas,

Entroit, gros de malheurs, d'armes et de soldats,

Lorsque tous les fléaux alloient fondre sur Troie,

Vous n'avez pas sans doute oublié quelle joie

Enivroit les esprits: et comment l'oublier!

Hélène secondoit ce colosse guerrier.

Pour mieux dissimuler sa barbare alégresse,

D'une trompeuse orgie elle échauffoit l'ivresse;

Secouoit une torche, et des tours d'Ilion

Appeloit et la Grèce et la destruction.

Je sommeillois alors : ce sommeil homicide,

Du repos de la mort avant-coureur perfide,

A mes vils ennemis livroit un malheureux.

Ma tendre épouse alors, ce cœur si généreux,

Écarte du palais les armes qu'il recèle;

Dérobe à mon chevet ma défense fidèle,

Ce glaive qui, la nuit, protégeoit mon sommeil;

Appelle Ménélas à mon affreux réveil:

Il entre; et, dans l'instant sa lâche perfidie

Lui livre mon palais, mes armes et ma vie,

Et famam exstingui veterum sic posse malorum.
Quid moror? inrumpunt thalamo; cornes additus una
Hortator scelerum iEolides. Di, talia Graiis
Instaurate, pio si pœnas ore reposco!
Sed te qui vivum casus, age, fare vicissim,
Adtulerint: pelagine venis erroribus actus,
An monitu divum? an, quae te fortuna fatigat,
Ut tristis sine sole domos, loca turbida, adirés? «

Hac vice sermonum roseis Aurora quadrigis
Jam médium aetberio cursu trajecerat axem:
Et fors omne datum traherent per talia tempus;
Sed cornes admonuit, breviterque adfata Sibylla est:
« Nox mit, jEnea; nos flendo ducimus horas.
Hic locus est, partis ubi se via findit in ambas:
Dextera, quae Ditis magni sub mœnia tendit;
Hac iter Elysium nobis: at laeva malorum
Exercet pœnas, et ad impia Tartara mittit. »
Deiphobus contra: « Ne saevi, magna sacerdos;
Discedam, explebo numerum, reddarque tenebris.
I decus, i, nostrum; melioribus utere fatis. »
Tantum effatus, et in verbo vestigia torsit.

Respicit iEneas subito, et sub rupe sinistra Mœnia lata videt, triplici circumdata muro:

Sans doute se flattant, par cette lâcheté,

D'expier envers lui son infidélité.

Que vous dirai-je? On entre, on fond sur la victime:

Ulysse les suivoit, cet orateur du crime;

Vous voyez son ouvrage. O toi qui sais mes maux,

Ciel! venge l'innocence, et punis mes bourreaux!

Mais vous, fils de Vénus, quel malheur, quel naufrage,

Ou quel dieu vous conduit sur cet affreux rivage,

Dans ce séjour de deuil, de trouble et de terreur,

Dont le sommeil jamais ne vient charmer l'horreur? »

L'Aurore au teint de rose avançoit sa carrière,
Déja du temps prescrit fuyoit l'heure dernière;
Tous deux ils s'oublioient dans ce doux entretien.
« C'est trop, dit la prêtresse au monarque troyen;
Prince, l'heure s'envole, et vos regrets stériles
Consument un temps cher en larmes inutiles:
Avançons. C'est ici qu'en deux chemins divers
Se sépare pour nous la route des enfers:
A gauche, des tourments c'est le séjour barbare,
Le séjour des forfaits, l'inflexible Tartare,
A droite est de Pluton le superbe palais;
Là l'heureux Elysée étale ses attraits;
C'est là qu'il faut marcher. » — «O divine prêtresse!
Dit alors Déiphobe, excusez ma tendresse.
Je pars. Vous, d'Ilion l'ornement glorieux,
Adieu; plaignez mon sort, et soyez plus heureux!»
Il dit, et dans la foule en pleurant se retire.

Énée alors regarde, et de ce sombre empire
A gauche il aperçoit le séjour enflammé,
Que d'un triple rempart les dieux ont enfermé.
Quae rapidus flammis ambit torrentibus amnis
Tartareus Pblegetbon, torquctque sonantia saxa.
Porta adversa, ingens, solidoqueadamante columnae
Vis ut nulla virum, non ipsi exscindere ferro
Cœlicolœ valeant. Stat ferrea turris ad auras;
Tisiphoneque sedens, palla succincta cruenta,
Vestibulum exsomnis servat noctesque diesque.
Ilinc exaudiri gemitus, et saeva sonare
Verbera: tum stridor ferri, tractaeque catenae.
Constitit yEneas, strepitumque exterritus hausit.
« Quae scelerum faciès? o virgo! effare: quibusve
Trgentur pœnis? quis tantus plangor ad auras? »

Tum vates sic orsa loqui: « Dux inclute Teucrum, Nulli fas casto sceleratum insistere limen; Sed me quum lucis Hécate praefccit Avernis, Ipsa deum pœnas docuit, perque omnia duxit. Gnosius lia?c Rbadamantbus habet durissima regna, Castigatquc auditque dolos; subigitquc fateri, Quae quis apud superos, furto laetatus inani, Distulit in seram commissa piacula mortem. Gontinuo sontis ultrix adcincta flagello

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