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Otia qui rumpet patriae, residesque movebit
Tullus in arma viros, et jam desueta triumphis
Agmina. Quem juxta sequitur jactantior Ancus,
Nunc quoque jam nimium gaudens popularibus auris.

« Vis et Tarquinios reges, animamque superbam Ultoris Bruti, fascisque vidcre rcccptos? Consulis imperium hic primus sa>vasquc sccuris Adcipiet, natosque pater, nova bella moventis, Ad pœnam pulchra pro libertate vocabit. Infelix! utcumquc fcrent ea facta minores, Vincetamor patriae, laudumque inmensa cupido. Quin Decios, Drusosque procul, saevumque securi Adspice Torquatum, et referentem signa Gamillum.

« Illae autem, paribus quas fulgere cernis in armis, Concordes animas nunc et dum nocte premuntur, Heu quantiyn inter se bellum, si lumina vitae Adtigerint, quantas acies stragemque ciebunt! Aggeribus socer Alpinis atque arce Monœci Descendens; gêner adversis instructus Eois. Ne, pueri, ne tanta animisadsuescite bella,

Sors, 6 brave Tullus! sors de ce long repos;
Le dieu de Romulus veut revoir ses drapeaux.
Vois Ancus, que déja l'ambition dévore,
Flattant tous ces Romains qui ne sont pas encore.

«Vois ces Tarquins si fiers, ces tyrans des Romains,
Et Brutus arrachant les faisceaux de leurs mains;
Brutus, des saintes lois vengeur inexorable,
Le premier tient en main la hache redoutable;
Des Romains le premier il affermit les droits,
Et gouverne en consul où commandoient les rois:
Mais contre son pays sa famille conspire;
Ses deux fils au tyran veulent rendre l'empire:
Tous deux sont immolés. O père malheureux!
Quoi que doivent un jour en penser nos neveux,
La nature gémit, mais la gloire est plus forte;
Le père en lui se tait, et le Romain l'emporte.
Tu marches sur ses pas, sévère Torquatus;
Et Rome en frémissant admire vos vertus.
Regarde ces Drusus s'élançant vers la gloire,
Ces Décius mourant pour vivre en la mémoire,
Et Camille aux Gaulois vaincus de toutes parts
Arrachant nos drapeaux, et sauvant nos remparts.
Puisse l'étranger seul exciter nos alarmes!

«Vois-tu ces deux guerriers couverts des mêmes armes?
Tous deux s'aiment encor dans cet heureux séjour;
Mais que d'affreux combats ils livreront un jour!
Du roc sacré d'Alcide et de la Ligurie
Le beau-père descend enflammé de furie;
Le gendre joint l'Asie à ses nobles Romains:
Malheureux, désarmez vos parricides mains;

T. IV. ÉHÉIDE. II. 19

Neu patriae validas in viscera vertite vires!
Tuque prior, tu parce, genus qui ducis Olympo;
Projice tela manu, sanguis meus!

« Ille triumphata Capitolia ad alta Corintho
Victor aget currum, caesis insignis Achivis.
Eruet ille Argos, Agamemnoniasque Mycenas,
Ipsiimque iEaciden, genus armipotentis Achilli;
Ultus avos Trojae, templa et temerata Minervae.

«Quis te, magneCato, tacitum, aut te, Cosse, relinquat? Quis Gracchi genus, aut geminos, duo fulmina belli(20), Scipiadas, cladem Libyae? parvoque potentem Fabricium, vel te sulco, Serrane, serentem? Quo fessum rapitis, Fabii? tu Maximus ille es, Unus qui nobis cunctando restituis rem.

« Excudent alii spirantia mollius sera,
Credo equidem; vivos ducent de marmore voltus;
Orabunt caussas melius; cœlique meatus
Describent radio, et surgentia sidera dicent:

C'est notre sang, hélas! que vous allez répandre.
Et toi, mon fils, tu dois cet exemple à ton gendre;
Il est beau de le suivre, et grand de le donner:
Fils des dieux, c'est à toi, César, de pardonner!

«Celui-ci (sur son front quelle gloire est empreinte!)
A son char triomphant enchaînera Corinthe.
Digne du sang de Troie, et digne de son nom,
Cet autre détruira les murs d'Agamemnon:
La fière Argos n'est plus, et Mycènes en flamme
Acquitte enfin les pleurs des veuves de Pergame;
Et, de nos fiers vainqueurs rejeton odieux,
Le dernier Ëacide a satisfait aux dieux,
Satisfait à Pallas, qui, sur ses murs en cendre,
Venge enfin ses autels teints du sang de Cassandrc.

« Parois, brave Cossus, parois, brave Caton.
Des illustres Gracchus qui ne connoît le nom?
Et ces deux Scipions, ces deux foudres de guerre,
Qui deux fois de l'Afrique ont désolé la terre?
Et toi, Fabricius, fier de ta pauvreté?
Et Serranus, si grand dans sa simplicité,
Passant de la charrue aux rênes de l'empire?
Race des Fabius, souffrez que je respire!
Te voilà, toi que Rome élève au-dessus d'eux;
Toi qui, te refusant des succès hasardeux,
Seul vers nous à pas lents ramènes la victoire!

« D'autres avec plus d'art, cédons-leur cette gloire,
Coloreront la toile, ou d'une habile main
Feront vivre le marbre et respirer l'airain;
De discours plus flatteurs charmeront les oreilles;
Décriront mieux du ciel les pompeuses merveilles:

Tu regere iiuperio populos, Romane, memento;
Hae tibi erunt artes, pacisque inponere morem,
Parcere subjcctis, et debellare superbos. »

Sic pater Anchises, atque haec mirantibus addit: « Adspice, ut insignis spoliis Marcellus opimis Ingreditur, victorque viros supereminet omnis! Hic rem Romanam, magno turbante tumultu, Sistet, eques sternet Pœnos, Gallumque rebellem, Tertiaque arma patri suspendet capta Quirino. » Atque hic /Eneas, una namque ire videbat Egregium forma juvenem, et fulgentibus armis; Sed frons laeta parum, et dejecto lumina voltu: « Quis, pater, ille, virum qui sic comitatur euntem? Filius, anne aliquis magna de stirpe nepotum? Quistrepitus circa comitum ! quantum instar in ipso est! Sed nox atra caput tristi circumvolat umbra. »

Tum pater Anchises, lacrimis ingressus obortis: « O nate, ingentem luctum ne quaere tuorum;

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