ページの画像
PDF
ePub
[graphic]

par parlement roborée et confermée, l'an mil quatre cens et six : c'estassavoir que ladicte Église soit maintenue et conservée en ses anciennes franchises et par ainsi quicte de tous dixiesmes, procuracions et toutes exactions de subsides quelzconques. Et pour ce que lesdiz légaulx, en demandant vindrent contre lesdictes constitucions et arrest , fu conclud que ladicte ordonnance seroit gardée sans enfraindre. Et pour meilleure observance, l'Université mist et ordonna solemnelz hommes devers le Roy et son conseil et devers ledit parlement, ausquelz appartient ledit arrest à défendre, et eschever les inconvéniens qui s'en pourroient ensuir par l'infraction de ladicte ordonnance et constitucion.

Item , fut conclud que se le pape ou les légaulx veulent aucun compeller ou contraindre par censure ecclésiastique ou autrement à paier lesdiz tribus, que on appelle de eulx au concile général de ladicte Église.

Item , s'il y a aucuns collecteurs ou subcollecteurs voulans avoir ou exiger lesdiz succides (sic), qu'ilz soient punis par prinse de leur temporel s'ilz en ont, et si non, qu'ilz soient mis en prison.

En oultre fut conclud qu'à poursuivir ledit fait, soit requis en aide le procureur du Roy et des autres seigneurs qui se veulent adjoindre avec ladicte Université.

Finablement fut conclud que ou cas que le pape allegueroit neccessité évidente en l'Eglise, que le conseil de l'Église française seroit évoqué, et là seroit advisée une manière de subvencion, uon mie par manière de deu , mais par manière de subside charitable, et seront levées et recueillies lesdictes pécunes

C

par certains bons preudommes esleuz par ledit conseil, qui les distribueront à ceulx qui seront ordonnez par ledit conseil.

Item. Le lundi ensuivant fut fait un conseil royal, où fut présent le duc d'Acquitaine, l’arcevesque de Pise et autres légaulx du pape, aussi le Recteur de l'Université et plusieurs autres de ladicte Université. Et oudit concile , proposa ledit arcevesque de Pise que ce qu'il demandoit estoit deu à la chambre apostolique, et que quiconques le denyoit à paier, il n'estoit pas chrestien. Desquelles paroles, l'Université mal contente dist que lesdictes paroles estoient proférées au deshonneur du Roy et obprobre de l'Université et par conséquent de tout le royaume. Pour lesquelles choses fut de rechef, le dimenche ensuivant xxixo jour dudit moys de novembre, faicte une congregacion générale où elle avoit esté faicte le dimenche devant, où il fut conclud que l'Université envoieroit certains légaulx pour lui exposer les paroles dictes et proposées par lesdiz légaulx du pape, en lui requérant que publiquement soient révoquées et par eulx rappellées, et en cas qu'ilz ne les vouldroient révoquer et rappeller, la faculté de théologie escripra contre eulx sur les articles de foy, et seront punis selon l'exigence du cas. Item, fut conclud que ladicte Université de París escriproit à toutes autres Universitez, prelats et chappellains qu'ilz se adjoingnissent à l'Université de Paris en la poursuite dudit fait.

Maintes autres choses furent touchées oudit parlement, lesquelles pour cause de briefté sont laissées à escripre en ce présent livre. Toutesfoiz la conclusion fut telle pour bailler response, que le pape n'auroit point de subside, si non par la manière dessus déclairée. Item, fut conclud que l'Université de Paris requerroit à l'arcevesque de Reims et aux autres du grant conseil du Roy qui ont fait serment à l'Université, qu'ilz se adjoingnent à icelle de la poursuicte devant dicte, ou ilz en seront privez. Et est assavoir que après toutes ces choses, les légaulx, eulx doubtans, s'en alèrent et se partirent de Paris sans dire adieu. Comme on disoit communément à Paris, nostre saint père le pape envoya ses ambaxadeurs devers le Roy pour le paiement du dixiesme imposé sur l'Église françoise, et en comptant de leur légacion dirent au conseil du Roy, présent le duc d'Acquitaine, que non mie seulement l'Église françoise estoit obligée et tenue à ladicte solucion dudit subside, mais toutes églises quelzconques estoient de prime face à la voulenté du pape par le droit divin Levitici 9", où il dit en la sentence : Les dyacres paioient au souverain prestre le dixiesme. Secondement de droit naturel et positif. Et quant ces choses se faisoient, l'Université vint à eulx. Et lendemain, fut faicte une congrégacion ou college des Bernardins. Et là fut délibéré que la manière de demander ce subside est à réprouver, inique et contraire à loy et à décret par le Roy et son conseil fait l'an mil quatre cens et six, et voult l'Université que ceste loy feust conservée sans estre corrompue. Et fut dit que là ou le pape ou ses légaulx vouldroient ce demander et contraindre aucun à le paier par censure d'église, que ladicte Université appelleroit au concile général de l'Eglise. Et là où les nouveaulx gouverneurs du Roy et du royaume vouldroient ou présumeroient aucunement actempter contre la loy dessus

re

dicte , icelle Université appelleroit devant le Roy et les seigneurs du conseil. Et où il auroit aucuns de l'Université qui laboureroient pour la solucion du dixiesme, ilz en seroient privez, Et s'il en adyenoit d'aucuns labourans à ce, qui eussent temporel, l'Université requeroit au Roy que leur temporel feust mis en sa main , et ou cas qu'ilz n'en auroient point , ilz feussent emprisonnez. Et se par manière de voie caritative , nostre saint père le pape eslevoit subside, il pleust à l'Université supplier au Roy que les prélas feussent évoquez par le royaume pour deux choses : Premièrement, pour adviser quelles choses sont traictées au conseil général de l'universelle Église; secondement, à délibérer de ce et sur le contenu ès requestes desdiz ambaxadeurs sur ledit dixiesme. Et se il estoit délibéré que nostre saint père ait ledit subside, l'Université veult que soient députez aucuns prélas preudommes de ce royaume qui recevront l'argent pour la paix des Grecs et des Latins et pour l'union du royaume d'Angleterre, pour la queste de la Saincte Terre et prédicacion de l'Evangile et de toute créature, car ce sont les fins pour lesquelz le saint père esliève cedit subside, comme dient ses légaulx. L'Université requist sur ce aux seigneurs de parlement qu'ilz se adjoingvissent avecques eulx , car ce, est leur arrest et aussi le fait des procureurs du Roy et autres seigneurs à la prosecucion desquelz ladicte loy fut faicte. Item, fut député maistre Ursin à proposer devant les seigneurs, et à respondre aux raisons desdiz ambaxadeurs. Et en fin, ledit arcevesque de Pise, considérant que nullement ne pourroit venir à son entencion, se humilia devant ladicte Université et parla particu

lièrement à aucuns des principaulx afin qu'ilz tenissent la main à sa besongne. Néantmoins, le xxvIII" jour du moys de janvier ensuivant, fut par eulx conclud que de leur consentement ne seroit baillé au pape nul subside sans avoir premier l'accord, le conseil et octroy de l'Église françoise. Et sur ce furent prinses nouvelles journées. Et le xi° jour de février, plusieurs prélas furent évoquez pour avoir leur advis sur ceste matière. Mais finablement, par la diligence et solicitude de l'Université, ilz ne porent venir à conclusion que nulles pécunes feussent données et octroiées au pape par quelconques manière que ce feust. Non obstant que la plus grant partie des seigneurs et par espécial les princes, en estoient assez contens. Et pendant que les choses dessusdictes se traictoient, ledit pape envoia ses lectres devers le roy de France contenans que les Florentins ne vouloient plus estre de sa partie, pour la doubte qu'ilz avoient du roy Lanselot. Lequel roy Lanselot assembloit de jour en jour grant puissance de gens d'armes, comme rescripvoit ledit pape, pour envayr et prendre la cité de Romme et toutes les régions d'autour, pour en fin avoir la dominacion et obéissance de la chaise Saint-Pierre et du siège apostolique, et y metre ung pape qui feust du tout à sa poste". Laquelle chose, se ainsi advenoit, pourroit estre plus grant erreur que devant. Et pour tant, de rechef requéroit au Roy, à ses princes et à ladicte Université, que pour obvier à telz inconvéniens il eust aide et confort de eulx. Laquelle aide, par la diligence et longue poursuite dudit arcevesque de Pise, lui fut

1. En son pouvoir, potestas.

« 前へ次へ »