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les dismes et autres oblacions leur devoient lors mieulx appartenir que aux curez, pour ce que ceulx qui se confessent à eulx, ne sont tenus de eulx confesser à leursdiz curez. Et ce preschèrent-ilz publiquement parniy Paris, et les autres de ladicte Université preschoient le contraire. Et par ainsi en ladicte cité de Paris, en ung temps de quaresme, y eut grant dis. cord et grande discencion entre ladicte Université et les Mendians, et tant, que lesdiz Mendians furent déboutez et privez de ladicte Université. Mais en assez brief temps après, les Jacobins, comme les plus sages des autres renoncèrent à ladicte bulle', et jurèrent et promirent que jamais n'en useroient, ne aussi d'autres privilèges à eulx concedez , et par ainsi furent ilz réconsiliez avec ladicte Université. Et adonques tenoit le pape, sa court, en Bonongne la Grasse.

CHAPITRE LX.

Comment grande discension s'esmut entre le roy de Poulaine d'une part,

et le grant maistre de Pruce et ses frères, d'autres.

En cest an, s'esmeut une grande discorde entre le roy de Poulaine d'une part, et le grant-maistre de Pruce et ses frères, d'autre. Et assembla , ledit Roy, très grant ost de diverses nacions, lesquelz il mena ou pays de Pruce pour icellui destruire. Mais prestement le dessusdit maistre et ses frères alèrent contre lui à grant puissance, en monstrant semblant de vouloir à icellui livrer bataille. Et quant ilz furent l'un devant l'autre, par la voulenté de Dieu, le roy de Poulaine avecques tout son ost , se parti, ouquel estoient vingt mille Poulenois, sans les Tartarins et autres chrestiens à lui aliez dont il avoit grant nombre, et retourna en son pays. Et depuis , par l'exortacion dudit roy de Poulaine, le roy de Lituaire et autres Sarrazins sans nombre, entrèrent en Pruce, en la partie vers la iner, laquelle à peu près fut toute destruicte. Et furent prins par ceulx de Pruce bien mille desdiz Sarrazins , et plusieurs occis. Ce roy de Poulaine avoit jadis esté Sarrazin', et fut filz du roy de Lictuaire, qui par grant convoitise de régner et ambicion, occist son père, et pour ceste cause, fut-il chassé hors du pays, et s'en ala à refuge devers le roy de Poulaine qui pour lors régnoit, lequel le reçeut honnorablement, et fut grandement privé et familler de lui, et aussi acquist l'amour des princes et du royaume, pour quoy, après la mort dudit roy de Poulaine, les Poulenois esleurent icellui homicide à Roy, et le firent baptizer et estre chrestien, et puis espousa et print à femme la vesve dudit Roy. Laquelle vesve avoit une seur qui estoit femme du roy de Hongrie. Lesdictes deux seurs estoient filles d'un conte d'Alemaigne nommé le conte de Ceilly, de la lignée royale dudit royaume. Et depuis le temps que ledit roy de Poulaine fut baptizé, il obtint ledit royaume assez eureusement, et tant que par son or

1. Le Religieux de Saint-Denis ajoute les Carmes. 2. Bologne. 3. Cf. le Religieux de Saint-Denis, Chr. de Ch. VI, t. IV,

p. 334.

1. Il s'agit ici de Jagellon , duc de Lithuanie, qui prit à son baptême le nom d'Uladislas. Il devint roi de Pologne en 1386 par son mariage avec Hedwige , sa première femme. Il en eut trois autres.

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gueil il convoita le royaume de Hongrie , disant qu'il y avoit droit en partie à cause de sa femme. Et pour ce, print occasion de travailler ceulx de Hongrie et de Pruce, en mandant secrètement par ses lectres au roy de Lictuaire, son cousin germain, à lui alié, qu'il entrast en Pruce. Du maistre duquel pays, le roy de Hongrie estoit grant ami. Si manda le roy de Poulaine secrètement par ses lectres au roy de Lictuaire, son cousin germain, à lui alié, qu'il entrast en Pruce vers la mer, et lui, avecques ses Poulenois, viendroit à l'encontre de lui par autres parties, en destruisant tous le pays. Mais son entencion fut descouverte, parce que lesdictes lectres et son messager, furent trouvez et rencontrez du roy de Hongrie. Lequel, quant il fut adverti des besongnes dessusdictes, y mist si bonne provision avec ledit maistre de Pruce, chascun en son pays, que les dessusdiz ne leur portèrent guères de dommages.

DE L'AN M CCCC X.

[Du 23 mars 1410 au 12 avril 1411. ]

CHAPITRE LXI.

Comment le duc de Berry retourna à Paris du commandement du Roy.

Du mariage du filz du roy Loys de Cécile. Et de l'assemblée qui se fist á Meun le Chastel.

Au commencement de cest an, fut le duc de Berry remandé de par le Roy à venir à Paris, lequel y revint

et fut envoyé avecques le roy de Navarre à Gien sur Loire, pour appaiser le discord entre le duc de Bretaigne d'une part, et le conte de Penthièvre et sa mère d'autre part’. Pour lesquelles deux parties, jà soit ce qu'ilz eussent promis de y comparoir en personne, si n'y furent-ilz pas, mais envoièrent leurs procureurs pour eux. Lesquelz de Navarre et de Berry, mirent et rendirent grant peine par moult de manières à les mectre d'accord. Mais pour ce qu'ilz n'y porent besongner, mirent la discepcion en la main du Roy, par le consentement desdictes parties, de lors jusques à la feste de la Toussaint ensuivant, et après s'en retournèrent à Paris.

En ce temps fut fait et conclud le mariage de l'ainsné filz du roy Loys de Cécile et de Katherine, fille au duc Jehan de Bourgongne :. Laquelle , par messire Jehan de Châlon, seigneur de Dorlay', et le seigneur de Saint-George', messire Jehan de Champdivers et messire Jaques de Courtianıble, fut conduicte et menée jusques à Angers, et là délivrée à la Royne ', femme

1. Charles III, dit Le Noble , fils de Charles le Mauvais. . 2. Voy. plus haut, p. 36.

3. Catherine, fille de Jean sans Peur, promise en 1408, à Philippe d'Orléans, comte de Vertus, et en 1410, à Louis d'Anjou, fils aîné de Louis II, duc d'Anjou , mourut sans alliance, à l'âge de trente-deux ans.

4. Sic dans Suppl. fr. 93. Il faut lire d’Arlay.

5. Guillaume de Vienne, chevalier, seigneur de Saint-George et de Sainte-Croix.

6. Messire Jacques de Courtiambles, seigneur de Commarien, chevalier, conseiller et chambellan du Roi et du duc de Bourgogne.

7. Isabelle d'Aragon, femme de Louis II, duc d'Anjou et roi de Sicile.

dudit roy Loys, laquelle la receut moult agréablement, et fist grant chère et grant honneur aux chevaliers dessusdiz et à tous ceulx qu'ilz avoient avecques eulx. Et après peu de jours, s'en retournèrent à Paris devers leur seigneur ledit duc de Bourgongne.

Item, en ce mesmes temps, s'assemblèrent en la ville de Meun le Chastel les ducs d'Orléans et de Bourbon , les contes de Clermont, d’Alençon et d'Armaignac, et messire Charles de Labreth , connestable de France, avec plusieurs grans seigneurs de grant puissance et auctorité. Lesquelz eurent par plusieurs journées de grans consaulx l'un avecques l'autre sur les affaires , et par espécial sur la mort du duc d'Orléans défunct, pour savoir principalement, comment ne par quelle manière, on pourroit procéder contre le duc de Bourgongne pour avoir vengence de sa personne, et comment on se y auroit à conduire. Si furent mises avant plusieurs et diverses opinions, et estoient aucuns d'opinion que le duc d'Orléans lui fist guerre mortelle à l'aide de ses seigneurs, parens, amis et aliez et bien veuillans, par toutes les manières que faire se pourroit. Les autres disoient qu'il valoit mieulx tenir autres termes, c'estassavoir de remonstrer au Roy leur souverain seigneur, qu'il feist justice et raison dudit duc de Bourgongne, et qu'à lui appartenoit à ce faire, car il lui touchoit comme à la mort de son propre frère germain. Et en fin, pour ce qu'ilz ne povoient estre tous confermez en une seule opinion, prindrent une autre journée pour estre ensemble. Mais avant qu'ilz se départissent, fut traictié le ma•riage dudit Charles, duc d'Orléans, à la fille du conte

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