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Horat.
Ispist. i. 7.

Si me vivere vis sanum recteque valentem,
Quam mihi das ægro, dabis ægrotare timenti,
Mæcenas, veniam; dum ficus prima calorque
Designatorem decorat lictoribus atris,
Dum pueris omnis pater et matercula pallet,
Ofticiosaque sedulitas, et opella forensis
Adducit febres, et testamenta resignat.

Sect. III.

ALPES ET GENTES INALPINÆ, ET FLU

MEN PADUS.

ALPES. Le mot générique d’Alpe, qui signifie une hauteur en langue Celtique, leur fut appliqué par une distinction qu'elles méritoient bien. Les Grecs eux-mêmes ont été obligés de convenir que leurs montagnes tant vantées d'Olympe, d'Ossa, et de Pelion, n'étoient rien auprès de ces masses énormes. Les Pyrénées s'élèvent plus perpendicu. lairement, mais la grande étendue des Alpes leur donne une supériorité décidée pour la hauteur. Il y a telles montagnes dont on n'atteint le sommet qu'après une marche de cinq jours. Ces montagnes embrassent l'Italie dans la forme d'un vaste semicercle, qui ne s'ouvre que dans quelques en- Clor. Ital. droits. Voici les différentes parties des Alpes et Ant. l.i.

c. 30, 31, les principaux passages qu'on y trouvoit. (ment, 32. Berg.

Grands Les Alpes Maritimes qui commençoient dans les chemins,

I. ii. c. 31, environs du Varus et de Nice. C'étoit à Savone (Vada Sabatia), que l’Apennin, après avoir partagé tout l'intérieur de l'Italie, venoit s'unir aux Alpes.

La

32, 33,

jusques "Les Alpes vues 11

La Voic Aurélienne, qui cotoyoit toujours la mer depuis Rome jusques dans les Gaules, traversoit ces montagnes. II ment. Les Alpes Cottiennes, qui étoient séparées de la mer par les Alpes maritimes. C'étoit le royaume de Cottius dont Segusio (Suze) étoit la capitale. Ces montagnes s'étendoient en largeur depuis cette ville jusqu'à Briançon (Brigantium). C'est auprès de la première de ces villes qu'on trouve le mont Cenis (Mons Matrona). Pompécosa le premier le passer. Cottius traVailla beaucoup à rendre ce chemin plus facile et plus assuré. La nature et l'art le rendirent bientôt, ce qu'il est encore, la grande route de l'Italie dans les Gaules, le passage le plus fréquenté des empereurs, des armées et des voyageurs. Il reçut même dans la basse Latinité, le nom distingué de Strata Romana. 111 meit. Les Alpes Grecques. La fable au passage dliercule lui valut ce nom. C'étoit le petit St. Bernard, et la Tarantaise. Il paroît qu'un Ideonmus, roi barbare assez peu conmu, réguoit dans ces montagnes du tems d'Augliste. I\'ment. Les llpes Perrines, qui s'étendoient depuis les Alpes Grecques jusqu'aux sources du Rhône et du Rhin. Il y a beaucoup l'apparence qu' Hannibal les traversa pour entrer en Italie, mais il n'y en a aucune quilleur ait donné le nom de sa nation (Pænine de Pæni). Pour y trouver ce nom, il faut corrompre celui des montagnes ellesmêmes. C'est aussi ce qu'ont fait plusieurs des anciens. La vallée un peu au-delà des Alpes Penwues, et qui est traversée par le Rhône, s'appelluit la Vallée Penuine (Vallis Pennina). Il se

nomme

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nomme encore le Valais. Au milieu de ces montagnes, l'on trouvoit le passage célèbre, qu'on appelloit le Summus Penninus ou le Mons Sovis; c'est le grand St. Bernard. Les deux grands chemins qui traversoient les Alpes Grecques et les Alpes Pennines se réunissoient à Augusta Prætorid, (lost) à l'entrée du pays des Salassi ou du Val d'Aost. V'ment. Les Alpes Rhétiques ou Tridentines. Il y avoit deux grands passages, l'un qui partoit de Milan et qui passoit par Comum et Curia (Coire) jusqu'à Brigantium, (Bergent,) et l'autre qui alloit de Vérone à Tridentinum (Trente) et Augusta Vindelicorum (Augsbourg). Le fameux Mont Adula étoit parmi ces Alpes. Mais des anciens qui en ont parlé, les uns ont décrit une haute montagne auprès des sources du Rhin, et les autres une suite de montagnes dont la situation est assez incertaine. V/ment. Les Alpes Noriques, Carniques, Pannoniques, ou Juliennes. C'étoit ce contour qui embrassoit la Venetia. Un grand chemin partoit d'Aquileia, traversoit le mont Ocra, et s'étendoit jusqu'à Nauportum et Sirmio dans la Pannonie.

PADUS. On connoît toutes les fables brillantes et absurdes dont les anciens ont orné l'histoire de ce fleuve: le téméraire Phaëthon qui y fut précipité, ses sæurs qui furent changées en peupliers et qui distilloient de l'ambre. Cette fable étoit connue depuis long tems, mais sa source ne l'étoit pas autant. Les Grecs tiroient l'ambre des bords de la mer Baltique vers l'embouchure de la Vistule, qui vient d'être augmentée par les eaux d'une rivière considérable que les gens du pays appellent

Rodaune,

c. 34.

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Rodaune, Raddaune, Raddune et Reddune, selon

leurs dialectes différentes. Le Po s'appelloit aussi V. Cluvier. l'Eridan. Voilà le fondement géographique de Ital. Antiqua, I. i. tant de fictions et de la confusion de deux fleuves

aussi éloignés l'un de l'autre. Quelle ignorance ! Mais ce n'est pas tout. Le nom du Rhône (Rhodanus) n'est pas fort différent de ceux-ci: c'étoit assez pour établir leur identité dans l'esprit paresseux des Grecs, pour qui tous les pays occidentaux étoient un monde inconnu ou fabuleux. On peut remarquer cependant une progression de lumière. Pour les premiers Grecs, le Po, le Rhône, et la Vistula n'étoient qu'un même fleuve. Ils connurent à la tin leurs erreurs. Ils apprirent que le premier se déchargeoit dans la Mer Adriatique, le second dans la Méditerranée, et la troisième dans la Mer Baltique. Ne pouvant nier que les embouchures ne fussent différentes, ils voulurent soutenir qu'ils partoient de la même source et qu'ils avoient les mê. mes propriétés. Les Grecs se seroient cependant détrompés plutôt s'ils n'avoient pas préféré leurs poëtes à leurs historiens. Hérodote avoit des idées fort justes sur l'Eridan. Il reconnuit qu'il ne parle de ces pays éloignés que sur des ouis-dire, mais il sait fort bien que l’Eridan, le fleuve de l'ambre, ne se décharge que dans la mer du Nord.

Le Po sort de trois sources au pied du Mont Vesulus, et tombant avec fracas au bas d'un précipice, il coule pendant trois milles sans avoir de lit bien marqué, mais avant déjà assez d'eau pour faire aller des moulins. C'est alors qu'il se perd sous terre ; il paroit encore au bout de deux milles, et devient bientôt un fleuve considérable par le

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grand

grand nombre de rivières qui s'y jettent. Pline en compte trente, mais Cluvier a poussé ce nombre jusqu'à quarante.

Padi Osčia. Voici les principales circonstances qui les regardent. 1. Il y en avoit deux bras plus considérables que les autres. Le premier s’appelloit Padusa, Eridanus et ostium Spineticum d'une ville ancienne qui y étoit située. Il paroît que les anciens le regardoient comme le véritable Po, et ils lui donnent quelquefois ce nom tout simplement. L'autre se nommoit Volana ou Bolana. 2. Il y avoit encore deux bras du Po entre ceux-là, le Sagis et le Caprasium. 3. Toutes ces embouchures étoient l'ouvrage de la nature. Mais les habitans, du pays, qui étoient intéressés à retenir dans son lit cette rivière fougueuse, lui en creuserent de nouveaux. Parmi ces canaux artificiels, qu'on attribut aux Toscans, on peut en distinguer trois : Fossa Asconis, ensuite Augusti, qui communiquoit de la Padusa à Ravenne; Fossa Carbonuria au-delà de la Volana, et Fossæ Philistinæ qui étoient encore plus au nord. Ce dernier canal, grossi par les eaux du Tartarus, est devenu aujourd'hui le Po, et tous le pays entre ces embouchures qui étoit anciennement au nord du Po est réputé aujourd'hui au midi de ce fleuve. 4. Voilà les sept embouchures du Po. Leurs débordemens fréquens ne faisoient qu'un vaste marais de tout ce canton, marais coupé dans sa largeur par les fossés de Véron, et auquel on avoit donné le nom des Septem Maria. Ce titre s'étoit cependant étendu sur tous les environs au-delà du Po et jusqu'à Al

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