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Tränsportare prius, quàm sedibus ossa quièrunt. Centum errant annos, volitantque hæc littora circum;

Tum demum admissi stagna exoptata revisunt.

Constitit Anchisâ satus, et vestigia pressit,

Μulta putans, sortemque animo miseratus iniquam.
Cernit ibi mæstos, et mortis honore carentes,
Leucaspim, et Lyciæ ductorem classis Orontem,
Quos simul a Trojà ventosa per æquora vectos
Obruit Auster, aquâ involvens navemque virosque.
Ecce gubernator sese Palinurus agebat, ' - ,
Qui Libyco nuper cursu, dum sidera seryat,
Exciderat puppi, mediis effusus in undis.
Hunc ubi vix multâ mæstum cognovit in umbrâ,

v. Sic prior alloquitur: Quis te, Palinure, deorum
Eripuit nobis, medioque sub æquore mersit?

Dic age; namque, mihi fallax haud ante repertus,

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» Les premiers ont reçu les funèbres hommages ; • Les autres, sans cercueil, ont vu les noirs rivages. » Tant qu'ils n'obtiennent pas les honneurs dus aux morts, » Durant cent ans entiers ils errent sur ces bords ; » Enfin leur exil cesse, et leur troupe éplorée • Atteint au jour prescrit la rive desirée. » Le héros est ému d'un sort si rigoureux. 0ronle et Leucaspis frappent soudain ses yeux : Tous deux ils avoient fui les murs fumans de Troie, Et des flots mutinés tous deux furent la proie. Palinure comme eux avoit fini sesjours : * Desastres de la nuit il observoit le cours, Lorsquiltomba plongé dans la liquide plaine. Lehérosl'aperçoit, le reconnoît sans peine : * Palinure, est-ce toi? Comment t'ai-je perdu ? * Apollon, qui jamais en vain n'a répondu, * Pour la première fois dement donc ses oracles ! " Tu devois, avec nous forçant tous les obstacles, » Aux bords tant desirés conduire tes amis, * Et voilà comme il tient ce qu'il avoit promis !» « Les dieux, dit le nocher, que votre plainte cesse, " N'ont ni causé ma mort, ni trahi leur promesse.

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Hoc uno responso animum delusit Apollo,
Qui fore te ponto incolumem, finesque canebat
Venturum Ausonios : en haec promissa fides est ?
Ille autem : Neque te Phœbi cortina fefellit,
Dux Anchisiada, nec me deus aequore mersit.
Namque gubernaclum multâ vi fortè revulsum,
Cuidatus haerebam custos, cursusque regebam,
Praecipitans traxi mecum. Maria aspera juro
"Non ullum pro me tantum cepisse timorem , .
Quam tua ne, spoliata armis, excussa magistro,
Deficeret tantis navis surgentibus undis.
Tres Notus hibernas immensa per aequora noctes
Vexit me violentus aquâ : vix lumine quarto
Prospexi Italiam, summâ sublimis abundâ.
Paulatim adnabam terra : jam tuta tenebam ; -
Ni gens crudelis madidâ cum veste gravatum,
Prensantemque uncis manibus capita aspera montis,

Ferro invasisset, prœdamque ignara putasset.

» La main an gouvernail, l'œil tourné vers les cieux, » Tandis que j'observois leur cours silencieux, » Par un sort imprévu précipité dans l'onde, » J'entraînai le timon dans ma chûle profonde. » Mais, j'en atteste ici le terrible élément, » J'ai moins tremblé pour moi, dans ce fatal moment, » Que pour mes compagnons, pour vous, pourvotre flotte, » Surtout pour mon vaisseau, privé de son pilote. » Durant trois longues nuits j'ai, d'un bras courageux, » Lutté contre les vents et les flots orageux ; » Enfin mon œil, du haut d'une vague écumante, » Vit de loin cette terre objet de notre attente. » Sous le poids dont les eaux chargeoient mon vêtement, » Vers le bord desiré je nageois lentement : » Du bord que j'invoquois, une vague m'approche ; » Je m'élance, et saisis les pointes d'une roche. » J'apperçois des humains, j'implore leur secours ; » Et leur lâche avarice a terminé mes jours ! » Depuis, mon triste corps est le jouet de l'onde : » Voilà mon sort. Mais vous, par le flambeau du monde, . » Par sa douce clarté que je ne verrai plus, » Par votre cher Ascagne et ses jeunes vertus,

Nunc me fluctus habet, versantque in littore venti. Quod te per cœlijucundum lumen, et auras, Per genitorem, oro, per spes surgentis Iuli, Eripe me his, invicte, malis : aut tu mihi terram Injice, namque potes, portusque require Velinos : 'Aut tu, si qua via est, si quan tibi diva creatrix Ostendit (neque enim, credo, sine numine divûm Flumina tanta paras Stygiamque innare paludem), Da dextram misero, et tecum me tolle per undas, Sedibus ut saltem placidis in morte quiescam. Talia fatus erat, cœpit quum talia vates : Unde haec, o Palinure, tibi tam dira cupido ? Tu Stygias inhumatus aquas amnemque severum Eumenidum adspicies, ripamve injussus adibis? Desine fata deûm flecti sperare precando. Sed cape dicta memor, duri solatia casûs : Nam tua finitimi, longè latèque per urbes

Prodigiis acti cœlestibus, ossa piabunt;

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