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Séguier fait en 1668 (i). En 1678 il exposa au Palais-Royal; mais il paroît ne pas avoir été au delà de l'honnête et du médiocre, et être, comme peintre, resté bien au dessous de la réputation de son frère. Comme écrivain, il a eu une meilleure fortune, et son livre des Sentiments des plus fameux peintres sur la pratique de la peinture et de la sculpture est bien connu des amateurs, pour lesquels il a l'intérêt d'être un livreàla fois curieux et assez rare (2).

par lui le 7 janvier 1668, d'après un travail encore inédit sur les morceaux de réception, qui doit parottre dans les Archives de l'art français.

(1) P. 166-6, 39-31, 3a-5. L'un des deux portraits de Louis XIV, celui dont il est question ici, I, 5g, et dans Guérin, p. 165, este Versailles, dans les salles du rez-dechaussée de l'aile du nord. Il est signé H. TESTELIN FE. 1648. Le jeune roi est assis sur son trône, tient son sceptre de la maiu gauche, et de la droite une couronne de lauriers. Au pied du trône sont les attributs de la peinture et de la sculpture. Dimensions actuelles, haut. a,o5o; larg. 1,620. Il doit avoir été diminué, puisque Guérin lui donne dix pieds de hauteur. — L'inventaire des tableaux du roy fait par BaiUy en 1709 ne contient aucun tableau de Testelin.

(a) La première édition parut en 1680, in-folio; outre les tables de préceptes gravées en tableaux et les planches — on peut voirie délai! de celles-ci dans Peintregraveur français de M. Robert Dumesnil, IV, 103-7—te texte étoit aussi entièrement gravé. M. Goddé en avoit un exemplaire (n° 378 de son catalogue). Il a été rare dès l'origine, car M. de Martonne possède une transcription, avec cette date de 1680, du texte, et une copie à la plume des planches et des tableaux, dans un volume in-folio .de copies d'ouvrages sur la peinture recueillis pour un des Coypel; elle occupe les pages «19 à aSa. — La seconde est intitulée : Sentiments de» plus haliles peintres sur la pratique de la peinture et sculpture, mis en tables

Si donc, de tous ceux parmi lesquels seuls on peut choisir, Testelin est le seul qui ait écrit, c'est une première raison de le croire auteur de l'ouvrage analogue qui nous occupe. Le livre certain seroit même définitif pour lui attribuer l'autre , s'il s'agissoit d'un véritable écrivain. Mais il n'y a pas lieu de rien tirer ici de la comparaison de la forme et du style. Bien que tous deux soient écrits avec le même soin, avec la même recherche de la phrase pondérée, ils n'ont rien qui les fasse assez sortir de la langue courante des gens instruits du dix-septième siècle pour que deux personnes n'en puissent être les auteurs : il n'y a la ni beautés ni bizarreries qui puissent emporter avec elles

de préceptes avec plusieurs discours académiques ou conférences tenues en l'Académie royale desdits Arts en présence de monsieur Colbert, conseiller du roi protecteur-de ladite Académie, assemblée généralement en des jours solennels pour la distribution du prix royal, par Henry Testelin, peintre du roi, professeur et secrétaire en ladite Académie. A Pans, chez la veuve Mabre Cramoisy. M.DG.XCVI. In-folio de 4<> pages avec les tableaux gravés et les feuilles de planches. On voit que la publication est de l'année qui suivit sa mort ; elle tut sans doute l'œuvredes amis restés fidèles à son exil. Nous remarquerons les dates de la lecture des tableaux, soumis à l'Académie en 1670, en 167a, le 16 février 1675, les a octobre et 5 novembre 1678, le 4 février 1679; la seule planche datée porte la date de 1681. — La troisième édition , beaucoup moins rare, n'est guère plus connue pour cela. Elle parut en 1770, dans le pays même où l'auteur étoit allé mourir, a la suite d'une édition in-1a du poème de Le Mierre faite par le libraire Magerus. Les Sentiment», annoncés dans la préface (p. \xin-iv), forment, à la fin du volume, 138 pages, paginées à part; les tableaux y sont imprimés et plies, mais les planches n'ont pas été reproduites.

la certitude d'une commune origine, et par là ce livre des Sentiments n'apporte pas à notre démonstration de preuve positive, si ce n'est l'assurance déjà très importante que Henry Testelin a écrit.

Mais sa qualité de secrétaire pendant un aussi long temps est, en se joignant à cette première, une plus forte raison : car qui est mieux à même d'écrire l'histoire d'un corps que celui qui a cette charge, propose et suit les affaires, constate les décisions et tient les registres. S'il est d'ailleurs un écrivain, et que le desir lui prenne de rédiger cette histoire, personne, mieux que lui, ne se souviendra des faits, et ne saura mieux les retrouver.

D'ailleurs, le travail que nous publions ne'fûtil pas de Henry Testelin, il seroit toujours certain qu'il auroit composé un pareil ouvrage : car Piganiol de la Force, insérant au commencement de sa Description de Paris une courte, mais substantielle histoire de l'Académie (éd. de 17 65, I, 2O8-63 [1]), commence par déclarer qu'il tient de Testelin tout ce qu'on trouvera dans son livre: « Ce que j'en dirai est d'autant plus sûr que je le » tiens de feu Testelin le cadet, qui en fut le se» crétaire dès son établissement (p. 208). » Si

(1l Je cite cette édition comme la plus commune, quoiqu'elle n'ait pas été soignée par l'auteur lui-même, mais par La Font de Saint-Yenne (voir la préface); mais cette histoire de l'Académie existe dans les éditions précédentes de 174a (p. 261-316) et de 1736. Auparavant, l'histoire de Paris fonnoil, en 1718, le premier volume de la Description de la France, et depuis 1733, deux volumes publiés à part, et, dans cette dimension réduite, cette portion n'y figurait pas.

donc l'on trouve dans Piganiol un véritable résumé de l'ouvrage anonyme, sans additions, sans détails nouveaux, sans différences, sans contradictions surtout, et même avec de frappantes analogies , il deviendra très probable que notre ouvrage est de Testelin. C'est ce qu'il est, croyonsnous , facile de démontrer.

Et d'abord Piganiol, quoique mort en 1753 ( i ), cinquante-huit ans après Testelin, ne va pas plus loin que nos mémoires; sauf, p. 247, une phrase sur la sortie de l'Académie du PalaisRoyal, le 2 février 1692, pour aller au Louvre, c'est seulement à la page 259 qu'il les dépasse, et les cinq dernières pages ne sont consacrées qu'à des indications sur les secrétaires postérieurs, les historiographes, et surtout sur la nature des divers offices de l'Académie. En réalité, Piganiol s'arrête avec nos mémoires.

De plus, tous les détails qu'il donne y sont contenus. J'ai comparé les deux récits avec le plus grand soin, et je n'ai trouvé que des additions purement insignifiantes, comme un nom quelquefois , ou une date. Ainsi Piganiol indique la date du 4 février l64g, au lieu du 9 ici indiqué (209 —I, 19 [2]); Bellocq, au lieu de Bellot (3) (216

(1) Je tire cette date, comme plus loin celle de sa naissance , de la préface de l'édition citée dans la note précédente.

(3) La première indication est celle de la page de Piganiol; la seconde reuvoie aux pages de cette publication. ••

(3) Seroit-ce Bellot de Montbéliard, dont le Louvre possède une place antique avec des monuments, traités dans le goût de Patel, signée et datée de 1661?

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(1) Ce nom se retrouve dans le ms de l'Arsenal, dont il sera question plus loin.

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