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et ne

ment le premier s'acquitteroit de cet emploi. A l'égard des exercices de l'école et des règles établies pour les conduire, les maintenir et les perfectionner, il fut convenu qu'il n'y seroit fait aucun changement.

Un choix si heureux et si digne que celui où l'assemblée se signala en ce jour, ne répandit pas au dehors moins d'éclat, releva

pas

moins la réputation de l'Académie que tous les accroissements de priviléges et de grâces dont le roi venoit de favoriser sa restauration. Partout l'on ne parla que de l'essor qu'alloient reprendre les beaux-arts, guidés par de tels conducteurs et encouragés par de tels moyens. Jamais l'on ne vit une approbation plus générale ni des espérances plus comple tes. Il n'y eut que la cabale séditieuse des jurés qui osa contredire l'une et rejeter les autres : la basse jalousie qui la dévoroit la rendoit ennemie née de tout bien, et la consuma en vains projets pour traverser les avantages qu'alloit produire le nouvel arrangement. Il étoit appuyé sur des fondements si solides, et étoit soutenu par des tections si puissantes, qu'elle désespéra de le pouvoir ébranler ni même l'entamer, surtout dans ces commencements. Elle se retrancha donc dans sa nouvelle séparation, dans le bénéfice du temps, et dans l'étendue de ses ressources du côté de la chicane, bien résolue de ne laisser échapper aucune

prooccasion d'agir contre l'Académie, désormais son ennemie irréconciliable.

L'attirer dans un procès réglé étoit de tous les ressorts de la cabale celui sur lequel elle comptoit le plus. Aussi la première tentative qu'elle fit étoit-elle d'une espèce à devoir naturellement aboutir là. Elle la crut immanquable. Un beau jour, sans avoir formé aucune demande ni fait aucune démarche préparatoire, elle se porta à faire enlever brusquement tous les meubles ordinaires et ustensiles de la chambre commune de la jonction, jusqu'à du cloisonnage, et, qui plus est, jusqu'à des figures de plâtre moulées sur l'antique, et qui appartenoient en particulier à l'Académie. Elle, qui avoit appris à ses dépens à connoître ses adversaires, les pénétra et évita le piége. Trop contente de n'avoir plus à les observer qu'au dehors, elle prit le parti de dissimuler cette action violente et irrégulière ; seulement, pour pouvoir s'en prévaloir en temps et lieu, elle crut devoir la faire constater juridiquement. En conséquence, elle fit sa plainte par devant le commissaire Le Clerc, lequel se transporta sur les lieux et dressa son procès-verbal. C'est tout ce qui en fut alors, et ce qui en a été depuis. L'expédition de son procès-verbal se voit encore parmi les papiers de notre secrétariat.

N'ayant pu réussir à tirer l'Académie de cet état

de paix et de quiétude où tendoient tous ses désirs, ces esprits brouillons tournèrent leurs armes contre eux-mêmes ou, pour parler plus exactement, contre tout ce qu'il y avoit dans leur communauté d'hommes sages et vertueux et qui vouloient le bien commun véritablement et sans détour. Ceuxci regrettoient de ne plus trouver ces sentiments d'honneur, cet esprit d'union, cet amour de la règle et du bon ordre qu'ils avoient tant admirés dans ceux qui étoient à la tête de l'administration académique. Ils gémissoient de ne rencontrer en échange qu'intérêt particulier, que division, qu'irrégularité et que confusion. Les plaintes qu'ils en faisoient entre eux étoient, par ceux-là mêmes qui les causoient et en connoissoient le mieux la justice, traitées d'imputations odieuses. A les entendre elles ne pouvoient partir, ces imputations, que de quelques membres corrompus de la communauté. Pouvoit-on les méconnoître , et n'étoient-ce pas les mêmes qui osoient prétendre que c'étoit à force d'incidenter et de contester que l'on avoit contraint l'Académie à renoncer à la jonction ? Ces insinuations dangereuses, et d'autant plus même qu'elles sortoient du milieu même de la maîtrise, n'avoient-elles

pas gagné tout le public et percé dans tous les tribunaux ? Pouvoit-on trop se prémunir contre une défection si marquée et trop s'appliquer à faire

connoître l'Académie pour ce qu'elle étoit, c'est-àdire

pour le seul auteur de la rupture, devenue pour la communauté un événement capital et une affaire d'honneur ? Ainsi parloient, pour y décrier et décréditer les gens de bien, ces esprits factieux qui y tenoient la principale autorité. Toute leur industrie ne tendoit qu'à s'y maintenir

par la division de leur corps, et en lui-même et d'avec le corps académique, et leur insidieuse manie étoit en même temps d'en vouloir sur celui-ci faire retomber tout le tort. L'on ne finiroit

point si l'on entreprenoit de coter toutes les tentatives qu'ils firent pour parvenir à cette fin. Il suffira d'en citer une dernière sur laquelle ils avoient beaucoup compté, et où ayant échoué comme dans les autres, ils nous laissèrent à la fin en repos. Elle visoit à tirer de l'Académie quelque acte en forme par lequel elle acquiescât à la séparation. Pour la lui imputer ensuite avec éclat, un tel acte, dans leurs mains, deviendroit une pièce triomphante. L'Académie ne demanderoit pas mieux peut-être que de le leur délivrer. Pleins de cette idée, un certain nombre de leurs anciens se rend à l'une de nos assemblées. Il étoit assez rare, quand cela arrivoit, qu'on ne leur tînt pas quelques propos de pacification. C'étoit une espèce de politesse établie d'en user ainsi avec eux, quoique, à la vérité, l'on n'en attendoit pas un grand effet. Cette foisci on les accueillit sur ce pied-là comme à l'ordinaire ; les émissaires dont il s'agit répondent en gens assez bien intentionnés, mais qui, en l'état où sont les choses , désespèrent de tout raccommodement. Une bonne séparation faite et consentie amiablement de part et d'autre est, à les entendre, le parti le plus sage et le plus convenable qui reste à choisir. Leur communauté pense si bien de même que,

si l'Académie veut s'y accorder, elle paiera volontiers la moitié des loyers échus pour raison du logement de la jonction, et qu'ils reconnoissoient être dus en commun. M. Ratabon, qui présida à l'assemblée où se hasarda cette proposition, n'en fut pas la dupe un instant. Il demanda à ceux qui la faisoient s'ils y étoient autorisés

par leur compagnie, et par un acte en bonne forme. Se voyant ainsi pris au dépourvu, ils répondirent qu'ils n'avoient rien avancé dont ils ne se tinssent bien assurés d'être avoués de leur compagnie ; mais qu'à la vérité les pouvoirs qu'ils en avoient n'étoient point rédigés par écrit. M. Ratabon leur déclara que cela étant, il étoit inutile d'entrer dans aucune délibération à ce sujet ; que l'Académie étoit toujours dans le dessein de conserver, avec la communauté des maîtres, l'union et la concorde la plus parfaite, et que, si eux, députés comme ils se disoient être, ayoient quel

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