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13 janv.

Autant pour eux comme pour nous,
Sur les mesme peines qu'on donne
Au meurtrier d'vne personne; .. -pai
Car quiconque eust fait autrement, .
Auroit péché mortellement, mis
Tout autant qu'en vn homicide.
Vn homme moins vaillant qu'Alcide,
Mais certes plus homme d'honneur,
Broussel, en fut fait gouuerneur;
Et son fils en cette occurrence
Fut pourueu de la Lieutenance'.

Le Mercredy, mis sur pied fut,
Le premier Régiment qu'on eut;
Sur pied, non, i'aperçois que i'erre,
Les pieds n'en touchoient point à terre;
Nos guerriers estoient sur cheuaux ?
Prêts à fuyr deuant les Royaux.

Ce fut cette mesme iournée
Qu'vne petite haquenée
Apporta de nostre costé ... .
Alexandre ressuscité, Los Sant
Ce grand Beaufort dont la présence
Nous rendit beaucoup d'asseurance,
Ce Héros, ce fils de Henry,
Ce braue, ce Prince aguerry,
Iusques chez Renard redoutable,
Ennemy iuré de la table,

Arrivée du duc de Beaufort.

? Il se nommait de La Louvière."

? Ces troupes à cheual estoient

Et de bons roussins les portoient. * Ce fut de Ianuier le treiziesme,

Qu'vn braue Marquis que tant i'aime,

Nommé La Boulaye autrement,

3. Leua le premier régiment. * Voy. plus haut le Branle Mazarin, etc.

Ce fameux fléau des Ierzais
Quand ils causent comme des iais,
Ce Mars qui bat, qui rompt, qui frappe,
Et perce tout iusqu'à la nappe,
Ce prince plus blond qu'vn bassin .'
Et plus déuost qu'vn capucin,
Qui mit en rut toutes nos femmes
Les honnestes et les infâmes,
Baisa touiours et rebaisa; rapper
Car iamais il ne refusa
Ny Harangère ny Marchande,
Ieune, vielle, laide, galande,
Qui luy cryoit à qui plus fort :
« Baisez my, Monsieur di Biaufort. »
L'une tendoit vn vilain moufle;
L'autre rendoit vn vilain soufle.
L'vne estaloit ses cheueux blancs ;
L'autre ne montroit que trois dents,
Dont l'ébenne estoit suffisante
Pour en faire plus de cinquante.
Il en baisa près de trois cens,
Toutes d'vn baiser innocent,
Fors vne ieune femme grosse
Qui descendit de son carrosse,
Disant, « Mon fruict seroit marqué;
Car dans le baiser applicqué
Au milieu de sa belle bouche,
Il eut vn désir de sa couche,
Et luy demanda rendez-vous,
En la baisant deux autres coups;
Mais il fut depuis à confesse.
Enfin ayant baisé sans cesse,
Aux lieux publics, dans les Marchez,
Maint becs torchez et non torchez,
Il fut descendre chez sa mère

A l’Hostel de Monsieur son père.

Ce mesme iour, quitta son lictis.
La Seine qui des siennes fit', i to
Et se rendit tellement fière, un
La belle dame la Rivière mise
Qui s'estoit laissée engrosser
(Par qui ie vous donne à penser).
le ne sçay si la desbordée
En auoit receu quelque ondée
D'vn galland appelé le Temps
Qui fit le mauuais fort longtemps;
Mais enfin il est véritable
Que pour sa grossesse effroyable
Dès lors il luy conuint chercher
Vn autre lict pour accoucher.
Elle vsa force bois en couche,
Comme ie l'ay sçeu de la bouche
De ses marchands mal satisfaicts
Qui n'en tirèrent pas leurs frais.
Le pauure pont des Thuileries
Pour en auoir fait railleries,

1 Dès ce iour arrest fut donné

Par lequel il est ordonné
Que les meubles cardinalistes
Dont on a fait de grosses listes ,
Tous ses biens et ses reuenus
Seront saisis et retenus;
Que sera faite vne deffence
Aux receueurs de sa finance
Et ses fermiers de payer rien
Que la Cour ne le veuille bien ;
Et le lendemain furent faire,
Suiuant cet arrest, l'inuentaire
Vn Conseiller et quelque Huissier
De la caue iusqu'au grenier,
Des meubles trouuez dans la case

Du Cardinal ce grand..... » LAugure fauorable à la bonne ville de Paris, etc. (433).

Fut par elle fort maltraitté;
Et quelque moulin mal monté
Eut proche du pont Nostre Dame
Le croc en iambe de la Dame to the
Qui le fit aller à vau l'eau , who is
Où firent aussi leur tombeau
Vingt et cinq tant mulets que mules,
Dont les recherches furent nulles ;-)
Et dix sept malheureux mortels
Qui dans l'eau s'auouèrent tels. * it
Or cessa sa rage et sa haine .. the
Et promit Madame la Seine
D'estre plus chaste vne autre fois,
Le dix huitième de ce mois
Qu'elle parut fort auallée,
Qui s'est du depuis escoullée.

Le lendemain, au Parlement
Beaufort vint faire compliment,
Où haranguant sans artifice sind
Il demanda tout haut iustice
D'vn crime noir et supposé
Dont ie suis , dit-il, accusé.

Le iour d'après, il fut fait quitte
De l'accusation susdite,
Lors le trauail recommença;
Et le trafic que l'on laissa
Pour prendre la noble cuirasse,
Eut son tour et reprit sa place;
Le mousquet au croc fut remis 2.

Le Samedy, les ennemis

14 janv.

16 janv.

16 janv.

1 De l'impertinente malice

Dont Mazarin auoit usé

Et dont il l'auoit accusé. · Ce iour, il nous est rapporté

Que Lhospital est arresté

Surprirent par supercherie
Lagny, riche ville de Brie;
Car Persan, leur chef', arresta ?
Le Maire qui parlementa
Sur la parole de ce traistre,
Qui menaça de rauir l'estre
Au pauure Maire qu'il retint,
N'estoit que le Bourgeois atteint
De compassion pour son Maire,
Embrassant vn mal nécessaire
Pour sauuer ce viellard grison,
Receut enfin la garnison.

Ce iour mesme, vn abbé très digne

Par l'ordre de son Eminence,
Sur ce que par sa remonstrance
Il vouloit dessiller les yeux
Afin que la Reyne vist mieux
L'insolence et les fourberies,
La malice et les volleries
Qu'exerce ledit Cardinal
Qui s'est saisi du Mareschal
Et tient force gens de sa taille,
C'est à dire de la canaille,
Des mouchards qui vont assiégeans
Sa bonne Altesse d'Orléans.

Nostre armée est de beaucoup creue;
Et la leuée est continue;
Si bien qu'on croit qu'en peu de iours
D'hommes marchans sous les tambours
De cette gent qu'on nomme drille,
Nous aurons bien quatorze mille ,
Sans comprendre les caualiers

Dont nous aurons bien six milliers. · Le marquis de Persan, lieutenant général, l'un des partisans les plus dévoués du prince de Condé. C'est lui qui commandait dans le château de Mouron en 1652.

Persan qui boite d'vne hanche,
Et chef des Bandits mazarins,
Ayant partout volé les grains.

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